La député LR du Doubs Annie Genevard, nouvelle numéro 2 de son parti veut "amplifier le rassemblement de la droite"

La Mortuacienne Annie Genevard, vice-présidente de l'Assemblée nationale, députée LR du Doubs, devient numéro 2 de son parti politique. Le président de LR, Christian Jacob l'a nommée en remplacement de Guillaume Peltier dans la perspective d'un rassemblement pour la présidentielle de 2022.     
Annie Genevard, la députée LR du Doubs nommée numéro 2 du parti Les Républicains.
Annie Genevard, la députée LR du Doubs nommée numéro 2 du parti Les Républicains. © Christophe Morin - maxPPP

C'est le "sens du collectif" qui a joué en faveur d'Annie Genevard, l'ancienne maire de Morteau dans le Haut-Doubs, aujourd'hui vice-présidente de l'Assemblée nationale et députée LR du Doubs. Lors du bureau politique des Républicains, réuni ce lundi 6 juillet, le président Christian Jacob a annoncé le remplacement de Guillaume Peltier à la place de numéro 2 du parti par Annie Genevard. Le député du Loir-et-Cher, Guillaume Peltier,  avait fin mai, assuré "porter les mêmes convictions que le maire de Béziers, soutien de Marine Le Pen à la présidentielle". Une éviction qui a tout d'une sanction. Un an avant la présidentielle, l'heure est au rassemblement. 

Des convictions de droite "sans tiédeur"

"Une fidèle qui tient à ses convictions": nommée mardi numéro 2 des Républicains, Annie Genevard, 64 ans, est une figure respectée à droite, dont le tempérament calme et la voix posée servent des convictions de droite "sans tiédeur". La nouvelle vice-présidente déléguée devra, aux côtés de Christian Jacob, piloter un parti sous pression à l'approche de la présidentielle alors que les querelles d'égo risquent de faire tanguer la famille de droite.

Dans cette tâche, la députée du Doubs, qui succède à Guillaume Peltier, pourra utiliser la parfaite connaissance d'un parti dont elle avait occupé le poste de secrétaire générale en 2017, sous la houlette de Laurent Wauquiez.
Cette filloniste s'était alors fait fort de "reconstruire" et "rassembler" un parti en crise, tâche à laquelle elle a continué de s'impliquer ces derniers mois lorsque, nommée à la tête du Conseil national, elle avait animé plusieurs des conventions thématiques (sur l'éducation et la culture notamment) lancées pour reconstruire un programme.

"Dire des choses fortes mais d'une façon pas polémique"    

"Dans les moment de difficulté, il ne faut pas faillir, ne pas douter, ne surtout pas attaquer les siens", affirmait en 2019 à LCP cette ancienne professeur de français attachée à "dire des choses fortes mais d'une façon pas polémique".
 

Fille de la députée du Doubs Irène Tharin, Annie Genevard est élue en 1995 conseillère municipale à Morteau sur la liste de Jean-Marie Binetruy, à qui elle succède comme maire en 2002. Elle marche à nouveau dans les pas de Jean-Marie Binetruy comme députée du Doubs en 2012, poste qu'elle occupe encore aujourd'hui.
  

Mère de deux enfants, elle assure avoir elle-même grandi dans un environnement aux opinions variées, "où on écoutait Ferrat, où on lisait Aragon", contribuant à "une forme de tolérance".
    

"Je ne peux pas détester une personne parce qu'elle ne pense pas comme moi", affirmait à LCP la députée, opposante lors du débat au mariage pour tous, hostile à la PMA pour toutes et tenante de la fermeté sur l'immigration.
    

Nommée en 2014 secrétaire nationale de l'UMP à l'animation des fédérations par Nicolas Sarkozy, puis porte-parole de LR en 2016, elle devient en 2017 secrétaire générale adjointe de LR, en tandem avec Gérald Darmanin puis Eric Ciotti.

"Ne pas hystériser les débats"    

Devenue la même année vice-présidente de l'Assemblée, celle qui se targue de "ne pas hystériser les débats" n'avait pas hésité à demander au député LFI François Ruffin, trop débraillé à son goût, de "remettre sa chemise dans le pantalon".
    

Plus récemment, Annie Genevard a accédé à une notoriété involontaire lors du dépôt d'un amendement visant à interdire les drapeaux étrangers en mairie lors des mariages, son évocation des "danses" de certaines familles "d'origine étrangère" lui valant des pointes acerbes du ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti. "Il n'a jamais été question d'interdire les danses", a-t-elle ensuite expliqué.

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