Besançon : 40 ans d'urbanisme en 120 photos... et beaucoup de nostalgie !

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"Séquence émotion" pour les Bisontins et ceux qui ont connu la ville dans les années 60, 70, 80... Une exposition proposée à la Bibliothèque raconte plus de 40 années d'évolution, grâce aux images du photographe de la ville, Jean-Paul Tupin.

Jean-Paul Tupin a été « le » photographe de la Ville de Besançon, et cette exposition retrace les 40 années de sa vie professionnelle, de 1967 jusqu’à 2004, date de son départ à la retraite. Ses 120 photos racontent l’évolution d’une ville avec la piétonisation du centre-ville en 1975, la construction de nouveaux quartiers comme Planoise, le percement du tunnel sous la Citadelle.  « Le but, c’est mettre en avant le fonds de Jean-Paul Tupin. C’est du témoignage, ces images, de l’histoire contemporaine. De cette façon, les Bisontins peuvent se souvenir… » explique Fabrice Pacchin, archiviste à la Bibliothèque d’études et de conservation.

Souvenirs, souvenirs…    

Se souvenir. Il faut juste raviver sa mémoire. Oui, grâce à ces images, je me souviens des voitures de cette époque, des fringues « vintage » quoique… et des coiffures qui vont avec l’époque ! Bref, la vie d’avant. De la Place Saint-Pierre avec des voitures, la Place Pasteur avec ses fontaines et des magasins aujourd’hui disparus comme la librairie Camponovo. Mais aussi des cinémas qui ont donné leurs dernières séances il y a longtemps, comme le Paris ou le Vox. Des équipes municipales : des maires, Jean Minjoz et Robert Schwint, des élus qui ont « compté » comme Henri Huot-Marchand, Jean Boichard, Jean Defrasne… et avec une femme, quand même, Marguerite Vieille-Marchiset.

Plus proche de nous dans le temps, la construction du tunnel sous la Citadelle. Mais comment on faisait, avant, au fait ? Plus de 16.000 véhicules se faufilaient au pied de la Porte Noire, rues Ronchaux, Renan, de la Bibliothèque. Et dire que les automobilistes se plaignent des bouchons aujourd’hui ! À voir aussi, ces ruelles embouteillées et les trottoirs encombrés de piétons dans la Grande Rue et la Rue des Granges. Des voitures de cette époque… et des coiffures qui vont avec l’époque.

Un gros travail pour les archivistes

C’est une exposition « nostalgie » avec des souvenirs qui remontent et de l’émotion qui va avec. Ce n’est pourtant pas si vieux, les années 60 et 70. Les images sont en noir et blanc mais les souvenirs des Bisontins sont en couleurs, la couleur de leur jeunesse. Jean-Paul Tupin a donné son fonds de photos, 50 000 images quand même, à la bibliothèque. Les archivistes ont dû trier, faire l’inventaire. Finalement, ils n’en ont gardé « que » 28 000 sous trois supports : papier, diapositive et négatif. Ils ont ensuite tout numérisé, pour la suite, l’avenir. Un gros travail qui justifie totalement le titre de cet établissement « Bibliothèque d’études et de conversation ». Fabrice Pacchin, l’archiviste, insiste sur un point : « Tout est gratuit, la visite de l’exposition, même les visites guidées les mercredis et samedis à 14 H 30, ainsi que le catalogue de l’exposition. »      

Un "coup au cœur" pour Jean-Paul Tupin

Rien ne prédestinait l’ancien élève du lycée Jules Haag à se retrouver « le photographe officiel » de la mairie. D’ailleurs, il a commencé comme dessinateur aux services techniques, qu’il a quittés très tard, pour rejoindre la direction communication. À 76 ans, Jean-Paul Tupin, né dans le quartier de Saint-Claude, est heureux que son travail, enfin, une toute petite partie, soit exposée et donc visible de tous : « Je ne m’y attendais pas du tout. Quand ils m’ont annoncé l’exposition, ça m’a fait quelque chose… C’est une bonne chose que ces documents soient conservés, gardés.» Il a été très ému de voir ses clichés en grand format, exposés, un peu "sacralisés" par cette exposition. Comme une reconnaissance professionnelle 16 ans après son départ à la retraite !

Cet autodidacte est intarissable sur le métier qu’il a exercé : « Mes meilleurs souvenirs, c’est quand je faisais des prises de vues aériennes. J’étais émerveillé de découvrir la ville du ciel…Émerveillé aussi de pouvoir entrer dans des endroits privés, interdit aux gens, comme les hôtels particuliers de la boucle. »

L’exposition, "Besançon photographiée, portrait d'une ville, 1960 - 2000", est visible à la Bibliothèque d’études et de conservation, rue de la Bibliothèque, du mardi au samedi, de 14 à 18 heures, jusqu’au 15 janvier 2022.

Les archives de la bibliothèque sont visibles sur son site.