Des habitants du Morvan manifestent devant l’Assemblée nationale pour défendre leurs forêts

Les manifestants ont été acheminés à Paris en bus où ils ont rejoint des habitants des Vosges et de Lorraine. Tous réclament des mesures de protection des arbres dans le projet de Loi Climat actuellement étudié.

Les manifestants sont restés cantonnés sur l'esplanade des Invalides.
Les manifestants sont restés cantonnés sur l'esplanade des Invalides. © France 3 PIDF

Ce matin, alors que le soleil n’était pas encore levé, ils étaient entre 30 et 40 personnes à être déjà sur la route de Paris. Destination : l’Assemblée nationale. Habitants du Morvan, militants ou membres d’associations environnementales, tous ont rejoint la protestation organisée à 11h00 contre la Loi Climat et l’absence de mesures protégeant la forêt. Un mouvement initié par des collectifs comme Canopée, Autun Morvan Ecologie, SOS Forêt France et Adret Morvan.

La question posée par les différentes associations : "Loi climat, où est passée la forêt ?". Elles regrettent en effet que le projet de loi présenté le 10 février dernier par la ministre de l’Ecologie, Barbara Pompili ne prenne pas en compte les propositions faites par la Conférence Citoyenne pour le Climat en faveur de la forêt. Et le Morvan se dit "debout" pour dire non aux couples claires, à savoir l'abattage de l'ensemble des arbres d'une mêmes parcelle.

"Montrer de quel bois on se chauffe"

"L’objectif, c’est de rappeler au gouvernement qu’il a oublié la forêt dans les mesures de la convention climat. Il n’y a aucune mesure prise pour protéger la biodiversité, la tendance va même à couper toutes les forêts et à les remplacer par des essences résineuses ou mono spécifiques, ce qui a un impact détériorant", affirme Nicolas Henry, co-président du collectif Adret Morvan.

L’association a donc affrété deux bus pour conduire les manifestants morvandiaux à Paris. Sur les coups de 6h00, les véhicules ont pris la route en direction de Paris, s’arrêtant à Quarré les Tombes puis à Avallon pour récupérer au total 30 à 40 personnes, sur les 70 attendues. Mais pour cet habitant de Mailly-le-Château dans l’Yonne, peu importe les désistements : "On est là pour défendre des valeurs universelles, au nom de l’intérêt général. Peu importe le nombre que l’on est, le principal c’est d’adhérer et de participer".

"La France centralise le pouvoir à Paris, donc si on veut être entendus, il faut monter à Paris", Raymond Garin, manifestant.
"La France centralise le pouvoir à Paris, donc si on veut être entendus, il faut monter à Paris", Raymond Garin, manifestant. © France 3 Bourgogne-France-Comté

300 à 500 personnes attendues à Paris

Arrivés à Paris, les volontaires venus du Morvan devraient retrouver des manifestants des Vosges et de Lorraine, ainsi que des membres des différentes associations organisatrices du mouvement. 300 à 500 personnes sont espérées devant l’Assemblée nationale.

Les instigateurs de cette protestation demandent alors l’interdiction d’abattre la totalité des arbres d’une même parcelle de forêt, le ralentissement des récoltes massives de bois pour des raisons énergétiques et le recrutement d’agents au sein de l’Office National des Forêts.

Notre responsabilité est de concilier écologie et économie en accompagnement l’évolution des pratiques vers une gestion écologique de nos forêts soucieuse des cycles de vie et du renouvellement des peuplements.

Communiqué commun des associations

"On a besoin que la nature soit ré-ensauvagée, qu’on laisse les arbres pousser, plaide une résidente du Châtillonnais. On n’a quasiment plus de vieux arbres. Les arbres sont jeunes et régulièrement coupés. On se sent complètement dépossédé de la nature. De toute ma vie, je ne vois que l’homme qui fait des bêtises. Je n’ai pas envie de laisser ça à mes enfants".

Le Morvan, debout contre les coupes claires
Le Morvan, debout contre les coupes claires © France 3 PIDF

Raymond Garin est quant à lui venu de Marigny-l’Église (Nièvre) pour défendre cette cause qui lui tient à cœur : "On détruit la planète. On se dit que la forêt joue un rôle important pour éviter que les gaz à effets de serre continuent à nous étouffer. Si on la coupe, on va tout droit à la catastrophe".

Le 23 février dernier, 13 membres du Haut Conseil pour le climat ont jugé le texte utile mais insuffisant et appellent à en revoir les ambitions. Le projet de loi sera débattu à l’Assemblée nationale à la fin du mois de mars.

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