"Belle vision de la région et de ses caractères" : 50 ans des "Granges Brûlées", retour dans le Haut-Doubs sur les lieux du film

Alain Delon et Simone Signoret de passage en Franche-Comté ? Oui, cela est réellement arrivé. Les deux stars jouaient dans les Granges Brûlées, un film tourné dans le Haut-Doubs, en 1972. Retour sur les lieux de tournage, 50 ans après.

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Le corps sans vie d'une femme poignardée découvert, près d'une ferme du Haut-Doubs... C'est l'intrigue du film les Granges Brûlées, sorti en 1973. Il y a un peu plus de 50 ans, la Franche-Comté et plus particulièrement le Haut-Doubs ont servi de décor à cette œuvre. Elle avait été réalisée par Jean Chapot et Alain Delon lui-même. L’acteur français a donné la réplique à Simone Signoret, sur fond de paysages enneigés et de ferme isolée. En 2022, les lieux de tournage n’ont quasiment pas changé.

L'esprit du film toujours présent

Nous sommes au-dessus de Pontarlier (Doubs). À 1 200 mètres d’altitude, une sensation de mystère plane toujours. Il y a 50 ans, c’est ici que le juge d’instruction Pierre Larcher alias Alain Delon, vient enquêter sur le meurtre d’une femme, non loin des Granges Brulées. À cet endroit, c’était le lieu de résidence de la famille de Rose, interprétée par Simone Signoret.

Des souvenirs fortement ancrés dans la mémoire de Pierre Jouille. L’homme avait servi de repéreur pour l'équipe de tournage. "Ici, on peut voir la porte d’entrée et toutes les habitations", indique-t-il en pointant le bâtiment rendu célèbre par ce film. "Il y avait une grande cuisine qui était là et les chambres étaient plus loin, si je me souviens bien. C’était sur toute cette façade-là que la famille de Simone Signoret habitait", ajoute-t-il. 

Un endroit soigneusement choisi, grâce à lui : "Jean Chapot, l’un des réalisateurs, disait que c’était le décor idéal. Il était primordial que la maison soit dans la neige. C’était une caractéristique rattachée à l’un des personnages principaux du film. Il fallait aussi que la maison soit libre, parce que je pense que les paysans qui étaient sur place devaient être gênés par le tournage". Une recette gagnante : le film attire plus de 900 000 spectateurs, rien qu’en France. Ce qui est assez impressionnant, à l’époque.

Une vitrine pour la région

Pour les cinéphiles, il s’agit d’un film comme on ne sait plus en faire. C’est ce que pense par exemple Claude Bertin-Denis. Il est président du centre de ressources iconographiques pour le cinéma des amis du musée de Pontarlier. D’après lui, l’affiche des Granges Brulées présente déjà un caractère exceptionnel : "Je vais vous montrer d’abord l’affiche française de cette œuvre. Elle est assez significative, je trouve qu’elle donne une belle vision de notre région, de ses caractères, mais aussi de la place de la femme, du matriarcat dominant. C’est un film qui est à mon sens très en avance sur son temps."

Les habitants de Pontarlier (Doubs) se souviennent aussi du tournage. Beaucoup d’entre eux étaient figurants. Il en veut encore pour preuve, l'affiche du film. "C’est la découverte du corps de cette femme dans la neige, avec les gendarmes qui sont là. Là aussi, il y a toute la brigade de gendarmerie de Pontarlier", ajoute Claude Bertin-Denis. Le long-métrage marque encore jusqu'à aujourd'hui les amoureux du cinéma, d'autant que sa bande-son avait été réalisée par le célèbre compositeur français Jean-Michel Jarre

Reportage avec Fleur de Boer