Rachida Dati, ministre de la Culture : "Sa nomination au gouvernement ? C’est juste un effet marketing" dénonce un député LR

C'est la grosse surprise du gouvernement de Gabriel Attal : Rachida Dati devient ministre de la Culture. Les parlementaires Républicains de Franche-Comté jugent sévèrement l'ancienne ministre de la Justice de Nicolas Sarkozy qui a été exclue des LR.

Rachida Dati n’a jamais fait l’unanimité dans les rangs des Républicains, loin de là. "Rachida est une femme très libre" juge Marie-Christine Dalloz, députée LR du Jura. Tous ses « collègues » des Républicains la qualifient de « forte personnalité » et elle est même jugée « clivante » par Annie Genevard députée LR de la 5e circonscription du Doubs et numéro 2 des Républicains.

Justine Gruet, autre députée LR du Jura, résume les différentes appréciations : "Rachida Dati est une forte personnalité connue des Français pour sa liberté de parole."

Rachida Dati a fait passer son ambition personnelle avant ses convictions.

Ian Boucard, député LR du Territoire de Belfort

Ian Boucard, lui, ose dire qu’il est « déçu » par l’attitude de la maire du 7e arrondissement de Paris. Le député du Territoire de Belfort explique : "Je suis extraordinairement déçu. Je pensais que c’était une femme de convictions. Il n’y a pas si longtemps, elle expliquait ce qu’il y avait de différent entre la Macronie et nous (Les Républicains). Je l’aimais bien parce qu'elle incarnait, pour moi, la méritocratie à laquelle je suis très attaché. Sa nomination au gouvernement ? C’est juste un effet marketing. On ne parle que d’elle ! »

"Un coup de communication"

"Effet marketing" pour Ian Boucard. "Un coup politique comme les affectionne le président de la République" pour Annie Genevard. "Dati, c’est de la com, que de la com ! D’ailleurs on a affaire à une gouvernance de la com !" assène Cédric Perrin, le sénateur du Territoire de Belfort qui avoue n’avoir "jamais été très fan de Rachida Dati."

Tous insistent sur un point : il s’agit d’un choix personnel. "Je le respecte" avance Marie-Christine Dalloz." Dire que pour nous, Les Républicains, c’est une bonne nouvelle, ce serait mentir. On le regrette" avoue Annie Genevard.

Les parlementaires Républicains insistent tous sur les motivations de l’ancienne ministre de la Justice de Nicolas Sarkozy : elle aurait reçu l’assurance d’être la candidate de la majorité présidentielle à la mairie de Paris, lors des prochaines élections, en 2026. Cédric Perrin est sanglant : "Paris vaut bien une messe !". Il reprend la déclaration de Henry IV qui s'était converti au catholicisme pour monter sur le trône de France.

Annie Genevard, numéro 2 des Républicains, doute de cette promesse qui lui aurait été faite par Emmanuel Macron en personne.

Et certains voient derrière ce qui a été qualifié de « prise de guerre », la main de Nicolas Sakozy. L’ancien président et l’actuel locataire de l’Élysée s’entendent très bien. Rachida Dati reste l’une des fidèles de Nicolas Sakozy. Sanglant également, Ian Boucard : " Les débauchages individuels continuent. Cette génération, qui a mal vécu l’échec de Nicolas Sarkozy, prend de l’âge. C’était certainement l’une des dernières chances de redevenir ministre. Cela fait le ménage un peu plus tôt."

Éric Ciotti, sans autre décision possible

Tous sont unanimes : Éric Ciotti, le patron de LR, n’avait pas d’autre solution que d’exclure Rachida Dati de son parti. Marie-Christine Dalloz l’affirme : "On ne peut pas avoir un pied dans le gouvernement et un autre aux LR."

Rachida Dati a été évincée de LR en toute logique

Marie-Christine Dalloz, députée LR du Jura

Même avis pour le sénateur Cédric Perrin : " Éric Ciotti n’avait pas trop le choix. Un parti, il est dans l’opposition ou dans la majorité."

Mais aucun ne s’inquiète, officiellement, pour l'avenir de leur formation Les Républicains, ils ne craignent aucune "incidence" selon Marie-Christine Dalloz. Juste de remplacer Rachida Dati au poste de présidente du comité stratégique, où elle avait succédé à une certaine… Annie Genevard.

Annie Genevard, d’ailleurs, justifie la décision prise par le N°1 des LR : "Le Rassemblement National nous accuse de collusion avec Emmanuel Macron. Cette clarification était indispensable à la veille des élections européennes."

Cédric Perrin, sénateur du Territoire de Belfort voit plus loin : "C’était inévitable pour éviter les conséquences catastrophiques pour 2027."

Marie-Christine Dalloz, dans le Jura renchérit : "Avec les deux poussées très fortes de l’extrême gauche et de l’extrême droite, l’espace est tellement faible entre la Macronie et LR, que le grand amalgame est en route entre eux et nous. Mais nous sommes toujours dans l’opposition au camp présidentiel ! "

Aucun n’envisage la disparition de leur parti, vidé de ses cadres par Emmanuel Macron depuis plusieurs années maintenant. Étaient Républicains, quelques poids lourds du gouvernement, reconduits dans leurs fonctions respectives cette semaine comme Bruno Le Maire, Gérald Darmanin ou encore Sébastien Lecornu…

Un constat qui fait dire à Annie Genevard, avec un sourire : "Cette nomination confirme que nous, les Républicains, nous sommes le pivot de la vie politique française."