Affaire Aurélia Varlet : L'heure de vérité ? la famille de la jeune femme reçue au ministère de l'Intérieur

Grève de la faim de Giovanni Varlet à Paris avec le soutien de son père / © France tv
Grève de la faim de Giovanni Varlet à Paris avec le soutien de son père / © France tv

La famille de la jeune femme morte en août 2013 dans le Haut-Doubs sous les balles de son ex-compagnon est reçue ce lundi 30 septembre au Ministère de l'Intérieur. Elle espère enfin savoir si le meurtrier a bénéficié de protection de la part de services de police et gendarmerie. 

Par Sophie Courageot

C'est une affaire dans l'affaire. Celle d'un féminicide survenu il y a six ans déjà. Le 14 août 2013 à la Rivière Drugeon dans le Haut-Doubs, Aurélia Varlet 32 ans est retrouvée morte dans l'appartement du couple où elle était revenue. Les corps sont découverts deux jours plus tard. Son compagnon l'a tué et retourné l'arme contre lui. Didier Grosjean 53 ans avait fait l'objet de plusieurs plaintes pour violences de la part de son ancienne compagne. Des plaintes qui ont été classées sans suites par les services de gendarmerie et de police. 

Lundi 30 septembre, la famille Varlet et son avocat Me Schwerdorffer seront donc reçus au Ministère de l'Intérieur par la directrice de cabinet de Christophe Castaner et en présence de la direction de l'IGPN  et IGGN, les deux inspections générales des corps de police et gendarmerie. Patrick et Giovanni Varlet seront présents.


La famille Varlet est persuadée que Didier Grosjean a bénéficié d'une protection des services judiciaires


La famille attend depuis des mois les résultats de l'enquête ordonnée en 2017 par Gérard Collomb, alors ministre de l'Intérieur, l'a ordonnée en 2017. Selon la famille Varlet, les conclusions de ces enquêtes sont rendues depuis le mois de mars 2019. 

Selon Giovanni Varlet, un policier a protégé Didier Grosjean. Un gendarme de Frasne a classé les plaintes"Pourquoi ? Pourquoi les forces de l'ordre n'ont-elles pas procédé à une perquisition d'armes au domicile de Didier Grosjean ?" s'interrogeait début septembre le frère d'Aurélia. L'ex-compagne de Didier Grosjean avait signalé la présence d'armes détenues illégalement à son domicile. Elle avait multiplié les signalements pour violences conjugales. Elle avait même écrit au Procureur de la République : "Il va me tuer, me laisser dans une mare de sang et se suicider ensuite". C'est ce qu'il a fait, un an plus tard. La victime, c'était Aurélia. 

"On ne sait pas ce qu'il y a dans l'enquête de l'IGPN. On sait que dans notre affaire, il y eu complaisance et protection. Et on fait face à un silence radio. Il n'y a aucune réaction de l'Etat. Pendant que nous on souffre, ces gens là, le policier et le gendarme dorment tranquilles dans leurs lits. Ils n'ont pas respecté leurs fonctions. S'ils avaient fait leur boulot, ma soeur serait toujours là" regrettre Giovanni Varlet. "On veut des réponses complètes sur ce qui s'est passé, savoir quelles sanctions sont ou seront prises, que ces personnes soient retirées de leurs fonctions. Nous cela fait six ans qu'on souffre" ajoutait-il. 


"Il y a eu impunité" dénonce l'avocat de la famille Varlet


Du côté de la défense de la famille Varlet, l'avocat Me Randall Scwherdorffer attend beaucoup de ce rendez-vous à Paris. Le ministère de la justice a reconnu dès le printemps 2015 qu'il y avait eu des dysfonctionnements dans cette affaire. "Là c'est la seconde étape, on va au ministère de l'Intérieur. Nous voulons que l'Etat reconnaissance qu'il y a eu protection de Didier Grosjean à des fins personnelles. On n'est plus dans le dysfonctionnement mais dans l'abus de pouvoir volontaire (ndlr : d'un policier) " estime l'avocat. Selon lui, "s'il n'y pas un suivi méticuleux des parquets, cela peut se reproduire. Le système juridique est fait de personnes. Il faut un oeil plus attentif sur les procédures" estime l'avocat bisontin.

Le 3 septembre 2019, le frère d'Aurélia Varlet avait entamé symboliquement une grève de la faim lors du lancement du Grenelle sur les violences conjugales. Il avait manifesté devant Matignon avec une pancarte et le portrait d'Aurélia, rencontrant plusieurs média nationaux présents sur place. La veille de sa grève de la faim, le ministère de l'Intérieur avait fixé enfin un rendez-vous à la famille qui demandait à rencontrer le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.  

Depuis six ans, la famille n'a jamais cessé de se battre pour faire reconnaître d'éventuelles responsabilités des services d'enquête dans la mort d'Aurélia. 
 
Le 14 août 2013 à la Rivière-Drugeon, dans le Haut-Doubs, Aurélia Varlet avait été tuée par son ex-compagnon / © France 3 Franche-Comté
Le 14 août 2013 à la Rivière-Drugeon, dans le Haut-Doubs, Aurélia Varlet avait été tuée par son ex-compagnon / © France 3 Franche-Comté

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