Chronologie en images de l'affaire Frédéric Péchier, l'anesthésiste de Besançon soupçonné de 24 empoisonnements

Médecin anesthésiste de renom de la clinique Saint-Vincent, le docteur Frédéric Péchier, est soupçonné d’avoir empoisonné volontairement 24 patients entre 2008 et 2017. 9 d'entre eux décèdent sur la table d'opération. Une affaire hors norme aux multiples rebondissements.
 

Par Béatrice Renaux

Le docteur Frédéric Péchier est soupçonné d’avoir empoisonné sciemment des patients âgés de 4 à 80 ans entre 2008 et 2017. Il clame depuis le début de l'affaire son innocence.


Une première mise en examen en 2017


Lorsque l’affaire éclate en mars 2017, le docteur Frédéric Péchier est mis en examen pour empoisonnement avec préméditation sur 7 patients2 d’entre eux décèdent sur la table d’opération alors qu’ils subissent des interventions bénignes.
L’enquête révèle alors la présence d’anesthésiques locaux en surdose ou de potassium dans les poches de perfusion utilisées au cours des opérations entraînant des arrêts cardiaques.

Frédéric Péchier est placé sous contrôle judiciaire avec interdiction totale d’exercer son métier. Il nie toute implication avec cette affaire et clame son innocence.

 
Le Docteur Frédéric Péchier soupçonné de 24 empoisonnement dont 9 mortels / © MaxPPP - Olivier Lejeune
Le Docteur Frédéric Péchier soupçonné de 24 empoisonnement dont 9 mortels / © MaxPPP - Olivier Lejeune


2019, nouvelle mise en examen pour d'autres cas mortels


Deux ans plus tard, en mai 2019, 17 nouveaux cas d’empoisonnements dont 7 mortels sont versés au dossier. Le docteur Péchier est désormais suspecté d’avoir commis 24 empoisonnements sur personnes vulnérables dont 9 mortels. Il est mis en examen pour la seconde fois et reste libre sous contrôle judiciaire avec interdiction de paraître à Besançon ou à Montfaucon où il réside.

La justice évoque dans un premier temps la thèse d’un « pompier-pyromane », celle d’un médecin qui provoquerait volontairement des arrêts cardiaques pour pouvoir réanimer les patients ensuite tel un sauveur. Après 30 mois d’enquête, c’est la thèse de la vengeance qui est privilégiée par le parquet : le docteur Péchier aurait empoisonné les patients de ses collègues pour leur nuire.   

Depuis le départ du docteur Péchier, de la clinique Saint-Vincent et celle de la Polyclinique de Franche-Comté, plus aucun accident opératoire ne s'est produit dans les deux cliniques bisontines. Selon Etienne Manteaux, le Procureur de la République de Besançon, "les EIG (Evénement Indésirable Graves) se produisaient toujours dans des périodes de conflits intenses et aigus avec ses collègues".

Les victimes ou familles de victimes témoignent, elles expliquent qu'elles ont failli perdre la vie alors qu'elles ne devaient subir qu'une opération bénigne et qu'elles ont aujourd'hui encore de lourdes séquelles. Les familles constituent une association, l'Association des Victimes des Empoisonnement de la clinique St Vincent et Polyclinique de Besançon, pour faire face aux dépenses engendrées par les frais de justice.

L'instruction judiciaire est toujours en cours, on attend encore des expertises médicales.

Si les faits d'intoxication des poches de perfusion sont avérés, le docteur Péchier encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Son procès ne devrait pas se dérouler avant plusieurs années.

 

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