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Histoires 14-18 : Eliane Stern, 9 ans, rédactrice en chef

© Collection privée Eliane Stern/Collection privée Viviane Koenig/Oskar Editeur/Pathé Gaumont
© Collection privée Eliane Stern/Collection privée Viviane Koenig/Oskar Editeur/Pathé Gaumont

Par France 3

C’est l’histoire d’une petite fille qui veut contribuer à sa manière à l’effort de guerre. En mars 1917, Eliane Stern a neuf ans. Son père est au front depuis le début de la guerre. Elle décide d’écrire un journal, non pas « intime », mais grand public : l’Etoile. Ecrit, reprographié et colorié à la main, il sera vendu tous les mois à Pontarlier au profit des soldats aveugles.

Comme beaucoup d’enfants, Eliane écrit des lettres de marraine de guerre, prépare des colis, mais elle veut faire plus. Pas pour les morts, il est trop tard, mais pour les blessés, les victimes des gaz asphyxiants, dont elle a lu les descriptions dans les journaux. Son projet éditorial s’appelle l’Etoile, pour ceux qui ne les verront plus jamais briller dans le ciel. Les textes parlent de l’avancée du front, de la vie à l’arrière, des permissions des soldats, donnent des leçons de morale « Il faut travailler beaucoup pour faire plaisir aux papas quand ils reviendront chez eux ».

Histoires 14-18 : Eliane Stern, 9 ans, rédactrice en chef
Source archives : - Collection privée Eliane Stern - Collection privée Viviane Koenig - Oskar Editeur - Pathé Gaumont  - France 3 - F. Cicolella

Evidemment la petite Eliane est soumise à la propagande, parle des Boches, rapporte qu’ils lancent du ciel des bonbons empoisonnés aux petits enfants. "On les aura" écrit-elle tout le temps. L’enfant donne aussi des conseils pratiques pour affronter les privations, comme le mode fabrication de la « marmite économique » avec de la sciure et un carton à chapeau. Ou comment planter des pommes de terre à base de pelures. Elle rend compte de ses ventes et bénéfices jusqu’au numéro de la victoire en juillet 1919.

Après guerre, Eliane Stern, met son coup de crayon au service de la mode. Elle devient styliste à Paris, crée des modèles de robes, chapeaux et bijoux. Mais « L’Etoile » qu’elle illustrait naguère, la jeune femme doit la porter sur la poitrine en 1942. Elle tentera de passer la ligne de démarcation avec ses enfants. Ils seront arrêtés et mourront à Auschwitz comme son mari et ses parents. Son journal sera retrouvé par hasard au début des années 2000 dans un placard par sa nièce, qui le publiera à son tour à destination de la jeunesse.

 

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