NATURE : La belle hermine dans le viseur d'un photographe du Doubs

Publié le Mis à jour le

Fabien Gréban, photographe reconnu de Franche-Comté, a fait de l'hermine l'un de ses animaux de prédilection. Discrète mais curieuse et joueuse, elle revêt au gré des saisons, une robe marron ou blanche comme la neige. L'hiver est selon lui la plus belle des saisons pour l'observer. Mais que l'on ne s'y trompe pas, malgré sa candeur apparente, elle reste un redoutable prédateur.

Vivez le Festival Interceltique : Le Festival Interceltique de Lorient 2022

Au détour d'un champ, on peut parfois avoir la chance d'observer un petit animal sortir la tête rapidement d'un terrier pour observer son territoire. Solitaire, l'hermine est présente dans tout le massif du Jura. Opportuniste, elle ne creuse pas de galeries mais utilise celles des rongeurs qu'elle chasse. Elle aime aussi se cacher dans les murets de pierres ou les vieilles souches pour se protéger des rapaces, renards et chats forestiers qui la menacent.

Fabien Gréban aime parcourir les plateaux du Haut-Doubs à la recherche du petit mustélidé originaire d'Arménie. La photo animalière est entrée dans sa vie en 2005 et s'est imposée comme une évidence. "J'essaie de capter la beauté et la fragilité pour les partager avec mes semblables. Tenter de ramener dans le monde des hommes un peu d'émotion, un peu de ce vrai qui rayonne au cœur du sauvage, pour que peut-être nous lui portions un regard plus respectueux, laisser à la nature la place qu'elle mérite" nous explique le photographe.

L'hermine est un animal à part pour le photographe animalier qui habituellement fait tout pour se dissimuler dans son environnement. Une fois qu'il l'a repéré dans une prairie, il va venir s'allonger à quelques mètres du terrier. Des heures de patience dans l'espoir d'une rencontre toujours magique.

Ainsi immobile, la belle m'accepte et poursuit son activité sans se soucier de ma présence. Parfois même, elle apparaît d'une galerie secrète à quelques centimètres de moi, comme pour me saluer ou pour vérifier si c'est bien moi. Et très vite, elle reprend sa vie d'hermine.

Fabien Gréban - Photographe animalier

L'hermine peut facilement se confondre avec une belette. Son pelage varie en fonction des saisons. A l'automne, elle va commencer à revêtir une fourrure blanche mais le bout de la queue restera toujours noir contrairement à la belette d'Europe.

A la mi-mars, avant la saison des amours, sa fourrure devient marron à l'exception du ventre qui restera blanc. Le male peut mesurer jusqu'à 37 cm et 320 grammes. La femelle, quant à elle, est toujours légèrement plus petite. Très longiligne, l'hermine aime se faufiler dans toutes les cavités qu'elle peut trouver. 

Malgré son air de petite peluche, l'hermine est un redoutable prédateur. Elle se nourrit essentiellement de petits rongeurs et plus rarement d'oiseaux, de grenouilles ou d'insectes. Elle se déplace très rapidement et son corps filiforme lui permet de capturer ses proies directement dans les terriers. Tout comme le renard, sa présence permet de réduire tout risque de pullulation de rongeurs dans les champs de Franche-Comté. Elle est un atout pour les agriculteurs.

Pour Fabien Gréban, approcher au plus près un tel animal ne peut pas laisser indifférent. "Elle est toujours hyperactive, parfois curieuse et souvent joueuse. L'hermine est extraordinairement photogénique et elle fait le bonheur de tous les photographes. Après plus de dix ans à la côtoyer, je ne m'en lasse pas". 

De retour à son atelier, le travail de post-production commence pour Fabien. Assis derrière son ordinateur, il va sélectionner parmi des centaines de clichés, les photographies qui le touchent plus particulièrement. Commence alors un travail de développement numérique. "Je fais partie des photographes qui retouche très peu les photos contrairement à certains confrères. J'aime montrer au public des clichés qui sont très proches de ce que je vois sur le terrain"

Cette passion pour l'hermine a poussé Fabien à lui donner une place de choix dans son dernier ouvrage "Gardiens des prairies". Le photographe a tenu à mettre en avant la beauté des prédateurs qui permettent l'équilibre de la biodiversité dans nos campagne franc-comtoises.

Au fil des années, le photographe a développé une attirance pour les prédateurs. "Leur élégance, leur intelligence m’émerveillent toujours autant. Même après toutes ces années, je découvre encore de nouveaux comportements, de nouvelles scènes à photographier" nous explique Fabien. Le chat forestier, si discret, en fait partie.

Mais si le photographe j'aime autant ces espèces, c'est aussi parce qu'elles sont souvent méprisées. "Cette injustice m'insupporte, j'essaie alors de rétablir la vérité en portant un regard neutre et curieux". C'est ainsi qu'il a tenu à s'investir dans la défense du renard roux au travers du Collectif Renard Doubs car il est injustement classé comme nuisible. "Un seul renard va prédater environ 5 000 campagnols à lui seul. C'est un atout pour notre agriculture en limitant les pesticides. Il permet également le limiter la propagations de la maladie de Lyme qui n'a aucun traitement à l'heure actuelle" selon Fabien. 

Dans son livre "Gardiens des prairies", l'auteur à tenu à démontrer par ses images et ses textes comment "l'hermine, le renard et le chat forestier prennent une place indispensable dans ce grand tout qu'est le monde sauvage".

Si vous souhaitez un jour, immortaliser une belle hermine en train de virevolter à quelques mètres de vous, Fabien Gréban vous propose de vous transmettre sa passion dans différents stages photographiques. 

Vous pouvez également le retrouver en exposition à la Médiathèque de Besançon du 2 au 30 avril 2022 ainsi qu'à l'Espace des mondes polaires de Prémanon le 27 mai lors d'une conférence.