Covid-19 : "On n'a pas fini la deuxième vague qu’on voit déjà arriver la troisième", l'épidémie reprend dans le Jura

Le Jura est l'un des départements français les plus touchés par l'épidémie liée au coronavirus, qui semble reprendre partout en France. "Il faut se battre, il faut tenir" a tenu à rappeler le préfet du Jura, alors que la troisième vague est déjà là, selon les autorités sanitaires. Détails.

Les soignants doivent porter un masque FFP2, des gants, une charlotte et des lunettes pour prendre en charge les malades du coronavirus COVID-19
Les soignants doivent porter un masque FFP2, des gants, une charlotte et des lunettes pour prendre en charge les malades du coronavirus COVID-19 © Jean François Ottonello / MAXPPP

"On repart sur une vague énorme. On n'a pas fini la deuxième vague qu’on voit déjà arriver la troisième". Le ton est grave et incisif. C'est par ces mots que Didier Pier-Florentin, délégué ARS du Jura, a tenu a planter le décor sombre de la situation sanitaire dans le Jura, ce 11 décembre 2020, un jour après la prise de parole de Jean Castex, Premier ministre. Ce dernier a été évidemment rejoint par le préfet du Jura, David Philot, visiblement très inquiet. 

Après s'être stabilisée à un niveau élevé, la situation épidémique dans le Jura se dégrade à nouveau. Le taux d'incidence dans ce département a franchi la barre des 200. Les personnes âgées sont particulièrement touchées par cette nouvelle vague. "Le constat est sans appel. Je vous le dis, nous nous n’avons plus de marge" a déclaré David Philot, en s'adressant à la presse.

Très franchement, on joue gros.

David Philot, préfet du Jura

Le préfet du Jura a rappelé l'importance de lutter contre ce virus en Bourgogne-Franche-Comté, dans "la région la plus contaminée de France". "Il ne faut pas baisser les bras. On est de nouveau attaqués frontalement. On doit réduire nos contacts, drastiquement. Là, franchement, c’est du bon sens. Ce n’est pas une parole de sachant, c’est une parole de bon sens" a-t-il martelé.

"Ne rien lâcher et ne pas se tromper de combat"

"On a une reprise de la circulation du virus. Elle est notamment importante chez les personnes âgées. Elle se manifeste à la fois dans les structures collectives pour personnes âgées et dans d’autres structures IME, ESAT…" a détaillé le préfet du Jura, réclamant une solidarité de la part des Jurassiens, pour protéger en priorité les anciens.

"Les contaminations se manifestent aussi dans le milieu familial car les contacts sociaux sont plus larges. Des anniversaires sont des moments de contamination, par exemple. On a une multiplicité de facteurs et de situations qui mises bout à bout, expliquent que cette épidémie reprend" a-t-il énuméré au cours de cette conférence hebdomadaire. 

Le préfet a tenu un discours fort, exhortant les citoyens à agir ensemble et à se battre, "maintenant".

On n'est pas dans des grands débats, il ne faut rien lâcher. Ne rien lâcher, maintenant ! Et ne pas se tromper de combat.

David Philot, préfet du Jura

Concernant les tests qui pourraient être réalisés par certains avant les fêtes, les autorités ont tenu à rappeler qu'un test antigénique négatif ne protège pas pour autant et n'a pas valeur d'immunité. De plus, ces tests ne sont pas fiables à 100%, rappelle le préfet du Jura.

Le couvre-feu très attendu dans le Jura

Dans son département, selon lui, il y a eu, au départ, une tendance à sous-estimer le Covid-19. "Il faut le dire. On a eu tendance à croire qu'en ruralité on était protégé. Depuis septembre je le dis, ce n'est pas une affaire de métropole" a-t-il expliqué, demandant un sursaut de vigilance collective et individuelle face à une situation jugée "très préoccupante".

Le préfet n'a pas caché son impatience concernant le couvre-feu, mis en place à partir du 15 décembre, entre 20h et 6h du matin. Selon lui, cette mesure est indispensable pour que les citoyens maintiennent leurs efforts : "On s'attachera à faire respecter le couvre-feu. C'est une mesure indispensable. J'ai hâte que nous passions dans cette situation."

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