Ostéopathe soupçonné de viols et agression sexuelle à Pontarlier : le parquet lance un appel aux potentielles victimes

La police de Pontarlier et le parquet de Besançon lancent un appel à témoins pour savoir s'il existe d'autres potentielles victimes d'un jeune ostéopathe pontissalien, soupçonné de viols et agression sexuelle durant des séances de soins. 

Etiennne Manteaux, procureur de la république de Besançon, et le commandant Trousseau, chef du commissariat de Pontarlier, ont souhaité convoquer la presse ce jeudi 7 janvier 2021 afin d'aborder la mise en examen d'un ostéopathe de 29 ans, non titulaire d'un diplôme de médecine, exerçant sur Pontarlier dans le Haut-Doubs. Ce dernier est soupçonné d'avoir agressé sexuellement une femme et violé deux autres, alors qu'il réalisait des soins sur ces dernières. 

Les premiers faits rapportés au commissariat de Pontarlier datent de juillet 2020. "Une femme âgée de 40 ans explique avoir consulté plusieurs fois ce professionnel diplômé en 2016, sans problème, mais lors d'une séance le 22 juillet, elle a ressenti un acte de pénétration vaginale, avec les doigts, lors d'une manipulation de l'ostéopathe" détaille Etienne Manteaux. 

Cette pénétration digitale a placé la plaignante dans un état de sidération total, selon ses mots. Cette dernière n'a pu exprimer son choc au professionnel et c'est deux jours plus tard, après avoir pris pleinement conscience de ce qu'elle venait de subir, qu'elle est allée porter plainte. 

Il conteste les faits de pénétration

Convoqué par la police, le jeune ostéopathe, dont c'était le premier poste, conteste alors les faits de pénétration. "Il explique qu'il a, dans un cadre thérapeuthique, procédé à des appuis au niveau du périné entre la zone vaginale et anale" explique le procureur de Besançon.

Le commissariat procède alors à des auditions complémentaires puis clôture l'enquête, dans l'attente du passage du mis en cause, jusqu'alors inconnu des services de police, devant un juge. "A ce moment-là, nous sommes sur un dossier complexe d'une parole de victime contestée par le mis en cause. Des éléments nouveaux apparaissent..." énumère le procureur de la République de Besançon.

Interviennent alors les plaintes successives de deux autres femmes, quelques mois suivants. Une deuxième Franc-Comtoise, rapporte avoir subi une agression sexuelle, en décembre 2020, après avoir, comme la première plaignante, consulté plusieurs fois cet ostéopathe, sans remarquer le moindre problème. Elle explique aux enquêteurs avoir subi, lors de la dernière séance, des caresses marquées au niveau du pubis.

Une troisième femme, âgée de 53 ans, accuse ce même ostéopathe de l'avoir pénétrée avec les doigts, en octobre 2020, dans le cadre d'une séance qui démarre normalement et qui se termine par un acte d'introduction.

"On mesure à travers les auditions de ses plaignantes combien il y a un rapport d'autorité entre l'ostéopathe et ses patientes. C'est un professionnel en qui elles avaient confiance. De ce fait, elles ne se sont pas senties en capacité de dire stop" précise Etienne Manteaux, qui encourage de potentielles victimes à se manifester auprès du commissariat de Pontarlier. 

L'ostéopathe risque 20 ans de prison pour viols et agression sexuelle, en raison notamment d'une circonstance agravante : il agissait en temps que personne ayant l'autorité. 

Aucun recueil de consentement 

Les ostéopathes médecins, et uniquement médecins, pouvaient être formés il y a quelques années à des manipulations nécessitant une pénétration, notamment dans le cas de fracture du coccyx. "Seul un médecin ostéopathe peut le pratiquer, si préalablement, il a recueilli le consentement éclairé de son patient" explique Etienne Manteaux. 

Dans cette affaire, le mis en cause reconnaît ne pas avoir reccueilli le consentement de ses patientes avant de pratiquer, selon lui, des appuis près des parties génitales. Il conteste avoir pénétré ses patientes. 

En médiatisant cette affaire, le parquet de Besançon et le commissariat de Pontarlier souhaitent connaître, si elles existent, d'autres potentielles victimes de cet ostéopathe dont le procureur ne souhaite pas divulguer l'identité, exerçant dans un cabinet regroupant trois professionnels. 

"Si d'autres personnes ont eu ou ont à se plaindre d'actes qu'elles considèrent ayant une connotation sexuelle, qu'elles se manifestent auprès du commissariat de Pontarlier. Nous sommes intéressés à savoir s'il y a d'autres plaignants ou non" conclut Etienne Manteaux.

Le numéro du commissariat de Pontarlier à contacter est le suivant : 03.81.38.51.10. 

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