Covid-19 : faut-il s'inquiéter d'une pénurie de vaccins en Bourgogne ?

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Écrit par Julie Jeunemaître
© Christophe Gaillard / France Télévisions

Le gouvernement a dévoilé de nouvelles mesures lundi 6 décembre, pour accélérer la vaccination. Pourtant, dans certains centres, les doses viennent à manquer, notamment pour le vaccin Pfizer. Et beaucoup de vaccinés refusent Moderna pour le rappel. Le point en Bourgogne.

Ouverture de la vaccination aux enfants les plus fragiles, troisième dose de rappel sans rendez-vous pour les plus de 65 ans... Pour tenter d'endiguer la cinquième vague, le gouvernement a annoncé lundi 6 décembre une nouvelle série de mesures, visant notamment à accélérer la vaccination. 

Mais à Decize dans la Nièvre, le centre de vaccination est contraint de ralentir le rythme. "On vaccinait 1 200 personnes en 4 jours, sur rendez-vous. Depuis cette semaine, on ne vaccine plus que 200 personnes. On est passé en ouverture sans rendez-vous, parce que quotidiennement les gens refusaient de se faire vacciner avec du Moderna", rapporte le référent du centre, Cyrille Clarisse.

Le centre injecte depuis des mois le serum Pfizer. Cette semaine, il n'a reçu que 50 doses. En compensation, 800 doses de vaccin Moderna devrait être livrées.

Des tensions sur les stocks de Pfizer

Même problématique au centre de vaccination de Toucy dans l'Yonne, qui ne vaccine désormais qu'avec Moderna. "On ne peut plus prendre en charge les personnes de moins de 30 ans, on doit les rediriger vers les généralistes ou les pharmacies", regrette la coordinatrice du centre. 

J'ai dû rappeler tous les patients pour les avertir que ce ne serait pas du Pfizer. Ça fait hurler les gens, la moitié annule les rendez-vous...

Arnaud Rota

Pharmacien à Toucy (Yonne)

Dans les officines aussi, la tension sur l'approvisionnement de Pfizer se fait sentir. "Je suis sur les nerfs, sur les rotules", lance Arnaud Rota. Ce pharmacien de Toucy avait commandé 20 flacons de Pfizer, soit 120 injections. À sa grande surprise plus de la moitié des doses reçues provenaient du laboratoire Moderna.

"J'ai dû rappeler tous les patients pour les avertir que ce ne serait pas du Pfizer. Ça fait hurler les gens, la moitié annule les rendez-vous... On essaye de se dépanner entre temps avec des confrères", soupire Arnaud Rota. "C'est un bazar monstre et on n'a pas d'explications."

Moderna devient majoritaire en Bourgogne

Ces difficultés d'approvisionnement touchent toute la Bourgogne. Mais il n'est pas question de pénurie selon l'Agence régionale de Santé (ARS). Au contraire, la région aurait disposé ces deux dernières semaines "d’un stock quasi exclusif de Pfizer". Contactée, l'ARS explique que le vaccin Moderna est désormais majoritaire, sans en donner la raison.

"La Bourgogne-Franche-Comté dispose à ce jour de stocks de vaccins à ARN messager pour honorer tous les rendez-vous déjà pris et encore ouverts et tenir les objectifs de la campagne fixés par le ministère."

Face aux réticences des Français, l'Agence régionale de santé rappelle que la troisième dose "peut se faire indifféremment en Pfizer ou en Moderna, quel que soit le vaccin reçu lors de la primo-vaccination", à l’exception des moins de 30 ans.

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