Incendie de la fourrière à Besançon : deux personnes présentées à la justice, quatre toujours recherchées

© Sarah Rebouh / France 3 Franche-Comté
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Etienne Manteaux, procureur de la République de Besançon, donnait une conférence de presse ce vendredi 17 janvier pour faire le point sur l'affaire de l'incendie criminel de la fourrière de Besançon, dans le quartier Planoise. Détails.

Par Sarah Rebouh

"Ce sera une enquête longue et complexe, en terme d'élucidation compte tenu de l'incendie de grande envergure et de la difficulté à recueillir des éléments pour la police scientifique et technique" avait déclaré Etienne Manteaux, le 15 janvier lors d'une précédente conférence de presse. En effet, très peu de preuves ont pu être récoltées sur les lieux, notamment à cause des températures avoisinant les 800 degrés, enregistrées à la fourrière lors de l'incendie criminel. 

"C'est l'exploitation de la vidéo surveillance qui a surtout été décisive" a expliqué le procureur de Besançon, ce vendredi 17 janvier, après avoir une nouvelle fois convoqué la presse au sujet de cette affaire sensible.

Au total, huit personnes avaient été interpellées et placées en garde à vue par la police, dans le quartier de Planoise et celui de Montrapon, le 14 janvier. Sur les huit personnes préalablement soupçonnées, seules deux vont être présentées à la justice, les autres ayant fourni des éléments les disculpant.

"Les enquêteurs ont procédé à des interpellations très larges pour recueillir le maximum d’informations. Plusieurs de ses personnes ont fourni des explications cohérentes" a justifié Etienne Manteaux.

L’un d'eux, âgé de 25 ans, est soupçonné d’être impliqué dans la tentative avortée du 30 décembre. Une importante somme d'argent en numéraire (10 000 euros) a été retrouvée à son domicile. 

Le deuxième individu, âgé de 19 ans, est visé pour des faits d’association de malfaiteurs. Il a pris part à des éléments préparatoires pour les infractions du 31 décembre. Il est également soupçonné de vente de produits stupéfiants.
 

Quatre personnes activement recherchées


"Les personnes principalement visées et soupçonnées qui ont fait l’objet d’une perquisition n’étaient pas chez elles. Quatre personnes sont activement recherchées" a expliqué le procureur de la République, martelant à plusieurs reprises que ces personnes allaient être interpellées, entendues et traduites en justice. "Vous pouvez compter sur notre détermination pour mener à bien cette enquête" a-t-il tenu à rappeler.

Les chefs d'inculpation sont les suivants : 

- Destruction par incendie en bande organisée (crime puni d’une peine de 20 ans de réclusion criminelle),
- Tentative de ce même crime (les auteurs de l'incendie ont tenté leur chance la veille, en vain),
- Vol de véhicule,
- Usurpation d’identité pour la plaque d’immatriculation du véhicule BMW incendié en premier lieu,
- Association de malfaiteurs (bien au-delà de cet incendie, les investigations révèlent une association de malfaiteurs, pour commettre des trafics de drogue, des vols de véhicules…),
- Trafic de produits stupéfiants (découvert grâce aux perquisitions).

Il faut dire que cette affaire a causé beaucoup de tort. Le magasin Intermarché n'a toujours pas rouvert à la suite de l'incendie qui s'est déclaré en sous-sol, le 31 décembre. Au total, cinquante personnes sont actuellement au chômage technique et ne savent pas quand elles pourront reprendre le travail. Il est pour l'instant impossible de savoir si le bâtiment pourra être sauvegardé. L'équivalent d'un million d’euros de marchandises stockées dans ce magasin a été déclaré impropre à la consommation.

De plus, 157 personnes ont porté plainte au commissariat après la destruction de leur véhicule.
 

Quatre tentatives d'assassinat


Le climat à Planoise est d'autant plus tendu puisque quatre tentatives d'assassinat ont eu lieu dans ce quartier entre le 20 novembre 2019 et le 10 janvier 2020, ne causant par miracle aucune victime, malgré plusieurs blessés par balles d'armes létales. 

Les affaires sont-elles liées ? S'agit-il d'une réorganisation des trafics en place ? De tentatives d'intimidations de la part de nouveaux entrants ? Aucune piste n'est exclue. Quoi qu'il en soit, Etienne Manteaux a tenu à rappeler que "le dossier ne fait que commencer". Affaire à suivre.
 

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