Un emploi sur cinq a disparu dans le secteur de la construction automobile en Bourgogne-Franche-Comté

L'INSEE a publié ce mardi 21 mai une étude sur l'évolution de la filière automobile en Bourgogne-Franche-Comté entre 2018 et 2022. Les emplois ont reculé, en particulier dans le secteur de la construction automobile.

Le nombre de salariés employés en Bourgogne-Franche-Comté par la filière automobile a fortement diminué en cinq ans. C'est une étude de l'INSEE, publiée ce mardi 21 mai, qui le révèle : fin 2020, 42 340 salariés travaillaient pour la filière automobile dans la région. Selon les premières données à disposition de l'institut, entre 2018 et 2022, ce chiffre a baissé de 10 %. Dans la construction automobile, une composante de la filière, l'évolution est encore plus dure : le nombre de salariés employés dans la région a diminué de 20%, où ils étaient 10 740.

L'étude mentionne la fermeture de sites importants sur cette période, comme MBF Aluminium à Saint-Claude en 2021 et de Benteler à Migennes.

Près d'un salarié sur 20

L'étude de l'INSEE met en lumière l'importance de la filière automobile dans l'économie de Bourgogne-Franche-Comté : elle représente plus d'un emploi du secteur industriel sur quatre, et un peu moins d'un salarié sur vingt (4,2%) de la région. 

Plus de la moitié des 42 340 salariés employés dans la filière fin 2020 se trouvaient dans le nord-est de la région, en Haute-Saône, dans le Territoire de Belfort et le Doubs, notamment autour des sites Stellantis et de leurs partenaires commerciaux. 

La moitié des dix plus grosses entreprises industrielles de la région appartiennent à la filière automobile : il s'agit principalement des sites de Stellantis à Vesoul et Sochaux, de Fiat Powertrain Technologies à Bourbon-Lancy et de Michelin à Blanzy. 

Le défi de l'électrique

Les spécialistes de l'INSEE estiment que cette évolution des emplois est en partie dûe au contexte économique de la filière automobile : entre 2018 et 2022, les immatriculations de véhicules neufs ont été divisées par deux. 

Mais l'institut souligne également les effets de la montée en puissance des voitures électriques dans le secteur : "les véhicules électriques nécessitent près de quatre fois moins de pièces en acier, mais d'une plus forte proportion de composants électroniques" rapporte le dossier. La fabrication de "biens intermédiaires", dont la fonderie, représentait en 2020 173 établissements et 11 710 salariés. 

Alors que la Bourgogne-Franche-Comté était la troisième région où le plus grand nombre de salariés étaient employés dans la filière automobile, ce sont aujourd'hui les Hauts-de-France qui ont pris cette place, "notamment du fait du développement de Toyota, initiateur des véhicules hybrides" commente le dossier. 

Alors que l'Union Européenne espère interdire d'ici à 2035 la vente de véhicules thermiques neufs, l'étude souligne que plus d'un salarié sur trois de la filière automobile dans la région a plus de 50 ans et sera à la retraite d'ici là. La filière va donc faire face à un défi en matière de recrutement : renouveler massivement ses effectifs, dans un secteur déjà en tension du fait du renouvellement technologique et des compétences spécifiques qu'il requiert. 

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