Don de plasma : toutes les machines utilisées dans les collectes mobiles à l’arrêt dans la région

Illustration. / © PHOTOPQR/LE COURRIER PICARD/MAXPPP
Illustration. / © PHOTOPQR/LE COURRIER PICARD/MAXPPP

Depuis mercredi, il n’est plus possible de donner son plasma pendant les collectes mobiles de l'Établissement français du sang (EFS). Les 30 séparateurs de plasma qui étaient utilisés dans la région ont été retirés "par précaution" après plusieurs anomalies.

Par M. F. avec Anne Berger

Les autorités sanitaires ont suspendu mercredi 12 septembre par précaution l'utilisation des machines de collecte de plasma fabriquées par une société américaine. Cela concerne 30 appareils en Bourgogne-Franche-Comté.

Nous avons interrogé ce vendredi 14 septembre Pascal Morel, le directeur de l'Établissement français du sang dans la région, sur les raisons et les conséquences de ce retrait.
 
Pascal Morel, directeur de l'EFS Bourgogne-Franche-Comté.
Pascal Morel, directeur de l'EFS Bourgogne-Franche-Comté.
 

• Qu'est-ce-qui explique la mise à l'arrêt de ces machines ?

Pascal Morel : Il y a plusieurs mois, des lanceurs d'alerte ont informé que ces séparateurs de plasma présentaient possiblement un danger.

L'EFS a été sommé de mener des enquêtes qui permettraient de s'assurer qu'il n'y avait pas de danger, ni pour les donneurs, ni pour les personnels qui utilisaient les machines.

Ces enquêtes ont été menées au cours de l'année 2017 et tous les résultats ont garanti la sécurité des produits et la sécurité des donneurs et des utilisateurs. Il n'y a pas eu de problème.

Ce qui s'est passé, c'est qu'au mois de septembre, fin août début septembre, un premier incident s'est produit, un incident jamais observé (NDLR : l'apparition de particules noires  à l'intérieur de la machine et dans la poche de plasma).

Mardi de cette semaine, deux autres incidents de même nature se sont produits et là, le signal a été considéré comme suffisamment important pour que le président de l'EFS décide d'interrompre l'utilisation de ces machines.
 

• Ce qui a été constaté, c'est la détérioration d'un joint ?

P. M. : Il y a effectivement un joint qui permet la rotation d'un bol pour la séparation du plasma, c'est à ce niveau semble-t-il qu'il y a quelque chose qui s'est détérioré. Cette détérioration nous incite à prendre cette mesure de précaution et à arrêter l'utilisation de ces matériels.

Il faut rappeler que seuls trois incidents ont été relevés sur des dizaines de milliers de procédures de plasmaphérèse. Il y en a 30 000 réalisées chaque année, rien qu'en Bourgogne-Franche-Comté. Mais la décision de retrait est légitime dès lors qu'on n'a pas l'explication.
 

• Il n'y a eu aucun risque pour les donneurs ou les receveurs ?

P. M. : Les enquêtes menées sur les particules observées et les anomalies ne remettent pas en cause la sécurité ni pour le donneur, ni pour le receveur, ni pour l'utilisateur du séparateur de plasma.

Les produits prélevés lors de ces derniers mois continuent d'être utilisés et seront utilisés. Il n'y a pas de mesures particulières de précaution.
 

• Peut-on encore donner son plasma en Bourgogne-Franche-Comté aujourd'hui ?

P. M. : Oui, la mesure de retrait ne concerne qu'un type de séparateurs (NDLR : celles de la société américaine Haemonetics) Il existe d'autres modèles de machines et nous en avons 16 qui vont continuer à prélever.

Évidemment le message à transmettre, c'est que les donneurs en cette période difficile ne nous abandonnent pas et viennent continuer à donner leur plasma sinon on comprend les problèmes d'approvisionnement qui pourraient survenir.
 

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