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Dépistage du sida : la Bourgogne peut mieux faire

La plus importante conférence sur le sida, qui a lieu tous les deux ans, réunit du 23 au 26 juillet 2017 au Palais des Congrès à Paris, plus de 6000 professionnels du monde entier. Ils débattent des progrès de la recherche, qui sont considérables. La prévention et le dépistage restent à améliorer.

Par C.R./AFP

Améliorer le dépistage

Le premier geste de prévention du VIH, c'est le dépistage, car vivre avec le virus sans le savoir est une menace pour soi et pour les autres. Les symptômes peuvent mettre des années à apparaître. Or, plus les porteurs du virus sont pris en charge tôt, plus les traitements sont efficaces.
Selon une enquête de France Bleu Bourgogne, 60 personnes sur 1000 sont dépistées chaque année en Bourgogne, alors que la moyenne nationale est de 80 pour 1000. Autre constat : les personnes dépistées positives le sont plus souvent à un stade avancé.
Les professionnels mettent en cause un relâchement des comportements : avec l'efficacité des traitements, certains considèrent à tort que le sida est une maladie chronique, alors qu'il s'agit toujours d'un virus mortel. Un relâchement coupable, puisque le dépistage est anonyme, gratuit et rapide. Il peut se faire par auto-test et surtout dans les CeGIDD.

Reportage avec : Lionel Piroth, médecin au service infectiologie du CHU de Dijon 
Dépistage du sida en Bourgogne
Dans la région, le pourcentage de population dépistée est inférieur à la moyenne nationale. - Amélie Douay, Tiphaine Pfeiffer

Les progrès des traitements

Une injection par mois de traitement antirétroviral suffit à maintenir le virus du sida en sommeil, selon une étude publiée à l'occasion de la conférence de Paris. Cette perspective pourrait soulager les personnes séropositives, devant actuellement prendre un comprimé tous les jours leur vie durant. 230 patients porteurs du VIH mais avec une charge virale indétectable se sont vu injecter deux molécules d'antirétroviraux toutes les quatre semaines ou toutes les huit semaines, pendant près de deux ans.
A l'issue de cette période, 87% d'entre eux avaient toujours une charge virale indétectable dans le groupe qui a reçu une injection toutes les quatre semaines et 94% chez ceux qui ont reçu une injection toutes les huit semaines. Ces proportions sont comparables à celles rencontrées dans le groupe témoin de 56 patients qui a continué à prendre un comprimé par jour (84%), selon les résultats de cette étude. 

"L'observance du traitement reste un défi important" dans la lutte contre le VIH, a souligné le Dr David Margolis, de ViiV Healthcare et l'un des auteurs de l'étude, car un mauvais suivi peut entraîner des échecs thérapeutiques et favorise l'apparition
de résistances aux médicaments anti-VIH. 

Vaccin expérimental : des résultats encourageants

Une étude à un stade encore préliminaire sur un vaccin contre le VIH a donné des résultats "encourageants". Testé chez 393 volontaires dans cinq pays (Etats-Unis, Rwanda, Ouganda, Afrique du Sud et Thaïlande), ce prototype, développé par le laboratoire Janssen (groupe Johnson and Johnson), a entraîné une réponse immunitaire (la production d'anticorps) chez 100% des participants, selon l'étude présentée lundi 24 juillet, lors de la conférence internationale à Paris. Selon les experts, un vaccin resterait le meilleur moyen de mettre fin à une épidémie qui a contaminé 76 millions de personnes et provoqué 35 millions de décès depuis son apparition, au début des années 1980.

Ce nouveau vaccin expérimental, "à double détente", consiste tout d'abord à mettre en éveil le système immunitaire avec un banal virus de rhume, avant de le doper avec une protéine se trouvant sur l'enveloppe du VIH, déclenchant une réaction plus vigoureuse de l'organisme. Dans une phase précédente sur des singes, dont les résultats ont été publiés il y a deux ans, cette stratégie avait permis d'empêcher l'infection chez les deux tiers des primates. 
Après une nouvelle évaluation, la phase suivante des tests, sur des participants présentant un risque élevé de contamination par le VIH, pourrait débuter "fin 2017 ou début 2018", dans des pays du sud de l'Afrique, a indiqué dans un communiqué le laboratoire Janssen.

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