Didier Mutel fait revivre la gravure ancienne

Installé à Orchamps, dans le Jura, ce graveur-imprimeur s'est spécialisé dans un domaine : la création contemporaine, au moyen de techniques centenaires. Un savoir-faire exceptionnel, récompensé par le prix annuel de la fondation Bettencourt.

Visiter l'atelier de Didier Mutel fait l'effet d'un voyage dans le temps. Dans cette ancienne usine de textile d'Orchamps, dans le Jura, on trouve empilés des chiffons tachés d'encre, du papier jauni... Mais surtout des imprimantes, vieilles de plusieurs siècles. L'artiste est accoudé sur l'une de ces machines : «un outil très performant, très sensible, très efficace... et très poétique.»

La poésie, autant que l'artisanat : Didier Mutel réalise des gravures originales, sur bois, sur papier, imprimées selon une technique du 16ème siècle.



Son savoir-faire est reconnu à l'étranger ; il est désormais récompensé par le prix de la fondation Bettencourt. Parmi 200 artisans d'art, le jury a retenu une oeuvre de Didier Mutel, sa dernière : une Déclaration universelle des droits de l'homme, finement gravée sur des pages de soie blanche.


Un artiste peu connu dans sa région

Pourtant, ce Gustave Doré des temps modernes reste peu connu dans la région : sa seule cliente habite à Besançon. Dans le salon de cette amatrice d'art, affichée bien en évidence : une oeuvre de l'artiste, haute de près de deux mètres. «Une dimension que la gravure n'a pas d'habitude», commente-t-elle.

Alors pour mieux faire connaître son métier, Didier Mutel s'entoure de stagiaires dans son atelier. Il espère aussi y accueillir d'autres artisans d'art, fascinés comme lui par ce travail à nul autre pareil : «On a peut-être oublié l'énorme potentialité de la gravure, et de ses techniques. Beaucoup d'artistes reviennent à ces procédés.»

Avec Didier Mutel, graveur et imprimeur ; Sophie Binetruie ; Jean Gegout, étudiant aux Arts décoratifs de Paris. Reportage : Claire Schaffner, Hugues Perret, Xavier Brand