Haute-Saône : la chapelle Le Corbusier va subir d'importants travaux sur plusieurs années

La chapelle Notre-Dame du Haut, imaginée par Le Corbusier, va subir d'importants travaux de rénovation, qui devraient durer "plusieurs années". Les vitraux, les bétons, la route... le site situé à Ronchamp, en Haute-Saône, va faire peau neuve.

La chapelle Notre-Dame du Haut doit subir des travaux à hauteur de 2,5 millions d'euros, en grande partie financés par des subventions publiques.
La chapelle Notre-Dame du Haut doit subir des travaux à hauteur de 2,5 millions d'euros, en grande partie financés par des subventions publiques. © SEBASTIEN BOZON/AFP
Le temps a laissé ses traces sur la chapelle Notre-Dame du Haut. L'édifice imaginé par Le Corbusier, situé à Ronchamp (Haute-Saône), va subir d'importants travaux : défauts d’étanchéité, dégradation des bétons (armatures apparentes, notamment sur la lame sud), salissures sur les parements pourtant régulièrement peints en blanc...

La météo franc-comtoise a eu ses conséquences sur la chapelle. Mais outre les dégâts liés à la pluie, elle subit également quelques défauts structurels "dont la persistance n’est pas toujours avérée, mais les conséquences continuent d’évoluer", précise le communiqué de presse de la préfecture de Haute-Saône.
 

"Cela va être un gros travail de reprise générale. Il y a beaucoup de choses à faire sur la chapelle, notamment au niveau de la grande tour mais aussi sur le mur sud, en forme de voile. Mais, la maison du chapelain et l'abri du pèlerin sont aussi concernés."

Jean-Jacques Virot, architecte et président de l'association qui gère les lieux


Ce mardi 7 juillet, la préfète, Fabienne Balussou, avait organisé un comité de pilotage relatif à tous ces travaux de restauration. Étaient présentes toutes les collectivités impliquées dans le dossier, et l'association en charge de la gestion du site.
   

A 90 % financé par des subventions

Ces travaux, réalisés sur plusieurs années, sont estimés à 2,5 millions d'euros. Dont 1,8 destiné uniquement à la restauration des bétons. Ils sont financés par l’État à 50 %, par la Région Bourgogne-Franche-Comté à 20 % et par le département de la Haute-Saône à 20 %.

Ce financement à 90 % public a été souligné par Yves Krattinger, président du conseil départemental de la Haute-Saône : il a tenu à ce qu'un panneau soit affiché à l'entrée du site pendant la durée des travaux. Celui-ci devrait mentionner que les travaux sont financés en majeure partie par l'argent public.
 
Alors que les premiers coups de marteau devraient débuter incessamment sous peu, Benoît Cornu, maire de Ronchamp, a assuré "ne pas vouloir faire de polémiques" mais il ne comprend pas que le tarif d'entrée passe de 8 à 9 euros : "L'idée, c'est de travailler les uns avec les autres. Là, il risque d'y avoir un problème d'image. Les visiteurs peuvent ne pas comprendre cette augmentation alors que les travaux ne sont pas vraiment financés avec les billets d'entrée." Dix pour cent des chantiers seront financés par l'association Oeuvre de Notre-Dame du Haut.

Ce à quoi répond Jean-Jacques Virot, président de l'association : "Cette augmentation est le résultat d'un travail de gestion encadré par les banques. La Porterie, l'entrée du site, est autonome et il faut la gérer. Nous sommes des bénévoles, on ne le fait pas pour nous. On doit avoir 65 000 personnes par an, et cette année, on ne les aura pas à cause du coronavirus. En 2020, il n'y aura pas de rentrée d'argent. On est tout le temps sur la corde raide."

Une route en travaux

Depuis 2016, le site est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Il attire chaque année plus de 65 000 personnes, de simples touristes mais aussi des passionnés d'architecture. Cette année, à cause du coronavirus, ce sera surtout des Suisses ou des Allemands qui viendront observer le bâtiment perché au sommet de la colline de Bourlemont.
 
Dans le cadre du développement touristique, le comité de pilotage a aussi abordé un élargissement de la RD 264 qui mène au site. Pour faciliter l'arrivée des touristes. "La construction d’une passerelle piétonne a été proposée" ainsi que "l’implantation d’un parking au Puits Sainte-Marie qui permettrait aux usagers, soit de se garer pour réaliser l’ascension jus-qu’à la Chapelle à pied, soit d’admirer le puits et ses abords".

Le montant du projet a été évalué à 650 000 euros sans la prise en compte des contraintes paysagères. Les chantiers ne devraient pas durer plus de deux mois.
 
Une dernière subvention a été accordée à la chapelle. Il s'agit du fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD). Le lieu va être classé "Sécuri-Site" et ainsi toucher 59 000 euros pour l'installation de caméras de surveillance.
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