Sécheresse : « Il ne faut plus entrer dans l’eau ! » alertent les associations de pêcheurs

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Peu d’eau et des poissons en détresse, les associations de pêche demandent au préfet du Doubs d’interdire d’entrer dans l’eau, déjà pour protéger les poissons qui souffrent dangereusement de cette situation.

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« L’eau est non seulement basse mais, en plus, très chaude : les poissons sont stressés. » Gérard Mougin est inquiet. Ancien président de la fédération de pêche du Doubs, il tire la sonnette d’alarme.

Pour lui, la solution est simple : 

 Il faut interdire aux baigneurs et aux pêcheurs d’entrer dans l’eau, pour le bien-être des poissons. 

Gérard Mougin, président de l'association de pêche Doubs-Dessoubre

C’est la raison pour laquelle il a écrit au préfet du Doubs.

Il est maintenant le président de l’AAPPMA des 2 Vallées (Doubs et Dessoubre). AAPPMA signifie : Association Agrée pour la Pêche et la Protection des Milieux Aquatiques. Gérard explique :« Et en ce moment, je peux vous dire, on ne pêche plus mais on s’occupe de la protection des milieux aquatiques, on ne fait même plus que ça ! »

 Interdire l'entrée dans l'eau pour protéger les poissons

Jean-François Colombet, le préfet du Doubs, décidera-t-il d’interdire l’entrée dans l’eau ? En 2003, l’autre année de référence d’une période de sécheresse, le préfet de l’époque avait pris la décision demandée par les pêcheurs.

Cette année, les présidents des autres secteurs de pêche, comme par exemple sur le Cusancin ou la Loue, le souhaitent également. Interdire l’entrée dans l’eau serait donc la suppression des baignades et les rares pêcheurs resteraient sur les berges. Et ils pourraient même pratiquer le « no-kill », c’est-à-dire le « non-mort » en remettant le poisson à l’eau après l’avoir pêché.

Accessoirement, les « braconniers », ceux qui pêchent à la main, pratique interdite, pourraient être verbalisés par les gendarmes. Actuellement, les gendarmes font bien quelques rondes mais difficile pour eux de prendre quelqu’un sur le fait puisque l’indélicat peut toujours dire qu’il se trempe dans la rivière !

Interdire d’entrer dans l’eau : la solution facile et qui ne coûte rien. Gérard Mougin poursuit : « On met beaucoup d’argent dans la protection des rivières comme par exemple pour la continuité écologique, c’est très bien. Là, cette interdiction ne coûterait rien et pourrait vraiment protéger le milieu. C’est dommage ! »

Des étiages partout proches des records

Oui, l’heure est grave pour les cours d’eau dans nos rivières. Le président de l’association de pêche conseille même de se rendre sur le site gouvernemental Hydroreel pour prendre conscience de la situation.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : ce lundi 8 août, à la station de Glère, le Doubs coule au débit de 3,4 m3 par seconde. Pas un record mais en juillet 2003, il était à 4,62 m3/s. Autre période de sécheresse : 2018. Là, le Doubs a atteint son débit le plus faible : 3,21 m3/s mais c’était en octobre. (Attention, des barrages plus ou moins ouverts peuvent fausser ces données, donc, elles sont à prendre avec précaution.)

Autre exemple : le Dessoubre, affluent du Doubs. A Saint-Hyppolite, ce lundi 8 août, il coule à 0,8 m3/s. Pas loin des records d’étiage : 0,74 en août 2003 et 0,6 en octobre 2018…

Des pancartes pour alerter les éventuels baigneurs

 

Action concrète de Gérard Mougin : afficher des pancartes pour mettre en garde les éventuels baigneurs. Il leur recommande de ne pas s’aventurer dans l’eau, pour protéger « les poissons stressés » mais également à cause des risques de cyanobactéries, ni eux ni leurs animaux de compagnie, chiens ou chats. La baignade et les activités nautiques sont interdites à Ornans et dans l’aval de la Loue à cause de cette pollution.

Gérard Mougin insiste : « 

C’est une décision de bon sens et urgente ! Le préfet peut toujours la prendre et la lever si des orages apportent de l’eau dans les rivières. Mais, la pluie, ce n’est pas pour tout de suite…

Gérard Mougin, président de l'association de pêche Doubs-Dessoubre

 

Mardi 9 août, une conférence de presse du préfet du Doubs aura lieu en préfecture de Besançon. De nouvelles restrictions d’usage de l’eau devraient être annoncées pour tous les utilisateurs : collectivités,, entreprises, agriculteurs et particuliers.

On saura si le cri d’alarme lancé par les pêcheurs des cours d’eau du département aura été entendu.

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