Haute-Saône : à Gray, colère contre la fermeture des urgences de l'hôpital pendant plusieurs nuits de l'été 2021

Publié le Mis à jour le
Écrit par Toky Nirhy-Lanto (avec Aurore Briffod)

Les urgences de l'hôpital de Gray, au sud-ouest de Vesoul, ferment pendant six nuits en juillet 2021. La cause, c'est la pénurie de médecins durant les vacances d'été. Cette fermeture ponctuelle, une première pour l'établissement de santé de Haute-Saône, offusque les élus.

Inutile de chercher les urgences à l'hôpital de Gray (Haute-Saône), les nuits du 18, 19, 20, 21, 23 et 30 juillet. Le service ferme ces jours-là, de 21 heures 30 à 9 heures 30. En dehors de ces horaires, les patients sont redirigés à Vesoul (Haute-Saône), Besançon (Doubs) ou encore Dijon (Côte-d'Or). La fermeture temporaire s'explique par le manque de médecins. Les urgentistes de l'hôpital prennent leurs congés d'été, et ils doivent être remplacés. La direction de l'établissement ne peut assurer cette obligation. Ce qui l'emmène à fermer ponctuellement les urgences, pendant ces vacances d'été 2021. Une situation inédite qui fait grincer des dents les élus de la ville, d'autant que le service a déjà été menacé de fermeture par le passé.  

Il y a 3 à 4 ans, quand j'étais présidente du conseil de surveillance de cet établissement, l'Agence Régionale de Santé projetait déjà la fermeture définitive des urgences de Gray en prétextant qu'il n'y a pas assez de passage. Il faut arrêter cette logique comptable

Claudy Chauvelot-Duban, ancienne présidente du conseil de surveillance de l'hôpital de Gray

Pénurie de médecins durant l'été

Pour Claudy Chauvelot-Duban, 1ère vice-présidente (Parti Socialiste) du Conseil départemental de Haute-Saône, ce cas de figure était prévisible. "Depuis plusieurs mois, les médecins urgentistes de l'hôpital de Gray ont des inquiétudes par rapport au planning des congés d'été. Ces médecins assurent déjà beaucoup d'heures supplémentaires, donc on ne peut pas faire plus", indique celle qui présidait auparavant le conseil de surveillance de l'établissement de santé. Ses anciennes fonctions font qu'elle a gardé contact avec les équipes, ce qui lui permet de remonter les problèmes que les salariés rencontrent. 

"Cet été, il n'y a pas assez de médecins urgentistes présents pour assurer un service complet. Il en faut au minimum deux : un qui doit pouvoir répondre aux besoins du SMUR (NDLR : service mobile d'urgence et de réanimation), et un autre qui accueille les patients qui se présentent sur place. La directrice m'a assuré que cette situation ne vaut que pour les vacances, à des périodes précises, et que tout devrait rentrer dans l'ordre à la rentrée", relève la conseillère régionale de la région Bourgogne-Franche-Comté. 

Menaces de fermeture définitive

Cette situation fait peur à l'élue : elle reste méfiante vis-à-vis des propos de la directrice du Groupe Hospitalier de la Haute-Saône. Claudy Chauvelot-Duban craint que ces fermetures ne cachent quelque chose de plus important. Depuis plusieurs années, les urgences de l'hôpital de Gray sont menacées de disparition. "Il y a 3 à 4 ans, quand j'étais présidente du conseil de surveillance de cet établissement, l'Agence Régionale de Santé projetait déjà la fermeture définitive des urgences de Gray en prétextant qu'il n'y a pas assez de passage, en tout cas moins qu'à Vesoul, Besançon ou Dijon. Une vie est une vie, même s'il n'y a pas tant de passage que ça, il faut arrêter cette logique comptable", relate l'élue. 

Cette idée de fermeture est paradoxale, d'après Claudy Chauvelot-Duban : il y a une demande des médecins pour s'installer à Gray. "Les jeunes médecins viennent s'y installer car il y a un service des urgences. Ils veulent y rester, parce que certains habitent à Dijon. Gray n'est qu'à 45 minutes en voiture, contre plus d'une heure pour aller à Vesoul", justifie l'élue. La fermeture de cette unité de soins aurait des conséquences selon elle : "Les urgentistes de cet hôpital ne veulent pas partir, mais si le service se dégrade, ils iront travailler dans des cabinets généralistes". 

Vigilance absolue

Christophe Laurençot, maire Les Républicains de Gray (Haute-Saône) garde quant à lui confiance dans la direction de l'hôpital, mais reste prudent. "Je ne pense pas qu'il y ait d'autres fermetures plus tard, mais il faut rester très vigilants. Nous sommes en ordre de mobilisation", assure l'édile.

Il pointe tout de même une conséquence de ces modifications au cours de l'été 2021, à l'hôpital de Gray. Dans un communiqué de presse, la direction du Groupe Hospitalier de la Haute-Saône indique que dans cette situation, en cas "d'appel au centre 15 ou au 18, les services de régulation (...) feront intevenir le SMUR pour adresser les patients vers l'établissement le plus adapté à leur état de santé". La situation fait réagir le maire de la commune : "Quand les pompiers font les transports, ils ne sont plus dans le secteur".

Il s'interroge aussi sur les mois à venir : les événements culturels reviennent peu à peu, avec des mesures sanitaires spécifiques. Ce qui inquiète Christophe Laurençot : "J'ai des craintes si on organise des festivals ou de grands événements à la rentrée, car il faut des urgences ouvertes". 

Ce qui montre l'importance du service des urgences de Gray, d'autant que l'hôpital dans son ensemble représente 20% du Groupe Hospitalier de la Haute-Saône

 

 

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