PSA : chiffre d'affaires en baisse, l'accord avec GM revu à la baisse

Chaîne de montage du groupe PSA
Chaîne de montage du groupe PSA

Sur une année, le chiffre d'affaires de PSA a diminué de 3,7% pour atteindre 12 milliards. Certains points de l'accord avec General Motors pourraient être annulés, notamment la fabrication de petites voitures.

Par Catherine Eme-Ziri

PSA a communiqué des chiffres peu rassurants concernant son chiffres d'affaires : il est en baisse de 3,7 % sur une année. Les résultats du troisième trimestre sont mauvais.

PSA Peugeot Citroën, en difficultés, pourrait réduire l'ampleur de son alliance avec l'américain General Motors, alors que les incertitudes subsistent concernant son avenir.
Le premier constructeur automobile français a profité mercredi de la publication de son chiffre d'affaires pour annoncer le "réexamen" du développement en commun d'une plateforme pour les petites voitures à faible émission de CO2.
Ceci "pourrait conduire à une révision à la baisse du montant annoncé de synergies annuelles à moyen terme", qui est d'un milliard de dollars pour chaque constructeur, selon un communiqué. La décision de poursuivre ou non ce projet "sera prise assez rapidement", a indiqué un porte-parole.
PSA assure toutefois que "de nouveaux projets sont en cours d'analyse"...
Le groupe, trop dépendant de l'Europe et qui cherche à se développer ailleurs, s'est rapproché en février 2012 de GM qui a pris 7% de son capital. Le français et l'américain ont déjà renoncé à plusieurs pistes de travail en commun.
Si leur projet dans le segment B (des petites voitures) tombait à l'eau, resteraient un programme pour des monospaces de taille moyenne (segment C) et un autre pour des petits monospaces, qui seront produits dans l'usine GM à Saragosse en Espagne, en plus de leur coentreprise pour les achats.

Cette annonce n'a rien à voir avec l'éventualité d'une arrivée du chinois Dongfeng au capital de PSA, a assuré son directeur financier Jean-Baptiste de Chatillon lors d'une conférence d'analystes. La presse parle d'une possible augmentation de capital de 2,5 à 3 milliards d'euros, qui serait souscrite par son partenaire chinois et l'Etat français. "Nous ne voyons aucune interférence" entre le travail avec Dongfeng et d'autres coopérations, a dit le directeur financier.
Il a répété que PSA était prêt à renforcer son partenariat avec Dongfeng et qu'il réfléchit par exemple à "exporter des voitures depuis la Chine vers d'autres pays asiatiques", mais n'a pas évoqué de liens capitalistiques.
En revanche, un analyste, sous couvert d'anonymat l'affirme : "L'entrée du chinois Dongfeng peut remettre en cause l'accord conclu avec GM."

De nouveaux modèles attendus

PSA a encore souffert au troisième trimestre. Son chiffre d'affaires a reculé de 3,7% sur un an à 12,1 milliards d'euros sur la période, et de 3,8% à 39,8 milliards sur les neuf premiers mois de l'année.
Les ventes de sa division auto, la plus importante, a baissé de 5,8% à 8 milliards et celui de sa filiale bancaire de 5,1%. Seul l'équipementier automobile Faurecia, dont il détient environ 57%, résiste avec un chiffre d'affaires quasi-stable (+0,8%).
Ses ventes reculent aussi en Amérique latine et en Russie et l'impact négatif des taux de change est important. En revanche, il fait toujours mieux que le marché en Chine et sa part de marché s'élevait à 3,7% à fin septembre.
Le groupe a quand même maintenu ses prévisions: il compte réduire sa consommation de liquidités au moins de moitié cette année puis de manière "très significative" en 2014. 

PSA a réitéré son objectif de réaliser 1,5 milliard d'euros d'économies à l'horizon 2015 grâce à une bonne gestion de ses dépenses d'investissement (Capex), sa restructuration et son alliance avec General Motors. Il est ainsi en bonne voie pour adopter un nouveau contrat social, après le feu vert donné par quatre syndicats.
"Nous visons une part de marché plus importante en Europe au quatrième trimestre qu'au troisième", grâce à des nouveautés comme la Peugeot 2008 et le nouveau Citroën C4 Picasso, a rappelé M. de Chatillon. Sur les neuf premiers mois de l'année, sa part de marché est passée à 11,9% contre encore 12,7% en 2012.

(AFP)

Sur le même sujet

Les + Lus