Covid-19 : confinés dans 9 mètres carrés et sans revenus financiers, la situation compliquée des étudiants

Si le confinement est une épreuve pour tout le monde, il l'est encore plus pour les étudiants confinés dans des petites chambres étudiantes. 9 mètres carrés pour les plus sommaires, 14 pour la version standing. Et la situation est encore plus corsée pour ceux qui ont perdu leur emploi étudiant.

© Image par JULIO VICENTE de Pixabay
Un petit lit, une table, une chaise, quelques rangements, puis une douche, un lavabo et des toilettes. Difficile de trouver de quoi s'occuper tous les jours pendant le confinement. C’est pourtant le lot des étudiants logés dans les résidences qui leur sont consacrées. Passer les longues semaines de confinement dans ces conditions ne fait pas franchement rêver mais il en est ainsi pour eux.

 

L'incertitude et la peur quant à la suite


Étudiant en première année de psychologie à Dijon, Alexandre fait partie de ces étudiants confinés en petite chambre universitaire. « Il faut s’adapter » confie t-il d'abord timidement. Depuis que l’université a fermé ses portes, le jeune homme suit les cours confiné. Habitué à réviser à la bibliothèque universitaire, il a également été contraint de repenser sa façon de travailler.

Tout en continuant d'étudier sans perspective pour les échéances de fin d'année, car pour l'instant aucune annonce claire et officielle n'a été faite. Les modalités d'évaluation de fin d'année ne sont pas encore connues. Une situation particulière et source de stress pour cet étudiant redoublant. « Si je redouble encore je me pose la question de si j’aurais toujours une bourse…. Enfin non techniquement je ne pourrais pas en avoir. ». Pour l'heure, le jeune homme continue à percevoir sa bourse. Une suspension des loyers a été annoncée par le CROUS. Elle ne concerne que les locataires qui ont quitté leur logement à cause du confinement.

Contraint de réussir, il s'efforce tout de même de respecter une rigueur de travail. "Le rythme est totalement différent, on dirait qu'on est tous les jours dimanche. Depuis la deuxième semaine du confinement, j'essaie de m'imposer un planning strict en travaillant une matière différente tous les jours." 

Cloisonné entre ses quatre murs, l'étudiant prend chaque sortie comme un bol d'air qu'il juge indispensable. Mais encore une fois, il se heurte à la réalité et aux règles du confinement.C'est notamment le cas au moment de préparer ses repas dans les cuisines collectives du CROUS. Impossible de s'y rendre en même temps à plusieurs. Alors quelques fois, il s'accorde quelques brèves sorties : " certains jours, je vais dans le jardin de la résidence pour travailler en plein air. Le cadre est différent et cela fait du bien de prendre l'air".
 

" La situation est vraiment problématique pour les étudiants salariés "

"C’est dur psychologiquement pour ceux qui sont dans des situations précaires et qui vivent dans de tous petits appartements. Tout ça n’aide pas à suivre les cours en ligne " confirme le président de l'UNEF en Bourgogne, Arthur Sabatier.

Le cas des étudiants confinés dans ces conditions précaires inquiète particulièrement le syndicat. Pour faire face à ce problème et tâcher de lutter contre l'isolement ou d'autres effets dangeureux, l'UNEF a mis en place différents services. Le président explique : " On a envoyé un questionnaire pour savoir comment le confinement se passait pour eux, on a également une plateforme au niveau national pour recenser les problèmes et pouvoir les résoudre. Comme ça ne fait que quinze jours on n’a pas encore eu beaucoup de témoignages d’étudiants en difficulté. Mais ça ne devrait pas tarder. "
La situation est encore plus problématique pour les étudiants ayant perdu leur emploi estudiantin. C'est souvent leur seule et unique source de revenus. « Il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup (sic) d’étudiants qui sont coursiers dans la restauration et qui sont donc autoentrepreneurs. La situation est vraiment problématique pour eux même si une aide de l’État a été annoncée » conclut-il.
 

Des aides financières se mettent en place

Allison fait partie de ces jeunes salariés qui ont perdu leur emploi. Avant de reprendre ses études en master, la jeune femme avait décidé de faire une pause d'un an pour devenir prof d'anglais. Remplaçante dans des collèges et lycées, le confinement aura eu raison de son emploi, et forcément de son salaire. " Je remplaçais quelqu'un qui ne pouvait pas assurer ses cours car elle ne pouvait pas se déplacer physiquement. Avec les cours en ligne, elle a pu reprendre son activité". 

La jeune femme est loin d'être seule dans ce cas. Les jeunes salariés résidant dans ces foyers se sont vus mettre au chômage par leur employeur. Face à cette perte de salaire, l’administration du centre d'hébegement tâche de trouver des solutions, comme le précise Solène Navéos, déléguée de l'union régionale pour l’Habitat des Jeunes : "On voit que les jeunes sont stressés par rapport à leurs finances et leur budget. Il y a une vraie perte financière et ils se demandent comment ils vont payer le loyer. La structure va prendre des risques pour les aider en étalant les payements et chercher des aides au-delà des APL (aide personnalisé au logement)."

Face à ces difficultés et à cet avenir trouble, aussi petit soient-ils, ces appartement peuvent laisser entrevoir une fenêtre de reconfort. Alexandre conclut : "depuis ma fenêtre, j’entends les applaudissements pour les soignants tous les soirs. Même si c'est compliqué en ce moment, ça fait plaisir d’entendre cette solidarité". 
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