Besançon : le policier qui s’est donné la mort avec son arme de service souffrait de dépression selon le procureur

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Écrit par Sophie Courageot avec Inès Tayeb

L’enquête est en cours. Elle est confiée à l’IGPN, l’inspection générale de la police nationale. Mardi 4 janvier, un policier réserviste s’est tué dans l’enceinte du commissariat de la gare d’eau à Besançon (Doubs). Le procureur de la République a fait le point jeudi 6 janvier sur les premiers éléments de l’enquête.

Un drame pour toute une famille, et les personnels du commissariat. Mardi, vers 14h30, ce policier réserviste de 61 ans a fait usage de son arme pour se suicider. Il venait de temps en temps travailler, il était en retraite depuis 5 ans et réserviste depuis cette période. Le policier faisait équipe ce jour-là avec plusieurs collègues qu’il a quitté en début d’après-midi. Ne le voyant pas revenir, ses collègues se sont inquiétés. C’est fortuitement que l’homme a été découvert gisant au sol dans les locaux du commissariat.

"Une personne plongée dans des difficultés personnelles"

L’autopsie a révélé un impact de balle. Selon Etienne Manteaux, procureur de la République, « l’environnement personnel laisse apparaître une personne qui depuis plusieurs mois, et particulièrement ces deux derniers mois, basculait dans une dépression, avec une perte de confiance en soi, une personne qui semblait avoir du mal à y voir clair, une personne plongée dans des difficultés personnelles ».

En décembre 2021, le policier s’était vu délivrer un traitement anxiolytique. « La famille n’avait pas signalé à la police cet aspect dépressif, il avait donc accès à son arme de service » a détaillé le procureur.

« Les soucis qui étaient les siens n’étaient manifestement pas corrélés avec son activité professionnelle… Les éléments à cette heure laissent penser à un suicide » explique Etienne Manteaux.

Selon Yves Cellier, directeur départemental de sécurité publique du Doubs, "il n'y a eu aucun signe avant-coureur marquant qui aurait pu alerter sur cette intention suicidaire".

Une recherche sur les causes de la mort a été ouverte par le parquet de Besançon – co saisie avec l’IGPN. C'est la première fois qu'un policier ou policier réserviste se donne la mort dans les locaux du commissariat de Besançon, laissant “la communauté policière sous le choc”. Une cellule de soutien psychologique a été déclenchée "pour tous ceux qui le souhaitent".