Des associations débordées par le nombre de jeunes exilés sans protection à Besançon

Selon certaines associations, de moins en moins de jeunes exilés sont reconnus mineurs (et donc protégés) par les services de l'Etat. Débordés, les bénévoles en charge de ces jeunes s'inquiètent pour la suite. Notamment car la boutique Jeanne Antide ne distribuera plus de repas le soir après la trêve hivernale.

L'association Solidarité Migrants Réfugiés (Solmiré) avait pour habitude d'accompagner une quinzaine de jeunes exilés à Besançon. Ce nombre est subitement passé à soixante en septembre 2023.

Marion ne saurait dire si le nombre d'arrivées a augmenté ces derniers mois. "En revanche, ce qui est sur, c'est que le département refuse de plus en plus les demandes de protection", commente cette bénévole de l'association Solmiré. 

Seuls les jeunes exilés dont la minorité est reconnue par l'Etat sont pris en charge par l'Aide sociale à l'enfance. Ils sont alors considérés comme des Mineurs non accompagnés (MNA). Les autres, ceux qui ont été reconnus majeurs par le département, atterrissent souvent dans des structures d'accueil comme l'association Solmiré.

Les bénévoles sont alors débordés. "On n'est plus en capacité de traiter des dossiers supplémentaires", souffle Marion. "Les jeunes qui arrivent en ce moment ne sont pas pris en charge". 

"On cuisine de plus en plus souvent"

Depuis le mois de décembre, Marion et d'autres bénévoles préparent des repas presque tous les soirs pour les distribuer dans des centres d'hébergement et dans la rue.

Un post Instagram de l'illustratrice Louise Plantin a suscité l'intérêt de quelques Bisontins venus prêter main-forte en cuisine. Mais cela reste insuffisant, selon Marion : "On cuisine de plus en plus souvent, on n'a plus de force". 

La situation risque encore de s'aggraver après la trêve hivernale, qui se termine ce dimanche 31 mars. À partir de lundi, la boutique Jeanne Antide (une autre association bisontine) ne servira plus de repas le soir. Repas dont certains jeunes exilés pouvaient jusqu'ici bénéficier, "si tant est qu'ils arrivent assez tôt" sur les lieux, précise encore Marion.

Un dispositif d'accueil saturé au niveau national

Selon le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef), 36,5 millions de jeunes filles et garçons étaient en mouvement à travers le monde en 2021, du jamais vu depuis la Seconde Guerre mondiale.

En décembre 2023, un article du site d'information gouvernemental Vie publique reconnaissait une "saturation du dispositif de mise à l'abri" des mineurs non accompagnés en France.