« Le Covid-19 n’est pas derrière nous », le CHU de Besançon reprend partiellement une activité normale

Le CHU de Besançon (Doubs) avait déclenché le plan blanc le 9 mars. Le pic épidémique est passé. Le CHU conserve une configuration Covid-19, mais relance depuis cette semaine certaines opérations, consultations, suspendues au plus fort de la crise sanitaire.

© Sophie Courageot - France Télévisions
Un début de reprise progressif. Mais certainement pas un retour à la normale dans l’hôpital bisontin qui a pris de plein fouet comme les autres hôpitaux de Bourgogne-Franche-Comté, les premiers cas de Covid-19 au mois de mars suite au rassemblement évangélique de Mulhouse.

« Aujourd’hui, on est à une étape clé qui est la reprise de l’activité pour faire coexister l’activité Covid-19 et les patients qui doivent venir se faire soigner. Certains ont attendu. Le déconfinement va faire revenir ces patients » a expliqué Chantal CARROGER, Directrice Générale lors d’une conférence de presse en visio ce jeudi 7 mai.


Des lits Covid-19 prêts à fonctionner en cas de deuxième vague


Concrètement, le CHU de Besançon va garder à la demande de l’agence régionale de santé une quinzaine de lits supplémentaires en réanimation, une trentaine de lits en médecine pour des patients Covid-19 dans l’éventualité d’une reprise de l’épidémie. Un dispositif minimal reste en place. « Mais tout doit être réversible » a précisé Samuel LIMAT, Président de la Commission médicale d’établissement. L’unité d’accueil Covid au niveau des urgences reste en place.


Médecine, chirurgie, consultations reprennent progressivement


Depuis le lundi 4 mai, le CHU de Besançon a remis en route un certain nombre d’activités.

En chirurgie, certains blocs opératoires ont rouvert. Des lits de chirurgie également. Les patients qui devaient être opérés avant l’arrivée du Covid-10 vont l’être prioritairement a expliqué la direction de l’hôpital.

En médecine, certaines unités sont réouvertes, elles regroupent plusieurs disciplines.

Au niveau de l’hôpital de jour qui avait continué à fonctionner pour la cancérologie, les dialyses notamment, là aussi l’activité reprend avec un peu plus de consultations.
 
Chantal Carroger, directrice du CHU de Besançon
Chantal Carroger, directrice du CHU de Besançon © France Télévisions
 


Des parcours de soin sécurisés pour les patients


Pour les patients qui après le déconfinement vont revenir se faire soigner à l’hôpital, le CHU a mis en place les conditions qui doivent permettre de minimiser le risque sanitaire. Les rendez-vous entre patients seront plus espacés pour éviter que les malades se croisent. Dans les salles d’attente, les chaises seront espacées d’un mètre et seront moins nombreuses. Un masque sera fourni à chaque personne qui viendra en consultation ainsi qu’à son accompagnant. Le nettoyage des mains au gel hydroalcoolique sera obligatoire. Le malade sera soumis à un questionnaire pour diagnostiquer d’éventuels symptômes du Covid-19. Des tests de diagnostic seront réalisés si besoin. Les locaux du CHU seront nettoyés selon les procédures d’hygiène appropriées.


Un millier de patients Covid-19 ont été suivis à l’hôpital de Besançon



Depuis le 1er mars, les soignants de l’hôpital ont pris en charge de nombreux malades. 10.791 patients ont été testés. 1016 ont bénéficié d’un suivi. 518 ont été hospitalisés. 502 sont guéris. Parmi les chiffres, on notera que 262 soignants ont été infectés. La plupart ont repris le travail. « Heureusement, nous n’avons pas eu à déplorer de décès parmi les soignants » a souligné Chantal CARROGER, Directrice Générale lors d’une conférence de presse en visio ce jeudi 7 mai.

Le déclenchement du plan blanc le 9 mars a permis d’anticiper les choses. « La mobilisation des équipes a été exemplaire, nous n’étions pas forcément prêts, pour autant, nous avons été capables de s’adapter » a souligné Chantal CARROGER, Directrice Générale du CHU. « A 20 heures, on entend les mercis, je crois que ces mercis sont mérités pour toute la communauté médicale qui a été à la hauteur » a ajouté Madame Carroger.

À Besançon, la crise du Covid a nécessité une transformation complète de la façon de fonctionner. Les opérations de chirurgie ont été stoppées pour monter en puissance face à l’épidémie. Le service des maladies infectieuses est passé de 13 à 82 lits. La réanimation est passée de 40 à 92 lits, plus 8 lits à la clinique Saint-Vincent.
 
© Alexandre MARCHI - maxPPP

 

Une tension encore sur l’approvisionnement en blouses et en médicaments comme le curare


Chantal CARROGER, Directrice Générale du CHU précise que jamais l’hôpital n’a manqué de matériel. Même si « on a parfois frôlé l’inquiétude » dit-elle sur les surblouses notamment. Le marché reste encore très tendu sur cet équipement.

Sur les médicaments nécessaires aux soins des malades placés en réanimation, « il y a une tension très importante sur le marché mondial au niveau du curare et des sédatifs. Les besoins ont été multipliés par 20 » a précisé Samuel LIMAT, Président de la Commission médicale d’établissement. C’est désormais l’Etat qui depuis plusieurs semaines supervise les approvisionnements pour les distribuer vers les établissements qui en auraient besoin. « A Besançon, nous n’avons jamais été en rupture sur ces médicaments » ajoute le président.


Recherches cliniques, le CHU de Besançon en première ligne dans plusieurs études


Le Covid-19 a stimulé la recherche médicale dans le monde entier. Le CHU de Besançon on le sait a inclut des patients dans l’étude Discovery dont les résultats seront connus prochainement. L’établissement a également inclut des patients dans 28 autres études. Il est promoteur d’une dizaine d’études avec la participation d’autres établissements.


"La route est loin d’être terminée"


Depuis janvier où le service des maladies infectieuses surveillait le point rouge de Wuhan sur la carte de l’institut John Hopkins, le virus a fait plus de 25.000 morts en France. Dont près de 900 dans les seuls hôpitaux de Bourgogne Franche-Comté. Les médecins ont appris à mieux connaître ce virus venu de Chine. Ils ont pu constater au fil des semaines des dégradations respiratoires très rapides. Des lésions pulmonaires impressionnantes comme l’explique Catherine CHIROUZE, Chef de service des maladies infectieuses et tropicales. Certains patients sortant de réanimation ont eu des phases de déconditionnement très difficiles qui ont nécessité l’ouverture de service post-réa pour les accompagner au mieux.

« La route est loin d’être terminée. Le virus circule dans la population. Il va falloir apprendre à vivre avec pour un certain temps que l’on ne connaît pas » ajoute le médecin. Elle invite chacun à rester vigilant, à continuer à respecter les gestes barrières et la distanciation sociale, ainsi que l’auto-surveillance médicale. En cas de doute, contactez votre médecin ou joindre le 15.







 
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