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Don d'organes : donneurs ou receveurs, pourquoi se mobiliser ?

Sandrine Berrard et les bénévoles de l'association Un but pour Logan / © France 3 Bourgogne
Sandrine Berrard et les bénévoles de l'association Un but pour Logan / © France 3 Bourgogne

Sandrine a perdu accidentellement son petit garçon Logan en 2013. En choisissant de faire don des organes de son fils, elle a surmonté le deuil. Son association "Un but  pour Logan" poursuit le combat.

Par Tiphaine Pfeiffer

Le choix a été difficile.
Lorsque son fils de 8 ans, Logan, meurt suite à un accident domestique en octobre 2013, Sandrine et son mari sont désemparés.
Plus encore lorsque l'équipe médicale leur propose de faire don des organes de l'enfant pour qui, après une semaine d'hospitalisation, il n'y a plus d'espoir :

J'ai hésité à donner son coeur. C'était symbolique sûrement. Finalement, nous avons tout donné et Logan a sauvé trois enfants.


Deux reins, un coeur pour sauver trois autres vies. 

Mais comment parler avec d'autres parents de l'épreuve que Sandrine Berrard et son mari Jérôme traversent ?
Les associations de parents en deuil ne parviennent pas à les aider.

Sophie décide de fonder sa propre association avec des amis :  Un but pour Logan.
 
Association Un but pour Logan / © France 3 Bourgogne
Association Un but pour Logan / © France 3 Bourgogne

♦ Sensibiliser au don 


L'association "Un but pour Logan" promeut le don d'organes pour les enfants.
Une vingtaine de bénévoles participent aux actions organisées au fil de l'année pour collecter des fonds.

L'association de Saint-Léger-du-Bois, en Saône-et-Loire, vient aussi adoucir le séjour des enfants hospitalisés dans les services de pédiatrie

Elle a par exemple financé une voiture électrique pour permettre aux enfants de se rendre au bloc opératoire de la clinique du Parc d'Autun.
Les bénvoles sont aussi venus les bras chargés de cadeaux au centre hospitalier d'Autun en décembre dernier.

Choisir le don d'organes a permis à Sandrine de faire son deuil et d'offrir un avenir à d'autres enfants.

Un reportage d'Anne Berger, Guillaume Souday, Antoine Bergey et Philippe Sabatier

Avec Sandrine Berrard, la présidente-fondatrice de l'association "Un but pour Logan"

 
 

♦ Don entre donneurs vivants


Il est possible de faire don d'un organe ou de tissus après sa mort comme dans le cas de Logan.
La grand emajorité des dons
viennent de personnes décédées.
Mais le don d'organes ou de tissus de son vivant est possible si le donneur appartient au cercle familial ou a un lien affectif "étroit et stable" dans le cas d'un ami proche.

Retrouvez le témoignage de deux soeurs, Céline et Virginie
désormais unies par le don d'organes : 
 
 

♦  Don d’organes et de tissus, ce que vous devez savoir 


► Quels organes peut-on donner ?

Le rein est l'organe le plus couramment greffé, suivi du foie, du coeur, des poumons, du pancréas et des parties de l’intestin. Mais on peut aussi greffer des tissus tels que la peau, les os, les artères, les veines, les tendons, les ligaments, la cornée... Une liste qui est amenée à s'allonger avec les progrès de la médecine.


► Que dit la loi sur le don d'organes et de tissus ?

•  Depuis la loi Cavaillet de 1976chacun d’entre nous est considéré donneur, un principe réaffirmé par la loi de modernisation du système de santé du 26 janvier 2016.
•  Cependant, il est possible de s’y opposer  en exprimant clairement son refus à ses proches ou en s’inscrivant sur le registre national du refus. Ce registre est accessible aux enfants de plus de 13 ans.
   Une décision qu'il est important de faire connaître à ses proches, pour leur éviter une décision difficile dans un moment éprouvant. 


 Donner de son vivant ou après son décès ?

•  Il est possible de faire don d'un organe ou de tissus après sa mort (92% des dons viennent de personnes décédées), mais aussi de son vivant.
•  Pour les donneurs vivants, il faut que le donneur appartienne au cercle familial ou ait un lien affectif "étroit et stable". Un ami proche peut donc le faire.
•  Le donneur de son vivant doit exprimer son consentement libre et éclairé devant le président du tribunal de grande instance, un consentement révocable à tout moment.
•  Dans le cas des dons post mortem, l’anonymat est garanti pour le donneur et le receveur.


► Qui peut donner ou recevoir ?

Tout le monde peut recevoir et tout le monde peut donner, il n'y a pas de limites d'âge. Il n'y a pas de restriction médicale de principe pour donner, ce qui compte c'est l'état de l'organe.



► Comment sont attribués les organes ?

Pour pouvoir bénéficier d'un don d'organe il faut être inscrit sur la liste nationale d'attente gérée par l'Agence de biomédecine.
• Les greffons sont attribués en fonction de règles qui favorisent les chances de la greffe (par exemple la durée du transport), tout en respectant l'équité. 
• Il  y a des patients prioritaires : les enfants, les receveurs dont la vie est menacée à très court terme et les receveurs pour lesquels la probabilité d’obtenir un greffon est très faible du fait de caractéristiques morphologiques ou immunologiques particulières.
• Le caractère prioritaire du receveur est décidé par des collèges d’experts. 

En France, le don d’organe est encadré par la législation en matière de bioéthique et le système de transplantation est organisé par l’Agence de biomédecine. Ces deux acteurs garantissent le respect des donneurs et des receveurs, évite les dérives et les trafics d’organes.
 
Jean-Pierre, 52 ans, habite en Côte-d’Or. Il vit dans l'attente d'une greffe cardiaque. En attendant, il survit grâce au cœur artificiel qui lui a été implanté. Le reportage d’Anne Berger, Dalila Iberrakene, Nicolas Tupinier et Philippe Sabatier avec :
-Gwenaëlle Girardot
-Jean-Pierre Girardot, patient sous assistance
-Marie-Carmen Bielefeld-Gomez, cardiologue
- Manoline Girardot



 

Les dons d’organes en France : les chiffres de 2018

En France, 63 000 personnes vivent grâce à un organe greffé.

5 805 greffes d’organes ont été réalisées en 2018 en France dont :

  • 3 567 de reins, organe où il y a le plus de personnes en attente
  • 1 325 greffes de foies
  • 373 greffes de poumons
  • 78 greffes de pancréas

La Bourgogne Franche-Comté est la 1ère région en terme de prélèvement par millions d'habitants en 2018 : 

  • 13 greffes de coeur ont été réalisées en BFC
  • 116 greffes de reins en BFC
  • 39 donneurs d'organes ont été prélevés au CHU de Dijon
  • 63 donneurs de tissus à Dijon

Chaque année, environ 25 000 patients sont en attente d’un don d’organe.

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