Grève dans les accueils périscolaires : à Besançon, "ils sont payés 500 euros par mois, on ne peut pas vivre avec ça"

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Un mouvement national de grève perturbe le fonctionnement des activités périscolaires et des services de restaurations scolaires. A Besançon, les deux tiers des services sont touchés. Les animateurs demandent une revalorisation des salaires, de meilleures conditions de travail et une professionnalisation de leur métier.

A la suite d’un mouvement national de grève dans les secteurs périscolaires, à l’appel de plusieurs syndicats, les services d’accueils de nombreuses écoles de Besançon sont perturbés, ce mardi 14 décembre. Dans la ville, 44 cantines seront d’ailleurs fermées, pour 26 ouvertes sur le temps de midi. Au cœur des revendications des grévistes : la précarité du métier, les niveaux de rémunérations du secteur, les conditions de travail et le manque de reconnaissance.

590 euros par mois pour vivre

« Un animateur contractuel, s’il travaille matin, midi et soir, il gagne 590 euros par mois » explique Amélie, animatrice depuis plus de 10 ans dans la ville de Besançon. « Quand vous avez une famille, un loyer des courses, c’est compliqué ». Sur son site internet, la mairie ne se cache pas du niveau de salaire des animateurs : « Un animateur qui travaille environ 21 h hebdo gagne 690 euros net mensuel, versés sur 12 mois ».

Trois vacations par jour (7h25-8h25, 11h40-13h40 et 16h10-18h05), quatre jours par semaine, qui laissent peu de place à un deuxième emploi. « Ce sont des horaires atypiques qui ne permettent pas vraiment de trouver à côté » confirme Amélie. « Les animateurs, ce ne sont pas que des étudiants » fait pourtant remarquer Danielle Goiffon, déléguée syndicale CGT à la ville de Besançon. « Il y a des gens qui font ça parce qu’ils aiment ça ». Seule solution selon Amélie : trouver un autre emploi d’animateurs, les mercredis dans un centre de loisir, ou pendant les vacances scolaires. « Avec le peu d’argent qu’ils ont, ils abandonnent et ils s’en vont » explique Danielle Goiffon « et après, le renouvellement des équipes tous les ans est compliqué ».

Si Amélie est aujourd’hui titulaire, elle a travaillé en CDD pendant près de 10 ans avant d’atteindre ce statut, et avec, une amélioration de sa rémunération (elle touche aujourd’hui environ 800 euros). Quentin, lui, a enchaîné les contrats précaires pendant plus de 5 ans avant d’être titularisé. « Comme on dit, on ne reste pas pour le salaire ! ». « Beaucoup de nous font ce métier par passion, mais le métier n’est pas reconnu à sa juste valeur » se désole-t-il.