Besançon : “Stardust Odyssey”, un court métrage qui nous fait découvrir le plus petit personnage animé du monde

Ce personnage mesure 300 microns de haut, soit 0,3 mm. De la taille d’une poussière, il est quasiment invisible à l’œil nu. / © Darrowan Prod
Ce personnage mesure 300 microns de haut, soit 0,3 mm. De la taille d’une poussière, il est quasiment invisible à l’œil nu. / © Darrowan Prod

"Dans les tréfonds microscopiques d’un disque vinyle, un grain de poussière se transforme en une créature humanoïde et prend vie". Stardust Odyssey est un court-métrage hors du commun créé en partie à Besançon. Il vient d'entrer dans le Guinness World Record.

Par Sarah Rebouh

"Stardust Odyssey est né de mon envie de montrer un univers que l’on n’a jamais vu en film ou en animation : l’infiniment petit, vu par le biais au microscope électronique à balayage" explique le réalisateur et scénariste Tibo Pinsard, originaire de Dole. Le scénario, en hommage au chanteur David Bowie, est volontairement basique en raison des nombreuses contraintes de conception. 
 
Les 250 micro figurines qui ont servi à faire l’animation de ce film sont quasiment invisibles à l’œil nu et mesurent 300 microns, soit 0,3 mm. Elles ont été imprimées sur une imprimante 3D laser à deux photons, par un chercheur du laboratoire TIPs (Transfers, Interfaces and Processes) au sein de l’Université libre de Bruxelles. Cet exploit a été validé le 13 novembre dernier par le Guinness World Records. "Les figurines sont imprimées sur des lames de verres. Chaque figurine correspond à un mouvement. On a créé une figurine en image de synthèse dans une position x, puis y... Les fichiers sont partis à Bruxelles, puis il a fallu faire des réglages" nous détaille le réalisateur. 
 
 Les micro-figurines ont été imprimées à l'Université libre de Bruxelles. / © Université libre de Bruxelles
Les micro-figurines ont été imprimées à l'Université libre de Bruxelles. / © Université libre de Bruxelles
 

Un microscope à balayage comme une caméra


Ce projet un peu fou, qui a nécessité 6 ans de réalisation, est né de la collaboration entre Tibo Pinsard et Michaël Gauthier, du laboratoire public français FEMTO-ST INSTITUTE, la compagnie de production audiovisuelle Darrowan Prod, ainsi que l'Université libre de Bruxelles. Grâce à ce court film, le spectateur est plongé dans l'univers de l'infiniment petit. On y découvre un décor gris, brut, et cela nous permet de percevoir un environnement atypique, loin de ce qu'on peut voir habituellement dans les films d'animation.

"A cet univers accessible uniquement grâce à des technologies de pointe, j’ai eu envie d’associer une technique d’animation artisanale, remontant à l’invention du cinéma : l’animation en volume (ou stop-motion). Mais là encore, il m’a fallu recourir à de hautes technologies, qui permettent notamment d’imprimer les figurines microscopiques destinées à être animées. A noter que c’est la première fois qu’un microscope électronique à balayage est utilisé comme une caméra pour un film d’animation" détaille le Dolois.

Une projection du court-métrage, en avant-première, est prévue le 25 novembre, à 18h15, au cinéma Mégarama Beaux-Arts de Besançon. 

Stardust Odyssey sera visible à compter du 27 novembre 2019 à cette adresse : https://youtu.be/DoJLtM6jHa4
 
Tibo Pinsard, à gauche et Olivier Lehmann, à droite, scientifique. / © Michaël Houdoux
Tibo Pinsard, à gauche et Olivier Lehmann, à droite, scientifique. / © Michaël Houdoux

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