VIDÉO. "On ne peut pas se cacher, c'est vraiment comme si on était nu" : Laura Cahen et Marie-Alice Ottmann en concerts acoustiques à Besançon

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Habituée d'ordinaire à la musique électro et au rock, La Rodia est passée en mode acoustique et a proposé deux concerts "débranchés" avec Laura Cahen et Marie-Alice Ottemann. ©E. Deshayes / D. Martin / T. Bole / J. Gutleben / A. Catherine

Deux chanteuses pour une rencontre en toute simplicité. Laura Cahen et Marie-Alice Ottmann se sont "débranchées" pour des concerts acoustiques inédits à La Rodia, à Besançon (Doubs) ce jeudi 8 février 2024. Une soirée insolite organisée en partenariat avec le festival "Faites Moins de Bruit" qui aura lieu les 3, 4 et 5 mai dans la capitale franc-comtoise.

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"Bonsoir, je m'appelle Laura, Laura Cahen mais Laura, ça me va."  Elle se présente à son public en toute simplicité. La chanteuse de 33 ans a fait le voyage, seule, pour ce concert étonnant jeudi 8 février 2024 à Besançon (Doubs). Seule avec sa guitare pour ce "set" acoustique inédit à La Rodia. "C'est le dernier concert de ma tournée et c'est marrant de finir comme ça, ici, sans rien, explique-t-elle aux spectateurs, installés avec elle au milieu de la salle. C'est comme un retour au début et c'est pas mal. Comme ça, la boucle est bouclée et je suis vraiment contente de faire ça avec vous."

"Sans artifices, sans rien"

Ils sont quelques dizaines seulement à profiter de ce concert "unplugged", "débranché" en français. L'auteure-compositrice-interprète enchaîne les titres. Sans micro, ni ampli. Pas un murmure autour d'elle. "Il n'y a pas la barrière de la scène, ça ne raconte pas la même chose, ce n'est pas la même histoire, confie-t-elle à France 3 Franche-Comté. Là, on est vraiment comme au moment où j'ai écrit les chansons, chez moi, comme si on venait au moment de la création. C'est ce que j'ai envie de retrouver ici. Je suis super contente de faire ça, j'adore !" Ce n'est pas une première pour la jeune Nancéienne, mais c'est toujours pour elle un vrai challenge.

On n'a pas d'aide, on n'a pas d'effets non plus, on ne peut pas mettre une réverb' sur la voix ou sur la guitare. On est sans artifices, sans rien, on ne peut pas se cacher. C'est vraiment comme si on était nu. C'est plus difficile forcément. Il n'y a plus aucun masque finalement.

Laura Cahen, auteure-compositrice-interprète.

"Une expérience assez incroyable"

Marie-Alice Ottmann n'avait jamais eu l'occasion ou osé relever ce défi jusqu'ici. Même si la comédienne bisontine a l'habitude du théâtre. À 41 ans, elle a signé l'an passé son premier album intitulé "Evidence" et déjà donné de nombreux concerts. Mais jamais celui-là. Sur le plateau, avec les spectateurs, dos à une salle vide. Un concert qu'elle a soigneusement préparé et répété avec ses complices, Fred Maggi au piano et Pauline Busetto au violoncelle.

Il y a un engagement supérieur à d'habitude, corporel, dans la respiration, dans la présence scénique certainement. Je trouve que c'est une expérience assez incroyable ! Je n'avais pas bien compris le challenge que ça représentait mais je trouve que c'est une belle occasion pour les artistes de venir assumer leurs créations.

Marie-Alice Ottmann, chanteuse originaire de Besançon (Doubs).

Les "Insolites" de La Rodia

Pari réussi donc pour David Demange. Le directeur de La Rodia rêvait de cette soirée "insolite" dans ce lieu qui aime plutôt l'électrique, l'électro, les basses et les décibels. "C'est vrai qu'on est un peu à contre-emploi avec des concerts débranchés dans le temple de l'amplification, sourit-il. Mais en même temps, on est dans le temple des artistes aussi."

On est dans un endroit où doit résonner la musique et quelle plus belle résonnance que celle qui est uniquement acoustique. Pour nous, c'est une façon de retrouver une proximité avec les artistes et de proposer au public une expérience un peu différente.

David Demange, directeur de La Rodia.

Une contre programmation qui s'inscrit dans le cadre des "Insolites" de La Rodia qui a déjà proposé un concert en piscine et qui réserve bien d'autres surprises au public dans les mois qui viennent.

"Faites moins de Bruit"

Ces deux concerts simultanés ont été organisés avec toute l'équipe de "Faites Moins de Bruit". Un premier temps, comme un prélude à la 6ᵉ édition du festival des musiques débranchées, lancé en 2017, et qui se déroulera du 3 au 5 mai 2024 au Scénacle, toujours à Besançon (Doubs).

"C'est un festival où l'on vient aussi écouter les silences parce que les silences sont aussi vachement appréciables dans la musique, assure Stéphane Rabbe, fondateur et directeur du festival. Et c'est bien qu'on fasse aussi un peu de bruit autour de ce festival qui fait moins de bruit lui-même !" Le programme définitif sera dévoilé le 27 mars prochain au Cabanon, avec un nouveau concert en prime. Quelques noms sont déjà lâchés : les Franciliens du Danny Buckton Trio ou encore le groupe folk américain Sweet Potato Vine. Et Stéphane Rabbe est le premier à saluer le courage des artistes qui se prêtent au jeu.

Ils ne se planquent pas derrière mais le micro, c'est une espèce de mur entre le public et le chanteur. Et là, d'un seul coup, il n'y a plus rien. C'est déstabilisant. Au départ, ils ne se rendent pas toujours compte. Certains se préparent, d'autres moins. Mais on sent qu'il y a une fragilité qui apporte beaucoup plus d'émotion et qui amènent plus d'échanges avec le public.

Stéphane Rabbe, fondateur et directeur du festival "Faites Moins de Bruit" (FMdB).

À la sortie, en tous les cas, les spectateurs, eux, ne s'y trompent pas. "Ne pas avoir le micro, oui, cela rajoute un truc assez intimiste", avance celui-ci. "C'est intéressant, inhabituel, avoue un autre, cela met un peu les artistes en danger quand même." Et une dernière spectatrice de conclure : "Si on respire un peu trop fort, ils vont l'entendre, et puis, eux, s'ils font un faux pas, on va le sentir aussi, il y a une petite fragilité tout le temps et c'est génial !" À bon entendeur...

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