VIDEO. Jules César soulignait déjà l'importance stratégique de Besançon

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Écrit par Morgane Hecky

Jules César soulignait déjà l'importance de Vesontio, mais ce n'est qu'en 2001 qu'on découvre les vestiges du mur d'enceinte qui protégeaient la ville. Découvrez l'importance du Murus Gallicus dans la série "Besançon la Romanesque".

Été 2001 : à l'ombre du Pont Denfert-Rochereau de Besançon, qui ne sera baptisé Robert Schwint qu'en 2014, les travaux pour l'extension du parking des remparts dérasés battent leur plein. À l'aplomb du Doubs, les ambitieux travaux du génie civil mettent soudain au jour un curieux arrangement de ferraille et de gravats qui semble laminé par les siècles. Après quelques examens, les spécialistes sont formels : le chantier vient d'exhumer les restes d'un véritable serpent de mer de l'archéologie bisontine, rien moins que le Murus Gallicus cité par Jules César.

Cet ouvrage mythique consacre l'importance de Vesontio sur la carte des métropoles gallo-romaines : soit un mur d'enceinte de près de cinq mètres de hauteur, sur six de large, qui aurait enserré l'ensemble de la Boucle, assurant à la fois un rôle défensif impressionnant, et stabilisant les rives désormais conquises sur la rivière et ses aléas saisonniers parfois violents.

Si on connaît une quarantaine d'ouvrages du même type en Gaule romaine depuis le XIXᵉ siècle, l'exemplaire bisontin donnait du fil à retordre aux spécialistes : attesté par César lui-même, on n'avait jusque-là jamais obtenu de preuves de sa réalité.

Comme un mille-feuille élaboré au fil des millénaires d'occupation humaine, le sous-sol de Besançon avait révélé bien des trésors depuis la découverte des premières mosaïques romaines au XVIIᵉ siècle, mais l'identification du mur d'enceinte aura pris une saveur particulière à la lumière des écrits de Jules César. Un artefact archéologique venait, une fois encore, attester de la qualité quasi-scientifique des descriptions issues de ses Commentaires sur la Guerre des Gaules, un témoignage pourtant rédigé dans l'objectif initial de servir sa seule gloire.

Par ailleurs, les traces de cette construction achèveront de consacrer, aux yeux des historiens, le rôle de Vesontio en tant qu'oppidum, c'est-à-dire place forte d'importance alors sous la domination du peuple des Séquanes. À ce titre, César lui conférera une singulière importance dans sa stratégie de vassalisation des peuples du nord-est de la Gaule : c'est, bien des siècles avant Vauban et les armées du Roi-Soleil, le premier constat du rôle crucial que Besançon sera appelée à jouer au cours du temps, à la croisée des mondes germaniques, français, bourguignons, suisses et méridionaux.

Plaque tournante, espace d'échanges et de transit plutôt que verrou, Besançon trouve bien là l'une des vocations essentielles de son histoire, qui demeure alors que l'Armée de Terre reste un acteur central de l'identité bisontine au XXIᵉ siècle, et ce 2081 ans après la première visite de Jules César entre ses murs.

Pour aller plus loin 

►  L'Inrap, institut de recherches préventives en archéologie dans le cadre de chantiers de génie civile, analyse les fouilles du parking des remparts dérasés.

► A la découverte des fabuleuses collections gallo-romaines du Musée des Beaux-Arts et d'Archéologie de Besançon, fidèle reflet de la vie à Vesontio sous Jules César et ses successeurs. 

Texte d’Alexandre Perret-Gentil (Dans la Boucle productions)
Retrouvez les 10 épisodes de la série Besançon la Romanesque en intégralité sur France.tv.

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