Histoires 14/18 : les clubs de sport dans la guerre

© Mission Centenaire/Collection privée Jean Roullot/Collection privée François Ruffin/Pathé Gaumont
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Par France 3

A l’été 1914, un million de Français sont affiliés à une société sportive, de tir ou de gymnastique. Les hommes dans la force de l’âge vont partir au combat et les clubs se vider... avant que petit à petit de plus jeunes prennent la relève, comme ici à Besançon.

En 1904, s’est créé dans la capitale comtoise, le Racing Club Franc-comtois. On pratique dans ce club omnisport l’athlétisme, le cyclisme, le Football-rugby à 15 et le football association. De 1907 à 1913, le RCFC remporte chaque année le championnat de foot de Bourgogne Franche-Comté. En 1914, 200 de ses membres sont mobilisés et tout s’arrête. Mais dès 1916, des jeunes prennent la relève et regagnent leur titre en 1917, écrasant 26 à 0 l’équipe du cercle laïque de Dijon.

Histoires 14-18 : les clubs de sport dans la guerre
Source archives : - Mission Centenaire - Collection privée Jean Roullot - Collection privée François Ruffin - Pathé Gaumont  - France 3 - F. Cicolella

Ces victoires, vus les effectifs sont anecdotiques, mais permettent de maintenir un semblant de normalité à l’arrière. Les recettes des matches sont destinées aux œuvres de bienfaisance de la ville et à l’amélioration de l’ordinaire des sportifs bisontins sous les drapeaux. Parallèlement est créée en janvier 1917, la coupe de France ouverte à tous les clubs membres des quatre fédérations du football dans le pays. On lui donne à ce moment le nom de Charles Simon, fondateur tué par un éclat d’obus près de Neuville Saint Vaast deux ans plus tôt. L’olympique, club parisien remportera la première édition en 1918.

Ainsi les clubs et les compétitions survivent-ils à l’arrière pendant cinq ans, mais la guerre est un désastre démographique et matériel pour le sport. Un français sur 5 de 18 à 35, et donc un sportif potentiel, est mort. Sans compter les multiples blessés, amputés ou atteints d’affections respiratoires. A la fin du conflit, un quart des vainqueurs du Tour de France a été tué et 20 % des Internationaux de Rugby. Il faudra bien le sursaut de vie des années folles pour redonner un potentiel athlétique du pays.





 

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