Réanimations saturées : "Soit il y a des transferts, soit il y a du tri", s'inquiète Alain Lassus

Le président PS du conseil départemental de la Nièvre Alain Lassus était l'un des invités de Dimanche en politique ce dimanche 4 avril sur France 3 Bourgogne. "Il n'y a pas de lit vide, donc soit il y a des transferts, soit il y a du tri", a-t-il indiqué.

Alain Lassus, le président PS du conseil départemental de la Nièvre, sur le plateau de Dimanche en politique ce dimanche 4 avril 2021.
Alain Lassus, le président PS du conseil départemental de la Nièvre, sur le plateau de Dimanche en politique ce dimanche 4 avril 2021. © France Télévisions

Invité de Dimanche en politique sur France 3 Bourgogne, ce dimanche 4 avril 2021, le président PS du conseil départemental de la Nièvre Alain Lassus s'est exprimé sur la situation des hôpitaux de son département.

"La Nièvre a 13 lits de réanimation pour 210 000 habitants. Manifestement, ça ne colle pas, a indiqué l'ancien médecin généraliste. Alors que le taux d'incidence dépasse désormais les 400 cas pour 100 000 habitants sur sept jours dans la Nièvre, l'élu s'inquiète de l'évolution de la situation. "On va avoir besoin de mettre davantage de Nivernais en réanimation. Je ne sais pas où on va les mettre. Peut-être ailleurs, mais encore faut-il qu'il y ait de la place."

Cela fait des semaines qu'on me dit que les 13 lits de réanimation sont pleins en permanence. Il n'y a pas de lit vide, donc soit il y a des transferts, soit il y a du tri. Je pense que les prises en charge ne sont pas forcément optimales.

Alain Lassus, président PS du conseil départemental de la Nièvre

Selon lui, il aurait fallu réagir plus rapidement face à la dégradation de la situation sanitaire dans son département. "Les chiffres tels qu'ils évoluent dans la Nièvre montrent très clairement que l'augmentation est repartie très rapidement. Je pense qu'il y a quinze jours, on aurait dû fermer les écoles dans la Nièvre, fermer la restauration collective, imposer les masques FFP2 partout où il y a des interactions majeures. On ne l'a pas fait et je pense que ce sont des choses qui auraient permis qu'on ne passe pas [d'un taux d'incidence] de 140 à 450 en trois semaines."

"Le retard, c'est des morts en plus"

"On ne peut pas prendre les mêmes décisions sanitaires dans un département en Bretagne que dans la Nièvre, a-t-il ajouté. On a pris des décisions qui étaient les mêmes pour la Bretagne, avec une incidence à moins de 50 en général, et chez nous qui étions à 150. Les décisions devaient être adaptées aux territoires [...] On savait que ça allait exploser dans la Nièvre, on a manifestement agi avec beaucoup de retard. Aujourd'hui, le retard, c'est des morts en plus. Je le dis très clairement."

François Patriat, sénateur LREM de la Côte-d'Or et proche d'Emmanuel Macron, a répondu aux critiques d'Alain Lassus. "Il y a des mesures territorialisées, a-t-il expliqué. La Nièvre n'a pas été traitée comme le Finistère ou la Gironde. Il y a eu un couvre-feu anticipé et des mesures anticipées. Donc on a essayé de territorialiser en écoutant ce que disaient les élus. Ça a tenu un certain temps."

Concernant le tri de patients, il a assuré qu'il n'en était pas question. "Le gouvernement l'a dit, et le pouvoir médical le dit, il n'y aura pas de tri. Certains l'envisagent, le disent. Il y a eu une tribune la semaine dernière. Vous savez qu'on est aujourd'hui à 5 200 ou 5 500 personnes en réanimation. On peut monter à 10 000, on peut même monter à 12 000", a précisé celui qui préside le groupe de la majorité présidentielle au Sénat.

Il n'y aura pas de tri. On a les moyens aujourd'hui de monter encore en puissance et de ne pas faire de tri.

François Patriat, sénateur LREM de la Côte-d'Or

"Une vision globale sur toute la région"

Sébastien Mirek, médecin anesthésiste-réanimateur au CHU de Dijon, a assuré que tout était mis en œuvre pour prendre en charge de manière optimale les patients qui nécessitent des soins critiques. "On est organisé avec l'Agence régionale de santé avec une cellule transfert à laquelle je participe. On est tout un groupe de réanimateurs et de médecins urgentistes à y participer", a détaillé celui qui a un temps été référent départemental d'En Marche en Côte-d'Or.

"Chaque jour, voire deux fois par jour, week-end y compris - et on l'a fait encore ce matin - on a une vision globale sur toute la région pour que tous les malades qui ont besoin d'une prise en charge réanimatoire puissent être pris en charge", a-t-il ajouté. "On a mis en place des formations au niveau régional [...] pour qu'on puisse aider au maximum les hôpitaux et les établissements."

On a aussi une vision aussi avec les autres régions. Certaines sont un peu moins impactées pour l'instant. Si besoin, on envisagera des transferts.

Sébastien Mirek, médecin anesthésiste-réanimateur au CHU de Dijon

Revoir l'émission, présentée par Elsa Bezin, avec :

Dimanche en politique Bourgogne - revoir l'émission en intégralité

 

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