Covid-19 : “On a trois fois moins de doses de vaccins qu’en janvier”, la colère du maire de Pontarlier dans le Haut-Doubs

Le maire de Pontarlier Patrick Genre s’interroge sur l’arrivée à tout petit pas des doses de vaccins Pfizer et Moderna. La vaccination des plus de 75 ans pourtant prioritaire avance au ralenti dans le Haut-Doubs.
<p>Dans le Haut-Doubs, l'arrivée des vaccins Pfizer et Moderna s'annonce plus ralenti en mars qu'en janvier.</p>
Dans le Haut-Doubs, l'arrivée des vaccins Pfizer et Moderna s'annonce plus ralenti en mars qu'en janvier. © QUEMENER YVES-MARIE / MAXPPP

“Il y a un gouffre entre ce qui est annoncé au niveau national et ce qui est vécu au niveau local et que nous devons gérer” lance agacé Patrick Genre. Le maire de Pontarlier s’inquiète du ralentissement de l’arrivée des vaccins dans le département du Doubs. 

“Dans le Haut-Doubs, nous avions 500 doses de vaccins par semaine en janvier en moyenne, au mois de mars, on s’attendait à avoir à minima 500 doses ...et on nous annonce 150 doses en moyenne par semaine, donc on a divisé par trois le nombre de doses pour les centres de vaccination” argumente Patrick Genre au vu des derniers éléments communiqués par mail par l’Agence Régionale de Santé. Ces 150 doses seront destinées à Pontarlier ville, et à l’ensemble des personnes prioritaires dans le Haut-Doubs. 

<p>Patrick Genre, maire de Pontarlier, Doubs</p>
Patrick Genre, maire de Pontarlier, Doubs © Florence Petit - France Télévisions


 “Pontarlier, Besançon, Montbéliard, Audincourt et Maîche, ces villes doivent faire face à cette réduction drastique qui pose un problème, car nous allons prendre du retard” estime l’élu. Patrick Genre s’inquiète aussi de la perte de confiance en la vaccination que peut engendrer un tel étalement de l’arrivée des doses de vaccins contre la Covid-19. 

Dans le Haut-Doubs, il nous reste plus de 60 % de la cible prioritaire à vacciner

Patrick Genre, maire de Pontarlier



Quand seront vaccinés tous les plus de 75 ans qui le souhaitent dans le Haut-Doubs ? L’élu s’interroge. Cela pourrait prendre plusieurs mois. 

L’élu dit avoir demandé des explications sur cette faible dotation sans pouvoir avoir d’explications, dit-il sur les répartitions qui sont faites au niveau national. “Au bout de l’entonnoir, infirmiers, médecins, élus locaux, bénévoles doivent gérer ça, face à une population qui est dans l’interrogation et l’expectative” ajoute l’élu.


À Pontarlier, le centre de vaccination tourne au ralenti

Faute de doses suffisantes en vaccins Pfizer et Moderna, les seuls autorisés pour les plus de 75 ans, les centres de vaccination ne tournent pas à plein régime. Un paradoxe alors qu’il reste en stock des vaccins Astrazeneca destinés aux personnels soignants. Des doses d’Astrazeneca vont arriver également à partir du 25 février chez les généralistes pour vacciner les 50-64 ans présentant des comorbidités. Pour Fabien Noreille, médecin généraliste, volontaire au centre de vaccination, il serait plus simple de réaliser ces vaccins Astrazeneca dans les centres de vaccination, pour des raisons de logistique. Une demande a été faite à l’Agence Régionale de Santé explique le médecin. Forcément, il voit comme une mauvaise nouvelle la diminution des doses de vaccins pour le mois de mars. 150 doses par semaine dans les centres de vaccination, pour un bassin de 65.000 personnes. À ce rythme, la vaccination des habitants du Haut-Doubs, frontalier avec la Suisse, avance au compte-gouttes. 

<p>La vaccination des plus de 75 ans ralentie par des doses de vaccins en moins grand nombre en mars dans le Haut-Doubs.</p>
La vaccination des plus de 75 ans ralentie par des doses de vaccins en moins grand nombre en mars dans le Haut-Doubs. © Florence Petit - France Télévisions

En Haute-Saône, les élus du département ont voté une motion pour dénoncer la répartition inégale des vaccins entre les départements

La grogne sur l’arrivée de doses de vaccins touche aussi le département rural de la Haute-Saône. 

Réunis en assemblée, le 22 février, les conseillers départementaux de Haute-Saône déplorent une répartition inégale des vaccins au sein de la région Bourgogne Franche-Comté ». « Nous constatons que l’Agence régionale de santé ne respecte pas l’égalité de traitement entre les populations de personnes âgées de plus de 75 ans pour chacun des départements dont elle a la charge » précise la motion votée à l’unanimité. Le texte rappelle que le département a particulièrement été touché par une surmortalité durant la seconde vague de l’épidémie.

Depuis plusieurs jours, le président du département Yves Krattinger monte au créneau. Le petit département du Territoire de Belfort est celui qui a le plus vacciné. La Haute-Saône est en queue de peloton, faute de doses suffisantes.

Grogne, inquiétudes, la Bourgogne-Franche-Comté est pourtant la 2e région vaccine le plus

Au 20 février, selon le site vaccin tracker, 5,16 % des habitants de la région ont été vaccinés.

Seule la Corse fait mieux avec 5,66 % des personnes vaccinées.


Le top 8 des départements de Bourgogne-Franche-Comté qui ont le plus vacciné

Au 21 janvier 2021, voici la couverture vaccinale covid, tous âges confondus par départements

Jura : 7,2%

Nièvre : 6,9%

Territoire de Belfort : 6,3%

Côte-d’Or : 5%

Saône-et-Loire : 4,9%

Doubs : 4,7 %

Yonne : 4,2%

Haute-Saône : 3,9%

Source : Geodes Santé Publique France

Selon le dernier communiqué de l’Agence Régionale de Santé, en date du 19 février, la campagne de vaccination demeurait bien engagée en Bourgogne-Franche-Comté, avec plus de 138 000 personnes ayant reçu une première injection dont plus de 55 000 ont bénéficié d’une deuxième injection au 17 février. La couverture vaccinale dans les EHPAD et établissement de soins de longue durée de la région s’élève à près de 68% pour la première injection et plus de 36 % pour les deux injections.


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