"Nous ne sommes pas condamnés à subir !": Marie-Guite Dufay, Jérôme Durain et Anne Vignot dessinent leur monde d'après

A l’initiative du Nivernais Christian Paul et du journaliste Guillaume Duval, 150 personnalités de la gauche et de l’écologie formulent une série de propositions à mettre en œuvre d’urgence. Plusieurs élus ou ex-élus de Bourgogne-Franche-Comté ont signé cette tribune.

Marie-Guite Dufay (PS), Anne Vignot (EELV), Jérôme Durain (PS)
Marie-Guite Dufay (PS), Anne Vignot (EELV), Jérôme Durain (PS) © Lionel Vadam - MaxPPP / Sébastien Bozon - AFP / JC Tardivon - MaxPPP
Des tribunes, il en paraît beaucoup. De scientifiques, d’intellectuels, d’artistes ou d’élus. Pour interpeller, exiger ou proposer. Celle publiée dans six medias et notamment dans l’Obs, qui appelle à une « convention du monde commun » n’apparaît pas, au premier abord, d’une limpidité totale.

Et pourtant, c’est une gageure de rassembler autour d’un même texte le premier secrétaire du Parti Socialiste Olivier Faure, le député européen Europe Ecologie-les Verts Yannick Jadot, le communiste Ian Brossat, les économistes Julia Cagé et Thomas Piketty, des personnalités de Génération.s, Place Publique ou encore la Gauche républicaine et socialiste.

Parmi les signataires figurent également plusieurs Bourguignons et Francs-Comtois : la présidente PS de la Région Marie-Guite Dufay, le sénateur PS de Saône-et-Loire et président du groupe majoritaire au conseil régional Jérôme Durain, l'adjointe EELV à la mairie de Besançon et tête de liste aux municipales Anne Vignot, l'ex-députée frondeuse du Doubs Barbara Romagnan (aujourd'hui à Génération.s), les anciens parlementaires de la Nièvre Gaëtan Gorce et Christian Paul.

Repenser la société et son fonctionnement

Ces personnalités entendent « profiter » de la crise pour accélérer leur réflexion et leur convergence. Ainsi listent-ils quelques propositions à la croisée du politique, du sociétal, de l’économie et de l’environnement. « Tourner la page du productivisme (…) L’impasse où nous ont conduits les politiques dominantes depuis quarante ans et le capitalisme financier exige une offensive résolue ».

Le texte met en valeur des expérimentations à succès, y compris en Bourgogne-Franche-Comté: « Il faut permettre dès maintenant à tous les territoires volontaires de mettre en œuvre la belle initiative Territoires zéro chômeur de longue durée, inspirée des expériences du mouvement associatif. »

Revalorisation des salaires, reconnaissance des métiers, financement à la hausse des EHPAD et des hôpitaux publics, rétablissement de l’ISF… sont les thèmes chers à la gauche qui s’ajoutent aux problèmes mis en avant par la crise sanitaire, comme la relocalisation au niveau français ou européen des secteurs stratégiques.

Urgence écologique

Pourquoi maintenant, à l’heure du déconfinement ?

« On vient de vivre quelque chose d’incroyable, explique Anne Vignot, adjointe au maire EELV de Besançon et candidate aux municipales. Jamais l’Etat n’avait appuyé ainsi sur le bouton « stop », mais cela a prouvé que l’on pouvait agir vite. C’est une opportunité de travailler rapidement sur une alternative politique. Un devoir. Comme pour le climat, on a repoussé l’échéance, mais on ne peut plus le faire. A quoi cela sert-il d’avoir des intellectuels, scientifiques, des groupes politiques, des associations, si on ne traduit pas cela urgemment en pensée politique ? Le risque étant que le déconfinement agisse comme un leurre, et que l’on soit tenté, comme un malade convalescent, de reprendre la même vie qu’avant. »

La réforme des institutions, totem de nombreux courants de gauche, apparaît à l’issue de la crise du Covid-19, une nécessité d’après cette tribune. « La verticalité du pouvoir fracture la société. Elle alimente l’impuissance et la défiance. C’est l’échec de la Vème République. Seule une refondation de nos institutions permettra de le dépasser »

Une tribune et après ?

La France Insoumise est absente de cette tribune (plusieurs de ses représentantes régionales, notamment la députée européenne Anne-Sophie Pelletier et la tête de liste aux municipales à Besançon Claire Arnoux, en ont signé une autre il y a quelques jours); Anne Vignot le regrette mais ne s’en étonne pas. « Au niveau national, comme à Besançon, la France Insoumise fonctionne de manière absolutiste, avec une personnalité, une pensée. Alors que nous faisons là la démonstration de la diversité. Mais il y a des gens précieux et intéressants à LFI, notamment sur l’écologie. Le partage se fera. »

Les signataires entendent rénover l’action publique et veulent organiser un grand événement, « une convention du monde commun » dans les prochains mois. Quelle forme cela prendra-t-il ? L’élan forgé dans la crise résistera-t-il aux prochaines échéances électorales ? Et les personnalités impliquées, élus ou présidents de collectivités, iront-elles au-delà d’une simple signature ? La crise sanitaire nous a appris que l’avenir se lit semaine après semaine…
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