INSOLITE. “Deux secondes dans l’air et dans l’eau”, ils plongent en kayak du saut du Doubs en pleine crue hivernale

Samedi 23 janvier 2021, les conditions étaient idéales. Raphaël Urscheler et Tomas Neime deux kayakistes de l'extrême se sont offert un instant de frissons. Une chute de 25 mètres dans l’eau glaciale ! 

© Instagram Thomas Neime

lls se sont décidés au dernier moment, surveillant la crue du Doubs et son débit à la sortie des bassins du Doubs. Samedi 23 janvier, les deux hommes sont arrivés dans l’après-midi sur le site du saut du Doubs à la frontière franco-suisse. Un endroit bien connu des touristes, et des kayakistes chevronnés. 

Thomas Neime avait déjà fait le grand saut ici même en octobre 2020. “On a d’abord observé la chute pour voir si les conditions étaient bonnes, il faut au moins un débit de 70 m3 pour s’élancer” explique Raphaël Urscheler, 22 ans venu de Chambéry en Savoie. “On a embarqué juste au-dessus de la chute, c’est rapide, c’est juste 2-3 secondes en l’air. On se fait un peu secouer dans tous les sens” avoue-t-il. Mais pour ces kayakistes de l'extrême, la quête de sensation est au rendez-vous. “C’est assez particulier, on a une sensation de chute libre, ça fait une belle montée d’adrénaline” ajoute Raphaël.

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Un saut possible que par très haut débit du saut du Doubs



Le grand saut n’est possible ici que quand le Doubs devient un monstre aquatique. Il faut le débit suffisant pour que les kayakistes ne viennent pas heurter une dalle de pierres située en bas de la chute. Thomas Neime s’est élancé le premier le week-end dernier. “Avant de s’élancer, on regarde la ligne qu’on va prendre, on regarde les obstacles. Sur le saut du Doubs, on essaye de passer le plus par la droite, là où il y a le moins de rapides, pour arriver le plus sereinement sur la chute” explique le Grenoblois. “Sur ce type de chutes assez hautes, la position idéale, c’est le kayak à la verticale, on se met moins en danger en entrant ainsi dans l’eau, comme le plongeur” résume le kayakiste. 

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Thomas Neime apprécie cet endroit, il nous explique avoir été le premier à s’élancer à cet endroit. “C’est comme pour un saut en parachute, c’est avant de sauter qu’on a le plus de sensations” dit-il. Une fois dans le bouillon, c’est le grand “noir”, avant ce moment très attendu par les proches, où le petit kayak bleu remonte enfin à la surface.

Thomas Neime a fait du kayak sur les rivières du monde entier, de l’Amérique du Sud, au Pakistan ou Canada. Il rappelle à ceux qui voudraient l’imiter : “Le saut du Doubs, ce n’est pas une attraction, quand on fait ça, il faut avoir de l’expérience, des connaissances”. Ils seraient une dizaine depuis l’automne 2019 à avoir tenté le grand saut ici !. “En France, on a déjà fait pas mal de rivières, le saut du Doubs, était une nouvelle chute qui restait à ouvrir, il n’y en a plus beaucoup en France à ouvrir, c’est beaucoup de repérage en amont” ajoute Thomas Neime qui une fois de plus a pris du plaisir à plonger dans les eaux glacées du Doubs.

De son côté, Raphaël Urscheler va continuer à sillonner l’Europe entière pour découvrir chaque année de nouvelles rivières. 
 

Eggstream - les gorges de la Saine (Jura)


Raphaël Urscheler et des amis ont une chaîne YouTube “EggStream” où ils publient leurs navigations et descentes hors normes. De la République Tchèque au Tarn, aux gorges de la Saine dans le Doubs, les fondus de kayak n’ont pas froid aux yeux, pour surfer sur les plus belles rivières en crue.

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