"Les oubliés du Ségur" de l'hôpital public, entre colère et sentiment d'injustice, se rassemblent ce jeudi à Besançon

Un rassemblement est prévu ce jeudi 27 mai devant le CHU de Besançon (Doubs). Plusieurs professionnels de l’accompagnement médico-social tels que les psychologues, les ASH, les assistantes sociales et bien d'autres tiennent à montrer leur indignation après avoir été mis à l'écart du Ségur. 

© Philippe Paupert/Radio France/Maxppp

Ils se sont baptisés "Les oubliés du Segur". Ce sont les travailleurs de l'hôpital public qui n'apparaissent pas dans la seconde revalorisation salariale prévue par le dispositif Ségur de la santé. Ce dernier doit consacrer 8,2 milliards d’euros à la revalorisation des métiers des établissements de santé et des EHPAD et à l’attractivité de l’hôpital public. Le 12 avril 2021, à l’occasion de la réunion du comité de suivi du Ségur de la santé, le Gouvernement a présenté la deuxième étape des accords du Ségur de la santé, prévoyant la revalorisation des carrières pour les soignants paramédicaux. Seulement, de nombreux professionnels travaillant au sein des hôpitaux publics n'apparaissent pas dans la liste des bénéficiaires. 

"Pour beaucoup de collègues ça a été un sentiment d'injustice. Pendant la période Covid, on a été surmobilisés. On a été dans les relèves, le midi, le soir, les week-ends. On a l'impression que plus on se mobilise moins on a de reconnaissance. C'est de l'injustice et de la colère qu'on ressent. On ne nous donne aucun moyen. On ne titularise pas les contractuels, qui sont nombreux, et on ne nous augmente pas" s'indigne Audrey Dahoui, psychologue en pédiatrie au CHU de Besançon. Cette dernière sera présente ce jeudi à Besançon, aux côtés d'assistants et assistantes sociales, d'ASH, de secrétaires, de préparateurs et préparatrices en pharmacie, d'ouvrières, de techniciens de laboratoire, de diététiciennes ou encore d'infirmières et infirmiers en classe B. 

"C'est une manière de cliver le soin"

Jeudi dernier déjà, environ 80 personnels du CHU se sont rassemblés devant l'établissement public, qui peine de plus en plus à recruter des professionnels de santé, tant les conditions de travail y sont dégradées et les perspectives d'évolution bouchées. Les organisateurs du rassemblement de cette semaine espèrent mobiliser encore plus largement les salariés. "Nous, nous ne sommes soit disant pas aux côtés des patients. C'est n'importe quoi. C'est une manière de cliver le soin. Tout le monde est auprès du patient. Cela oppose les soignants et les para-médicaux" poursuit la psychologue.

Ce qui est paradoxal, c'est que nous avons été comptés dans le Ségur lors de la première revalorisation. Et pas lors de la deuxième...

Audrey Dahoui, psychologue au CHU de Besançon

Ce jeudi, l'action se veut collective et unitaire comme l'explique la professionnelle de santé : "Tous les paramédicaux doivent être reconnus. Une ASH, par exemple, quand elle entre dans une chambre Covid, elle ne fait pas que laver une chambre. On ne peut pas être considérés comme ça."

Le cas des psychologues

Les psychologues sont particulièrement sollicités depuis la crise du Covid-19, et notamment dans les hôpitaux publics. Pourtant, ils font également partie des "oubliés du Ségur". 

En effet, la détresse psychologique est de plus en plus présente et les besoins de prise en charge et d'accompagnement psychologiques croissants, notamment auprès des adolescents qui subissent de plein fouet la crise sanitaire. 

Audrey Dahoui, qui travaille depuis 16 ans à l'hôpital public, détaille : "On est une soixantaine de psychologues au CHU de Besançon et on a jamais été autant sollicités. La direction a très peur des arrêts de travail. Ils nous sollicitent dans les services qui ne sont pas pourvus de psychologues. Le ras-le-bol, c'est un peu général pour les psy... On n'a pas été revalorisés depuis 1985."

Une grève nationale des psychologues est prévue le 10 juin, notamment concernant un accès aux soins sous prescription médicale (en savoir plus).

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