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Les petites salles rock, ce supplément d'âme

Elles ne sont plus nombreuses mais les petites salles rock offrent encore au public un répertoire varié, underground, et permettent aux jeunes groupes de se frotter à la scène, loin des scènes plus classiques, plus médiatisées. 

Tisiphone, un jeune groupe lyonnais en janvier dernier aux Passagers du Zinc
Tisiphone, un jeune groupe lyonnais en janvier dernier aux Passagers du Zinc © Denis Colle

Les petites salles rockElles sont souvent sombres, petites, elles sentent parfois la bière, la sueur.... Et pourtant on s'y sent un peu comme chez soi dans ces petites salles où le rock fait encore trembler les murs et bavent des amplis empilés au fond de la scène. 

A Besançon, Ze Music All, le Bar de l'U, les Passagers du Zinc programment régulièrement des groupes, des musiciens venus de toute la France, voire de l'étranger, sans oublier les groupes locaux... Les autres café concerts se sont essoufflés, lassés de devoir se battre contre le voisinnage, touchés dans leur coeur économique après l'interdiction de fumer, concurrencés par les jeunes prodiges d'internet qui distillent de la musique sur tous les écrans, de la musique que le public peut consommer sans effort. 


Le lieu est petit mais le bar est plein

Entre ces salles, pas de concurrence, au contraire. Ze Muzic All ouvre ses portes à l'heure où les bureaux ferment, l'afterwork est devenu d'ailleurs très tendance, et le public a pris l'habitude de venir écouter un concert en prenant l'apéro. Pour les groupes, ces horaires pas très rock étaient surprenants. 

"Au début ça les angoissait, ils avaient peur de ne voir personne. Au retour des loges, ils voyaient bien que le bar était plein. Le lieu est petit mais le bar est plein"

Ensuite, il y a ceux qui restent un peu et ceux qui continuent la soirée, souvent pour aller écouter d'autres groupes, au Bar de l'U ou aux Passagers du Zinc. 


On ne peut pas débuter dans une SMAC

Sandra Rué est une ancienne batteuse, elle a longtemps tourné. C'est grâce à son réseau qu'elle propose une programmation très riche avec des groupes venus de partout y compris de l'étranger. Elle remarque qu'il y a beaucoup de demandes et finalement peu de lieux pour jouer. "On ne peut pas débuter dans une SMAC (salles de musiques actuelles), il faut des petites salles, il faut qu'on travaille en réseau".
Et puis ces salles ont un esprit rock, les conditions sont plus roots, mais il y a un vrai contact avec le public. 

" Les gens viennent pour écouter, j'ai été batteuse, dans ces salles on apprend, on sue, on se fait des ampoules, on casse des cordes" 


durée de la vidéo: 07 min 28
Sandra Rué


Prendre des risques

Si pour les groupes, ces scènes sont une chance, c'est parce que derrière ces zincs, il y a des hommes et femmes qui prennent des risques. Côté programmation, l'une des co-gérante des Passagers du Zinc, Meghane Schevenement n'est jamais sûre à 100% que les groupes à l'affiche vont marcher. 

"Y'a le coup de coeur, c'est sûr, qui joue mais on ne peut pas programmer que ce qu'on aime, il en faut pour tous les goûts, mais oui il y a le coup de coeur. J'y crois, je fonce, on peut ensuite faire la meilleure com' du monde, on ne sait jamais". 

Meghane admet que les groupes locaux attirent souvent plus de monde. Pour elle, l'important c'est de continuer dans ce créneau de la musique non commerciale. "Il y a un réseau qui existe encore en France". 

durée de la vidéo: 03 min 58
Meghane Schevenement


Underground

Parmi les fidèles des fidèles, ces petites salles peuvent compter sur Didier Judéaux. Ancien cadre à la retraite, toujours bénévole pour promouvoir de jeunes groupes, Didier est victime d'une addiction au concert. L'an passé, il en a 257, et 116 depuis le début de l'année. Pour lui, ces scènes sont les seules à offrir au public de "l'underground" et une ambiance de copains. 
durée de la vidéo: 02 min 07
Didier Judéaux

 
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