Colère des policiers : “Cela ne peut plus durer comme ça” selon Marlène, policière à Montbéliard

Marlène a 36 ans et est dans la police depuis 2003. / © Denis Colle
Marlène a 36 ans et est dans la police depuis 2003. / © Denis Colle

Alors qu'une manifestation de policiers en colère a lieu ce mercredi 2 octobre à Paris, nous avons recueilli le témoignage de Marlène, policière de 36 ans à Montbéliard. Selon elle, la situation est catastrophique. Interview.

Par France 3 Franche-Comté

"Il faut que ça change. Cela ne peut plus durer comme ça. Nos conditions sont catastrophiques." C'est en ces termes que Marlène, jeune policière de 36 ans au commissariat de Montbéliard et membre du syndicat Alliance police dans le Doubs, nous a parlé de son métier, qu'elle aime, mais qui devient de plus en plus difficile à exercer. 

En France, la colère et surtout la fatigue des forces de l'ordre n'est plus un secret et depuis quelques mois les langues se délient. Les représentants de cette profession, traditionnellement silencieux lorsqu'il s'agit d'aborder leurs conditions de travail, en ont gros sur le coeur. "On a une surcharge de travail qui ne cesse d'augmenter. Cela se ressent énormément. Certains peuvent ne pas sortir la tête de l'eau et péter les plombs, comme on dit" a expliqué Marlène, au micro de Franck Ménestret, tout en faisant allusion à la vague de suicides survenus dans la police ces derniers mois.
 

50 suicides depuis janvier


Au total, 50 policiers se sont suicidés en France depuis le 1er janvier 2019. Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a annoncé début septembre la mise en place d’un numéro vert (0805 230 405) pour tenter d’endiguer cette vague de suicides chez les policiers et a annoncé une série de mesures, "un plan d'action global", sans en préciser le contenu exact.

En plus d'une hostilité croissante à l'égard des forces de police sur le terrain, la jeune femme ayant officé à Paris et à Marseille, avant d'arriver en Franche-Comté, dénonce l'attitude de sa hiérarchie. "On a clairement le sentiment que notre hierarchie elle est déconnectée de la réalité. C'est nous qui sommes sur le terrain. On n'a clairement très peu de considération et de reconnaissance de la part de notre hierarchie. Cela se manifeste par un manque de soutien" détaille-t-elle. 

Découvrez l'interview de Marlène, par Franck Ménestret et Denis Colle : 

 
Le témoignage de Marlène, policier à Montbéliard
15 à 20 000 policiers sont attendus à Paris pour une marche de la colère. Les policiers dénoncent un manque de considération, des moyens humains et matériels largement insuffisants. Une policière du commissariat de Montbéliard et membre du syndicat Alliance a accepté de se confier sur ses conditions de travail à Franck Ménestret et Denis Colle.


 

A lire aussi

Sur le même sujet

Les + Lus