"Il ne faut pas en faire des poupées" : cette éleveuse de chiens de Haute-Saône se lance dans la photographie canine

A Ternuay-Melay-et-Saint-Hilaire (Haute-Saône), Laëtitia Clavequin veut concilier ses deux passions. Eleveuse de lévriers whippets, elle a décidé de devenir photographe canine. Des séances photos destinées aux particuliers ou aux professionnels.

"Ça me titillait depuis longtemps, mais je n'osais pas me lancer", confie Laëtitia Clavequin à France 3 Franche-Comté. Amoureuse des chiens, mordue de photo, elle a eu le déclic et décidé de devenir photographe canine. Installée à Ternuay-Melay-et-Saint-Hilaire (Haute-Saône), cette jeune femme de 37 ans vient tout juste de créer son entreprise et dévoile ses premiers clichés sur son tout nouveau site internet. En espérant compléter très vite son portefolio. 

"Ce n'est pas nouveau comme métier, reconnaît-elle. Il y a beaucoup de photographes d'animaux de compagnie et de chiens partout dans la région." Mais elle, ne voulait pas s'enfermer dans un studio. Au contraire. "J'ai fait le choix de l'extérieur et c'est vrai que la Haute-Saône est un décor idéal pour ça, avec cette très grande variété de paysages."

Depuis 12 ans, Laëtitia Clavequin élève des whippets, ces petits lévriers nains, les plus répandus en France. Mais depuis toujours, elle photographiait aussi des chiens dans toutes les expositions canines auxquelles elle participe régulièrement en France et en Europe. Elle rêvait donc naturellement de concilier ces deux passions.

Un membre de la famille

Et la demande est là. Selon un sondage Ipsos pour Royal Canin de juin 2023, près de six Français sur dix déclarent posséder un chien ou un chat, un chiffre en nette augmentation par rapport aux 47% observés en 2021. "Cette évolution s'accompagne d'un renforcement du lien qui unit les propriétaires à leurs fidèles compagnons", indique cette enquête. 68% des Français considèrent en effet leur animal de compagnie comme un membre de la famille.

"Il y a les particuliers qui veulent une photo différente de celles qu'ils peuvent faire eux-mêmes, explique Laëtitia Clavequin. Il y a aussi les éleveurs qui veulent mettre en avant leurs reproducteurs et leurs portées. Le digital est devenu très important pour leur communication et le visuel joue beaucoup." 

Chasser le naturel

Autodidacte assumée, elle a néanmoins suivi plusieurs formations techniques, notamment pour retoucher ses images. Même si la photographe chasse avant tout le "naturel" chez ses modèles à quatre pattes.

Il ne faut pas en faire des poupées. Je ne me verrai pas mettre une robe à un chien. Cela reste des animaux et il ne faut pas les dénaturer.

Laëtitia Clavequin, photographe canine.

Les "shootings" durent entre 30 et 45 minutes pour un chien seul, jusqu'à deux heures pour un élevage. Les séances sont facturées entre 50 et 250 euros selon le forfait choisi. Des séances parfois compliquées, dit-elle. "Il faut réussir à capter l'attention et le regard du chien. Ce n'est pas comme un chat qui ne bouge pas. Un staffy, par exemple, peut-être une vraie pile électrique. Moi, je me sers d'une enceinte bluetooth ou de jouets pour qu'ils regardent bien l'objectif."

Pas facile non plus de parvenir à rendre dans la photo le caractère de chaque race. "Il faut s'adapter à chaque type de chien. Un Rottweiler n'est pas un Chihuahua. Et il y a beaucoup de chiens comme le Amstaff qui souffrent d'un délit de sale gueule." La photographe haut-saônoise en possède déjà une belle collection dans son album personnel. Mais elle l'avoue, elle rêverait de photographier un chien nu du Pérou. Avis aux propriétaires !