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EN IMAGES. Gilets jaunes : revivez le blocage matinal de Besançon

Les gilets jaunes ont bloqué la nationale à Chateaufarine ce samedi 17 novembre. / © Franck Menestret
Les gilets jaunes ont bloqué la nationale à Chateaufarine ce samedi 17 novembre. / © Franck Menestret

Dès 7 heures, le mouvement citoyen s'est rassemblé à la zone commerciale de Chateaufarine (Doubs) pour bloquer l'axe de la RN83 à Besançon. Revivez la manifestation, au coeur des "gilets jaunes" mobilisés contre la hausse des prix du carburant et la défense du pouvoir d'achat. 

Par Sarah Rebouh

Gilets jaunes, pour un samedi noir. La vague jaune déferle sur toute la Franche-Comté ce samedi 17 novembre (consultez notre Live Tweet en bas de cet article). 

Dès 7h du matin ce samedi, les gilets jaunes de Besançon se sont rassemblés en nombre sur le parking du Géant Casino, dans la zone commerciale de Chateaufarine à Besançon. Malgré les 3 petits degrés au thermomètre, plus d'une centaine de personnes étaient présentes dès le lever du soleil.

Alex, en charge de coordonner le mouvement à Chateaufarine, a rappelé que le mouvement était "apolitique", "pacifiste" et "respectueux" avant que les manifestants ne se meuvent jusqu'à la 2x2 voies, pour commencer le blocage. 


Une grogne généralisée


Très vite, plusieurs petits groupes s'organisent pour ralentir les véhicules et procéder à la distribution de tracts. Ces derniers dénoncent "la suppression de nos acquis sociaux", "la multiplication des taxes en tout genre", "la privatisation des services publics", "la fraude fiscale", "l'empoisonnement et la pollution de nos sols et de nos aliments" ou encore "une démocratie annihilée par un pouvoir autoritaire et moqueur". 

La grogne ne concerne désormais plus uniquement la hausse du prix du carburant mais s'étend à des revendications très larges, contre la politique générale du gouvernement en place et en opposition au système économique.  


Des conducteurs plutôt compréhensifs


À Chateaufarine, les "gilets jaunes" ont ralenti les voitures mais hors de question de les bloquer trop longtemps. De plus, les automobilistes qui annoncent travailler à l'hôpital passent sans encombre. Le but ? "Ne pas faire monter la tension avec les conducteurs, on n'est pas là pour ça" nous a expliqué Thierry. Parmi les personnes rassemblées sur le bitume, des jeunes, hommes, femmes, mais aussi des salariés, des ouvriers, des retraités, "de toutes les couches sociales".

Bernard, retraité, est très en colère. Il dénonce les "mensonges" du gouvernement qui essaie de faire porter le chapeau aux citoyens français. Martine, quant à elle, souhaite que le mouvement se poursuive jusqu'à la démission du président de la République, Emmanuel Macron. "J'ai des amies qui vivent avec 1000 euros par mois. On a les pieds et poings liés, on ne peut pas continuer comme ça" nous a-t-elle expliqué.

Pour Adrien, jeune homme travaillant dans une petite société de transport installée à Franois, il est important de se mobiliser et de soutenir le mouvement : "Plus les mois, plus années passent, plus c'est dur. On se sert la ceinture, on essaie de tenir. On devrait tous être là. On devrait tous être ensemble. Même si cela peut embêter des gens, on veut montrer notre animosité envers certaines lois."

Parmi les voitures ralenties, on retrouve Jean-Claude, 75 ans, bloqué par les gilets jaunes à hauteur de Chateaufarine. Il est en voiture mais soutient à 100% le mouvement. Il a d'ailleurs l'intention de "tourner" à Besançon pour soutenir les manifestants toute la journée. "Je n'ai jamais fait une manifestation de ma vie. Mais maintenant c'est trop" explique-t-il.

Dans une voiture un peu plus loin dans la file, c'est Kassim et Lucien qui attendent patiemment que les barrages soient levés. Ils sont pressés mais gardent le sourire. "On est pressés car on a entraînement de boxe. On espère que notre coach sera clément car c'est pour le bien de notre communauté qu'il y a cette manifestation. On est d'accord avec ça, même si ça nous embête un peu".

Les plus courageux et les moins frileux des gilets jaunes ont l'intention de rester à Chateaufarine toute la journée pour ralentir le trafic. À moins qu'ils ne soient délogés à un moment par les forces de l'ordre, avec qui ils ne souhaitent pas d'affrontement. Le mouvement pourrait se reproduire dans les jours à venir. Les manifestants en tout cas, sont prêts à se mobiliser à nouveau.

► En bref : 

La Préfecture appelle à la prudence.
Un automobiliste a voulu faire demi-tour et a provoqué un accident sur la RN57 à Ecole-Valentin, près de Besançon.

Voici les rassemblements ou blocages en cours à 8h, signalés par les gendarmes du Doubs

Besançon chateaufarine, Franois, Maîche, Autechaux A36, Ecole-Valentin, Jougne, Beure rond point des Mercureaux, Clerval, Morteau, Les Fins, Villers-le-Lac, Villars-sous-Ecot, Brognard, Saint-Hippolyte, L'Isle-sur-le-Doubs, Le Russey, Pont-de-Roide, Ornans. 

À Besançon, 5 blocages de gilets jaunes ont été déclarés en Préfecture : Chateaufarine, Les Mercureaux / Beure, Valentin et sortie d'autoroute à Chemaudin. La première vague de gilets jaunes s'est rassemblée au niveau de la zone de Chateaufarine au petit matin, vers 7h. La seconde, emmenée par la Fédération des motards en colère, se rassemble à 13 heures parking Casamène. 

1.500 actions étaient attendues ce samedi dans l'ensemble du pays. Ces actions des "gilets jaunes" sont surveillées de près par le gouvernement. "Nous serons très attentifs, très concentrés, très vigilants, pour faire en sorte que la liberté de manifester soit respectée, mais que la liberté de circulation soit garantie", a assuré le Premier Ministre Edouard Philippe.
 


Suivez en direct le blocage matinal de Besançon 

 

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