Épisiotomie minimum au CHRU de Besançon

© Fabienne Le Moing
© Fabienne Le Moing

La secrétaire d'État, Marlène Schiappa, ayant lancé une polémique sur les violences obstétricales et le taux trop élevé d'épisiotomie en France, cet acte pratiqué pendant l'accouchement fait la Une. Au CHRU Jean Minjoz de Besançon, il est très rare. Moins de 1% des femmes le subissent.

Par Florence Cicolella et Lucie Thiery

Le professeur Didier Riethmuller, chef du service gynécologie-obstétrique du CHU Minjoz, peut s'enorgueillir. Mais ce n'est pas son genre. Seulement 12 épisiotomies ont été pratiquées l'an dernier dans son service sur 2 900 naissances. Il nous explique ce geste chirurgical, inventé au XVIIIème siècle pour laisser plus de place à la tête de l'enfant naissant, tout en évitant une déchirure jusqu'au sphincter de l'anus. Ce qui peut provoquer l'incontinence de la femme. Mais il est prouvé depuis plusieurs décennies, par des statistiques concrètes, que cet acte n'est nécessaire que dans une infime minorité de cas. Alors au CHU Minjoz, on préfère que le périnée se déchire un peu, naturellement, plutôt que de couper vivement dans des tissus sains. 

Vie et décroissance d'un geste obstétrical traumatisant : l'épisiotomie.
Interview du professeur Didier Riethmuller, chef de service gynécologie-obstétrique au CHRU Jean Minjoz de Besançon. Par Florence Cicolella et Fabienne Le Moing.

Mais le praticien ne s'arrête pas là. Ses équipes travaillent au quotidien pour diminuer les risques de déchrirures périnéales, augmenter le bien-être des femmes tout en préservant leur vie et celle de leur enfant. En pratiquant par exemple la manœuvre de Couder sur le bébé qui sort. Et lorsque les déchirures superficielles surviennent, l'idée de ne pas les suturer est à l'étude actuellement. Des patientes volontaires sont tirées au sort, pour accepter des points de compressions plutôt que d'être recousues. Résultats de l'étude dans deux ans. 

Le CHU de Besançon affiche un des taux d'épisiotomie les plus bas en France
Interviews : Professeur Didier Riethmuller, chef de service gynécologie-obstétrique - Anaïs Morin, sage-femme - Mariette Clerc, maman de Théo, trois jours. Reportage de Florence Cicolella, Fabienne Le Moing et Manu Blanc.

Contraction du latin "episio" (vulve) et "tomie" (section) cette pratique consiste à sectionner la paroi du vagin, la peau et les muscles superficiels du périnée afin d’agrandir l’orifice de la vulve lors d'un accouchement. 

Récemment, Marlène Schiappa, la secrétaire d'Etat chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes a créé la polémique. Lundi, elle déclarait devant le Sénat que 75% des femmes subissaient une épisiotomie au moment de l'accouchement. Un chiffre tiré d'une étude menée personnellement par la secrétaire d'Etat en 2013, sur 983 mères mais que les gynécologues et obstétriciens français réfutent en bloc.

D'après une enquête de l'Inserm, en France, en 2010, l'épisiotomie concernait 27% des femmes. Un chiffre qui correspond à la fourchette de 20 à 25% recommandée par l'OMS.

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