Covid-19 : "Soit on a le vaccin, soit on a le virus en gros...se faire vacciner est un devoir citoyen" estime un médecin

Patrick Vuattoux est médecin généraliste à Besançon (Doubs). À l’approche des fêtes de Noël et alors que l’épidémie montre des signes possibles de reprise dans le Doubs, il fait le point sur les tests, les vaccins et nos personnes âgées.

Patrick Vuattoux, médecin généraliste à Besançon
Patrick Vuattoux, médecin généraliste à Besançon © Florence Petit - France Télévisions

Un taux d’incidence de 238,6 nouveaux cas pour 100.000 habitants au 7 décembre dans le département du Doubs. Le 3e département français le plus touché. Les médecins voient la courbe des cas positifs stagner désormais et ne plus baisser. Une courbe de la pandémie qui ne surprend pas les généralistes du Doubs. En première ligne, les médecins constatent depuis un peu plus d'une semaine une recrudescence des cas symptomatiques.

Au 10 décembre, la Bourgogne-Franche-Comté a le plus fort taux d'incidence de France, avec 180 nouveaux cas pour 100.000 habitants contre 108,7 en moyenne en France.

3 questions à Patrick Vuattoux

Faut-il interdire les réunions de familles de fin d’année ?

“Certainement pas, ce serait la dernière chose à faire. On a vécu l’isolement des personnes âgées au sein des établissements. On a vu que c’était une catastrophe. Certaines personnes en sont mortes, non pas du Covid, mais de l’isolement trop strict. Alors, les réunions familiales en cette fin d’année, oui, en respectant au maximum les gestes barrières. Tester des gens lorsqu’ils sont symptomatiques, voilà autant de dispositions qui limiteront, j’espère la contamination. Mais on a besoin de la relation.”

Faut-il se faire tester pour Noël ?

“Je ne crois pas que ce soit des dispositions du gouvernement. Par contre, tester si on est symptomatique ou cas contact, oui, et sans attendre.”

 Le ministre de la Santé Olivier Véran a d’ailleurs mis en garde jeudi contre l'utilisation abusive des tests de Covid-19, que des Français songent à passer avant les fêtes de fin d'année."Si vous avez un doute ou si vous êtes amené à vous rendre auprès d'une personne vulnérable, comme en Ehpad par exemple, vous pouvez évidemment vous faire tester", a déclaré le ministre lors d'une conférence de presse sur la crise sanitaire.
"Mais s'il vous plaît, n'utilisez pas le test comme une sorte de totem d'immunité, c'est risqué pour vous, c'est risqué pour vos proches et pour tous ceux qui auront réellement besoin de se faire tester, parce qu'ils sont malades symptomatiques ou cas contact avant la période de Noël", a-t-il prévenu."Il faut aussi éviter l'engorgement des laboratoires des pharmacies, des médecins qui réalisent des tests". "S'il y avait 10 ou 15 ou 20 millions de Français qui souhaitaient se faire tester dans l'urgence avant d'aller partager le repas de Noël, évidemment aucune structure sanitaire au monde ne serait capable d'y faire face" a précisé le ministre.

Faut-il se faire vacciner ou pas ?

“Nous avons la chance d’avoir des vaccins fabriqués rapidement, ce qui fait peur à tout le monde. Personnellement, j’ai confiance à la sécurité qui entoure la genèse de ce vaccin. Je n’ai jamais vu de vaccin en France qui donnait des maladies, à part les chocs anaphylactiques, c'est-à-dire des réactions violentes allergiques, et ce n’est pas de chance. C’est vrai qu’en France, on a des détracteurs de la vaccination qui font du lobbying de façon très forte. Je pense qu’on a une insuffisance, et je me mets dedans, à amener des éléments concrets pour la vaccination. De toute façon, vous n’avez pas le choix, soit vous avez le vaccin, soit vous avez le virus en gros, donc ce n’est pas un luxe ce vaccin. Des gens ont travaillé jour et nuit pour le fabriquer en toute sécurité, pourquoi on ne le ferait pas ? Bien entendu, on aura plus de recul dans un an ou deux pour dire oui, ce vaccin a plus d’effets secondaires que celui-là, sans doute, mais on n’a pas le choix” estime le généraliste bisontin.

Le retard dans la fabrication des vaccins français

Les laboratoires français Sanofi et britannique GSK ont annoncé ce vendredi 11 décembre que leur vaccin anti-Covid ne serait prêt que fin 2021, après des résultats moins bons qu'attendu dans les premiers essais cliniques. 

Sanofi et GSK avaient passé plusieurs contrats de livraison, dont l'un avec l'Union européenne qui lui a réservé 300 millions de doses de vaccins pour 2021. En France, la vaccination doit débuter en janvier février 2021 dans les Ehpad pour les personnes âgées et les personnels, le vaccin sera le vaccin Pfizer-BioNtech. 

 

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