Affaire de dopage d'Ophélie Claude-Boxberger : le tribunal de Montbéliard se donne un délai pour juger Alain Flaccus

Alain Flaccus, beau-père de l'athlète Ophélie Claude-Boxberger fait l'objet d'une plainte pour empoisonnement à l'EPO de la part de l'athlète. L'audience prévue ce 2 juillet au tribunal de grande instance de Montbéliard a été renvoyée en décembre. Deux procédures se téléscopent. Explications. 
 

Ophélie Claude-Boxberger en juin 2018 au meeting de Belfort.
Ophélie Claude-Boxberger en juin 2018 au meeting de Belfort. © Lionel VADAM - maxPPP
Ni Ophélie Claude-Boxberger, ni Alain Flaccus n'étaient présents ce jeudi matin au tribunal de grande instance de Montbéliard. Seuls leurs avocats étaient présents.

La chambre correctionnelle du tribunal de Montbéliard a renvoyé cette audience pour "empoisonnement" au 17 décembre à 14 heures. 


Une enquête sur le fond à Paris, une plainte également à Montbéliard 


Dans cette rocambolesque affaire de dopage, une information judiciaire a été ouverte en novembre 2019 par le pole santé du tribunal judiciaire de Paris pour pour trafic de produits dopants et administration de substance interdite. C'est cette juridiction qui enquête sur l'affaire de dopage à l'EPO concernant l'athlète Ophélie Claude Boxberger. Tant que cette enquête est en cours, impossible d'y voir clair. Le tribunal de Grande Instance de Montbéliard a logiquement refusé de juger le volet empoisonnement, alors que l'enquête parisienne est toujours en cours, et avec des moyens importants.
 

Cette citation directe est un pur coup médiatique

Me Oeuvrard, avocat d'Alain Flaccus

A Montbéliard, ce matin, la chambre correctionnelle a demandé à Ophélie Claude-Boxberger une consignation de 5.000 euros. Elle a déposé plainte contre son beau-père, utilisant une procédure de citation directe qui vise à le faire comparaître devant le tribunal de Montbéliard sans enquête de police.    "La citation directe est une fumisterie juridique, on sait que ça ne donnera rien alors que le pôle santé du parquet de Paris a ouvert une instruction, on ne peut pas orienter de deux façons différentes l'action publique", avait dénoncé il y a quelques jours  l'avocat d'Alain Flaccus, Me Jean-Baptiste Euvrard. a réaffirmé l'avocat dans les couloirs du tribunal de Montbéliard. "Cette citation directe est un pur coup médiatique" a t-il répété ce matin. 

Le conseil d'Ophélie Claude-Boxberger estime que cette plainte pour empoisonnement avec citation directe a "un intérêt évident à faire accélérer les choses parce les procédures sont longues". "Ophélie Claude-Boxberger est toujours dans l'attente de la suspension des instances sportives, je pense que c'est ça qui lui pèse, ne pas être fixée sur son avenir sportif" ajoute l'avocat. 
 


Le beau-père Alain Flaccus dément désormais avoir injecté de l'EPO à l'athlète


Ophélie Claude-Boxberger a été contrôlée positive à l'EPO le 18 septembre 2019 lors d'un stage à Font-Romeu (Pyrénées-Orientales), juste avant sa participation aux Championnats du monde de Doha.

Ophélie Claude-Boxberger est suspendue provisoirementdepuis le 4 novembre 2019 par l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD).

Son ancien coach Alain Flaccus, 72 ans également compagnon de sa mère, qui l'assistait pour son entraînement, s'était d'abord accusé de lui avoir inoculé une dose d'EPO à son insu, pendant qu'elle s'était assoupie, le 12 septembre à Font-Romeu.


"Alain Flaccus, a royalement servi de fusible jusqu'alors" estime son avocat


Selon sa propre version, Alain Flaccus, 72 ans, expliquait avoir agi par jalousie envers le médecin de l'équipe de France Jean-Michel Serra, avec qui la demi-fondeuse de 31 ans entretient une relation sentimentale. Il espérait que les déboires de l'athlète rejailliraient sur le médecin, depuis licencié par la fédération.

Revirement de situation, il a changé le 26 juin 2020 sa version et assuré qu'il n'était "pas à l'origine de cette analyse positive à l'EPO". "Monsieur Flaccus n'a pas fait d'injection à Mme Claude-Boxberger", a  précisé son avocat Me Jean-Baptiste Euvrard. "Mon client est toujours très affecté par l'ensemble des procédures qui voient le jour, mais il me semble assez rasseréni, par le fait qu'il a enfin dit ce qu'il devait être dit dans ce dossier" ajoute l'avocat. "Tout le monde sait fort bien qu'il fallait un fusible dans cette affaire, et mon client a royalement servi de fusible jusqu'alors" lance l'avocat d'Alain Flaccus. 
  
La jeune athlète spécialiste du 3000 m steeple encourt une sanction de 4 ans pour dopage. Elle attend sa convocation à 'l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD).  Plusieurs recours contre sa suspension provisoire ont été rejetés par le Conseil d'Etat.
  



 
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