Francs-Comtois d'ailleurs : César, expatrié au Vietnam et amoureux du Delta du Mékong

César en train de naviguer sur le Mékong, au Vietnam. / © gomekongevasion.com
César en train de naviguer sur le Mékong, au Vietnam. / © gomekongevasion.com

En 2018, France 3 Franche-Comté vous propose de faire la connaissance de Francs-Comtois d'ailleurs. lls ont décidé de s'éloigner de leur terre natale pour vivre des aventures hors du commun. Découvrez l'histoire de César, notre Franc-Comtois expatrié au Vietnam.

Par Sarah Rebouh

Enseignant, cuisinier ou encore entrepreneur... Ils n'ont pas hésité à tout quitter pour vivre leurs rêves. C'est le cas de César, originaire de Sancey-le-Grand, dans le Doubs. Ce dernier a tout quitté après un voyage révélateur le long du Delta du Mékong au Vietnam, en 2012. L'ancien coiffeur propriétaire de son propre salon s'en souvient bien : "Je suis tombé amoureux du Delta du Mékong. Son peuple, sa vie simple et la beauté des paysages m'ont conquis. À mon retour en France, j'ai bousculé mes certitudes."

Il s'installe alors dans le plus grande ville du pays, Hô-Chi-Minh-Ville (Saigon) et crée l'agence de voyage Go-Mékong-Evasion. Son pari : emmener les voyageurs là où aucune agence ne choisit de s'aventurer, pour découvrir ce magnifique pays et "vivre des moments d'humanité, juste avec les yeux et le coeur, le temps d'un instant." 


"20 ans à tourner autour d’un siège [de salon de coiffure], après c’est ta tête qui tourne. Envie de liberté surtout de changement. Le Vietnam je m'y sens chez moi. J'y ressens une liberté unique et un peu plus d'espoir en l'humanité qu'autre part. Je connais très peu de monde qui n'ont pas été profondément touchés par ce pays et son peuple" nous explique plein d'enthousiasme César.

La découverte de la culture vietnamienne et d'un nouveau continent a libéré son âme d'aventurier. "J’ai laissé à la maison mes préjugés, bousculer mes certitudes, me suis laissé imprégner des bénéfices d’un voyage, forcé le destin. En un mot OSER" témoigne le Franc-Comtois qui a pris conscience grâce à ce choix que "tout est possible". César a voulu réveiller ses sens, fuir l'uniformisation de la société et repartir à zéro après des problèmes familiaux. Cette volonté sans faille et l'aboutissement de ses rêves lui ont permis de reprendre confiance en lui. 

César, entouré d'enfants vietnamiens. / © gomekongevasion.com
César, entouré d'enfants vietnamiens. / © gomekongevasion.com

 

Vivre avec 180 euros par mois


Après "avoir tout perdu" en France, il recommence sa vie au Vietnam avec 180 euros par mois. "La vie étant moins cher au Vietnam, c'était jouable. Je logeais dans une chambre de 20 m², dormais sur une natte en bois et mangeait du riz tous les jours, aucun superflu" détaille-t-il. Loin de sa zone de confort, il réussit à faire naître l'agence de voyage Go-Mékong-Evasion, pour partager sa passion et faire découvrir l'endroit dont il est tombé amoureux. Désormais, son activité professionnelle lui permet de vivre confortablement, dans un pays où le coût de la vie est faible. Il a même l'intention d'ouvrir des chambres d'hôtes "avec en fond un projet de coopération afin d’éveiller la population du delta à un comportement responsable écologique."

Au Vietnam, il a découvert le peuple du Mékong et a même rencontré l'amour. Sa femme, Phuong, vient du Delta. "Ils m’ont enseigné leurs codes, leur culture, leur façon de vivre. Nous avons appris ensemble à ne pas avoir peur de nos différences et à les accepter" explique le professionnel du tourisme. 

César et sa femme Phuong. / © gomekongevasion.com
César et sa femme Phuong. / © gomekongevasion.com

 

Comté et Morteau


La Franche-Comté, César ne l'oublie pas pour autant. Il revient régulièrement en France pour voir son fils âgé de 9 ans et son père. "La rareté fait l’intensité. Chaque retrouvaille est exacerbée par le manque des mois passés loin les uns et des autres" confie le Franc-Comtois. Il continue à s'informer sur les actualités du Doubs et comme beaucoup d'expatriés, il n'hésite pas à citer le comté et la saucisse de Morteau parmi les choses qui lui manquent le plus. 

Les anecdotes vietnamiennes de César :

► "Un jour, je me fais arrêter par la police locale avec ma moto plus que mal en point. En prime je téléphonais en conduisant. Le policier me demande de payer 700 00 Dong (30 euros). Je fais mine de ne rien comprendre, je joue au touriste ébahi. Il insiste. Il tente l’intimidation en me disant clairement en vietnamien « je vais confisquer ta moto » : je fais une tête encore plus perdue. Il se passe 15 à 20 minutes de palabres et d’échanges de regards au bout desquels il perd patience et me dit de partir. A ce moment très précis, je comprends parfaitement et lui réponds en Vietnamien « merci pour votre gentillesse », en lui glissant 100 000 dong en guise de dédommagement pour le temps perdu."

► "J’étais en balade au milieu des plantations avec un groupe de Besançon. Nous rencontrons en pleine nature des ouvriers en pause. Ils nous invitent chaleureusement à boire le traditionnel alcool de riz local et partager leur repas. Mes voyageurs unanimement apprécient et savourent. Je m’écarte du cercle convivial pour approcher la cuisine improvisée, je regarde dans la casserole bouillonnant sur le feu et je découvre la tête d’un fidèle ami à quatre pattes (un chien) ainsi que des vers de bois et souris grillées. Je n’ai jamais dit à mes clients ce qu’ils avaient savouré et aimé."

Vous êtes franc-comtois et vivez à l'étranger ? Vous souhaitez nous raconter votre histoire et faire partie de notre série "Francs-Comtois d'ailleurs" ? Écrivez à sarah.rebouh[@]francetv.fr.


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