INSOLITE. "Haute-Saône, trop fier" : plus d'un million de vues pour le morceau "Vesoul", du rappeur Pierre Hugues José

Il porte haut les couleurs de sa Haute-Saône natale ! Le rappeur Pierre Hugues José commence à se faire un nom sur la scène musicale française, tout en gardant l'authenticité vésulienne dans laquelle il a grandi. La preuve, son single Vesoul, sorti en avril 2023, a dépassé le million de vues sur Internet.

"Les tartines de cancoille, à Vesoul c'est ce qu'on graille". Voilà un rappeur qui revendique fièrement son appartenance haut-saônoise. Lui, c'est Pierre Hugues José. Un pseudonyme, l'artiste restant secret sur sa vraie identité, son âge ainsi que sur le nom de son village d'enfance, "là où j'ai grandi et où j'ai encore toute ma famille" concède l'intéressé. "Je peux juste dire qu'il est à une grosse demi-heure de Vesoul" sourit-il.

Ah, Vesoul ! PHJ y a passé ses années collège et lycée, engrangeant par là même de nombreux souvenirs. "C'est là où j'ai passé mon permis, où j'ai appris la musique, où j'ai fait mes premières conneries. Vesoul RPZ (pour représente, ndlr)" expliquait le rappeur dans un interview donné à France 3 Franche-Comté en septembre 2022.

Une renommée nationale

Depuis cet entretien, le Haut-Saônois s'est fait connaître, a pu participer au Festival de La Paille cet été, a acquis une petite renommée dans tout le pays et a même déménagé à Paris, "pour rejoindre mon équipe artistique" avoue-t-il.

Pour autant, il n'oublie pas d'où il vient. Lui qui citait déjà Vesoul dans nombre de ses chansons a même consacré un morceau entier à la cité vésulienne, intitulé sobrement... Vesoul, sorti en avril 2023.

Je m'en souviens, j'avais commencé à écrire sur l'instru quelquechose sur le super-héros Daredevil. Je l'ai fait écouter à mon manager qui m'a dit : "c'est pas mal, mais parle nous plutôt d'où tu viens, de tes origines". Donc j'ai tout supprimé, et en deux heures j'ai écrit Vesoul.

Pierre Hugues José,

rappeur

"La contrée s'étend de la Motte (colline de Vesoul, ndlr) aux racines du terter", "tout niquer pour sublimer le terroir", "jme sens mieux au bercail, même si c'est pas Versailles", "Sochaux-Montbéliard j'ai la rage du lion"... Des punchlines sans équivoque qui ont plu, puisque le single a dépassé le million de vues sur les plateformes d'écoute et de téléchargement. Un beau succès pour un rappeur au parcours atypique.

De docteur en neurosciences à rappeur

"J'ai grandi dans un endroit qui m'a inculqué des valeurs et des passions comme la nature, ou le FCSM" explique-t-il. "J'ai même bossé à Peugeot ! Et c'est hyper important pour moi. Pourtant, j'ai mis du temps à le comprendre".

Entendez par là que, parti pour ses études à Paris, PHJ a eu tendance à vouloir "lisser" ses traits de personnalité, faire disparaître son accent haut-saônois bien présent pour "mieux s'intégrer" parmi ses camarades. "Mon accent faisait rigoler les copains" concède-t-il. "Donc j'essayais de gommer cela pour ne plus être vu comme celui qui vient de province. Mais au bout d'un moment, j'en ai eu marre et je me suis mis à revendiquer mon appartenance à fond. J'ai été tout de suite plus heureux".

Titulaire d'une licence de physique, de deux masters et doctorant en neurosciences, Pierre Hugues José décide alors, à 27 ans, de tout plaquer. Il revient chez ses parents, en Haute-Saône, et s'investit à fond dans ce qui le fait vibrer, le rap. 

Au départ, mon père a eu un peu de mal. Mais je m'y suis mis à 100 % et j'ai tout de suite essayé, à travers le rap, de faire vivre mes origines, le patois et les expressions locales. Et ça a pris ! Aujourd'hui mon père est un de mes plus grands fans.

Pierre Hugues José,

rappeur

À grand coup de vidéos humoristiques sur les réseaux sociaux et de musiques, PHJ s'est révélé et, par la même occasion, a affirmé ses racines. "On vient d'un bassin, d'un endroit, où on a une manière de parler bien à nous" précise-t-il. "Tous les vieux que je connaissais et qui avaient cette culture clamsent, donc je fais vivre ça dans mes sons. Et quand je vois des jeunes qui me disent "on adore, t'es un zinzin", ça veut dire qu'ils s'imprègnent de ça, de ce qui m'a construit".

"Ça permet de parler de mon territoire"

Des messages qui lui font chaud au cœur. "Quand tu lis des commentaires qui disent "tu nous représentes", "ça permet de faire connaître notre coin", c'est du kiff" confie le rappeur. "Ça fait parler d'un territoire pas trop glamour dans les têtes des gens, et ça montre qu'ici, dans un milieu paysan et ouvrier, on peut accomplir des choses artistiques".

Et pour ceux qui l'accusent de tomber dans la caricature ou d'incarner un personnage, PHJ a une réponse simple. "J'en joue, c'est sûr. Mais pour moi, j'étais plus un personnage quand je singeais des autres codes sociaux pour me faire accepter". Et tant pis pour ceux qui ne seraient pas du même avis.

Aujourd'hui, le rappeur enchaîne les dates de concerts, les festivals, mais aussi les séances de travail en studio pour pourquoi pas, un premier album. Où Vesoul aura sans nul doute une place de choix. Vive la Haute-Saône !

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