Entre Bretagne et Comté, on vous raconte comment le Petit Prince de Saint-Exupéry est désormais traduit en franc-comtois

Voici Lou Péquignot PrïnceLe Petit Prince d’Antoine Saint-Exupéry en franc-comtois. L'oeuvre non-religieuse la plus traduite dans le monde, vient d'être publiée en langue comtoise. Le livre a été traduit par le chanteur Billy Fumey. 600 exemplaires seront édités. 

Le livre est disponible à partir de demain dans les librairies et sur le site des éditions Cêtre.
Le livre est disponible à partir de demain dans les librairies et sur le site des éditions Cêtre. © Vanessa Hirson - France Télévisions

« I aî môtrè mon tchèf-d’eûvre és grands dgens et i yôs aî demaindè chi mon graiy’naidge yôs f’sait pavou ». Traduction. « J’ai montré mon chef d’œuvre aux grandes personnes et je leur ai demandé si mon dessin leur faisait peur ». Le Petit Prince d’Antoine Saint-Exupéry, le livre non religieux le plus connu, et lu au monde, existe dorénavant en langue comtoise ! Il vient d'être édité aux éditions Cêtre de Besançon.

Quand je vais en vacances, si je vois que le livre n’est pas traduit, j’argumente pour qu'il le soit !

Jean-Michel Guivar'ch, collectionneur

L’idée a germé à 900 kilomètres de Besançon à Lampaul-Guimiliau, commune de 2 000 âmes dans le département du Finistère en Bretagne, dans la tête d’un collectionneur étonnant, Jean-Michel Guivar’ch. Il collectionne les livres Le Petit Prince traduits dans toutes les langues et les dialectes. « J’en ai plus de 400 » ! C’est lui, donc, l’instigateur de ce projet comme il l’a été aussi pour le Petit Prince traduit en égyptien ancien. « Quand je vais en vacances, si je vois que le livre n’est pas traduit, j’argumente pour qu'il le soit ! Je leur dis « vous savez le Petit Prince serait un bel ambassadeur pour vous et ça marche ! », se plaisante à raconter Jean-Michel Guivar’ch.

Jean-Michel contacte Billy Fumey

Très impliqué dans la défense des langues régionales puisqu’il a fondé l'Institut de promotion des langues régionales de Franche-Comté, l'auteur compositeur et interprète franc-comtois, Billy Fumey, a d’abord décliné le projet présenté par Jean-Michel Guivar'ch puis l’a finalement accepté. « Je n’avais jamais lu Le Petit Prince » avoue Billy. « Et puis je venais d’apprendre le franc-comtois, alors pourquoi pas traduire des livres ? Grâce à la traduction du Petit Prince, j’ai beaucoup évolué. Je pense même écrire des chansons en franc-comtois, ce sera une première pour moi ».

C’est aussi un outil pédagogique. Il est par exemple utilisé en Grande-Bretagne pour l’apprentissage de la lecture

Jean-Michel Guivar'ch, collectionneur

Le Petit Prince et sa célèbre phrase « s'il te plaît, dessine-moi un mouton ! », « s'è vôs piaît... graiyone-moi ïn mouton ! » devait initalement être édité à 300 exemplaires, finalement le livre sera tiré à 600 exemplaires pour toucher un maximum de monde, principalement les défenseurs de la langue franc-comtoise et la Suisse, premier pays comtophone du monde.

« Pour moi, ce chef d’œuvre d’Antoine de Saint-Exupéry est universel parce qu’il porte des valeurs avec un grand V, qui se retrouvent dans toutes les cultures. C’est aussi un outil pédagogique. Il est par exemple utilisé en Grande-Bretagne pour l’apprentissage de la lecture » explique Jean-Michel Guivar’ch.

Tintin et les Simpsons bientôt traduits en franc-comtois

Avec la crise sanitaire, Billy Fumey n’attend plus rien des festivals de musique et privilégie les scènes indépendantes. « Ce qui me plairait c’est de repartir jouer aux Etats-Unis et puis je participerai au Liet International c'est-à-dire l’Eurovision des langues régionales au Danemark en octobre 2022 ». La traduction du Petit Prince a donc était l’occasion de se réinventer musicalement et de se découvrir un intérêt certain pour la littérature. « Après Le Petit Prince, Lucky Luke en franc-comtois est terminé ! La BD sera éditée aux éditions Cêtre. Et je travaille actuellement sur Tintin et les Simpsons, que je collectionne ! » 

Pour Jean-Michel Guivar’ch, reste un autre souhait « faire traduire Le Petit Prince en gaulois, en vannetais (la langue de Vannes, en Bretagne) et en monégasque ». Mais pour l’instant, il ne trouve pas de traducteurs.

A retrouver dès à présent sur le site des éditions Cêtre et dès le 11 juin dans toutes les librairies et les maisons de la presse

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