Besançon : 20 ans après les faits, un « cold-case » de violences sexuelles est résolu

Stéphane Gauffeni, commandant de gendarmerie du Doubs et Etienne Manteaux, Procureur de la République de Besançon / © Florence Petit - France Télévisions
Stéphane Gauffeni, commandant de gendarmerie du Doubs et Etienne Manteaux, Procureur de la République de Besançon / © Florence Petit - France Télévisions

Fin 1999, deux adolescentes avaient été violées dans une cabine téléphonique du quartier de Saint-Ferjeux. Identifié grâce à son ADN, un homme de 60 ans a avoué ce jeudi 14 novembre 2019. 
 

Par Vanessa Hirson

L’individu a été confondu par son ADN cet été après avoir volé une tronçonneuse dans un cadre professionnel. Son employeur n’a pas porté plainte mais comme dans toutes les affaires d’atteintes à la personne et aux biens, son profil génétique a été prélevé ce jour-là et comparé au fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG).


« Il a fallu ensuite qu’une expertise ADN vienne confirmer ce rapprochement. Nous avons donc comparé ce profil génétique avec un des scellés en l’occurrence une tâche de sang relevée sur le tee-shirt d’une des victimes » précise le procureur de la République de Besançon, Etienne Manteaux, lors d’une conférence de presse ce vendredi 15 novembre 2019.
 

Confondu par son ADN, l’homme a avoué les viols


« Il explique que ce soir-là, il est un peu alcoolisé mais qu’il est très énervé parce qu’il a abîmé sa voiture. Il a d’abord confirmé qu’il était bien dans le quartier Saint-Ferjeux ce jour-là, qu’il a voulu passer un coup de fil puis très vite, il a avoué les viols. Pour lui, ça a été un soulagement » poursuit le procureur de la République.
 

Est-ce un acte isolé ou pas ? Nous allons donc étudier l’environnement de cet homme


Placé en garde à vue jeudi 14 novembre 2019 par la brigade de recherche de Besançon, le suspect a ensuite été déféré devant le magistrat instructeur et mis en examen pour viols et agressions sexuelles sur mineures de moins de quinze ans. Le procureur a demandé que l’homme, encore présumé innocent, soit placé en détention provisoire.  « Les faits sont anciens, l’individu n’a pas de casier judiciaire mais on s’interroge. Au vu des faits graves et détestables commis ce soir-là, est-ce un acte isolé ou pas ? Nous allons donc étudier l’environnement de cet homme et entendre les enfants qu’il a pu fréquenter ».


La victime a eu une réaction a été positive. Elle s’est dite soulagée

 

Une des deux victimes qui réside dans la périphérie de Besançon a été entendue. « La victime a eu une réaction a été positive. Elle s’est dite soulagée » rapporte le général Stéphane Gauffeny, commandant de la gendarmerie du Doubs. La deuxième habitant en Haute-Savoie va l’être prochainement. Dans cette affaire, le procureur et la gendarmerie ont tous été surpris de cette résolution. En effet les « cold-case » n’aboutissent que trop rarement.


Deux adolescentes violées la nuit du réveillon de l'an 2000

Dans la nuit du 31 décembre 1999 au 1er janvier 2000,  au pied de la basilique Saint-Ferjeux, les deux adolescentes âgées de 13 ans souhaitaient joindre un ami pour lui souhaiter la bonne année quand un individu, virulent, au physique imposant a pénètré dans la cabine et en a bloqué la sortie. Implacable, l’agresseur leur a demandé des fellations qu’elles ont refusé avant que l'homme ne leur impose des actes de masturbation.

L’une d’elles s'est saisi alors du combiné de téléphone, le frappant au visage avant de s'enfuir. Son amie n’a pas eu cette chance, elle s’échappe mais elle est très vite rattrapée par son agresseur. "Piégée, son bourreau lui fait vivre l’horreur, lui introduisant notamment des doigts dans ses parties génitales, avant de disparaître dans la nature" a détaillé le procureur lors de la conférence de presse.

Les deux adolescentes préviennent leurs parents qui portent plainte à la gendarmerie. Le violeur présumé est décrit alors comme ayant entre 40 et 50 ans, et étant imposant. Un énorme travail d’enquête est alors mené et une trace ADN est prélevée dans la cabine téléphonique. Malheureusement à cette époque le fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG) n’est qu’à son balbutiements et les résultats ne donnent rien, jusqu’à cet été 2019, 20 ans après.

 








 

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