Coronavirus : “On a sous-estimé la vitesse de propagation” selon Hugues Péguillet, Franc-Comtois expatrié en Chine

Hugues Péguillet et sa femme Di, à Canton, en Chine. / © Hugues Péguillet
Hugues Péguillet et sa femme Di, à Canton, en Chine. / © Hugues Péguillet

VIDÉO. Mi-février, Hugues Péguillet, Franc-Comtois expatrié en Chine depuis 4 ans, nous racontait la manière dont son pays hôte vivait la crise sanitaire du coronavirus. Il nous livre une nouvelle analyse intéressante de la situation.

Par Sarah Rebouh

Nous avons repris des nouvelles du jeune franc-comtois Hugues Péguillet (relire notre article), ce mercredi 1er avril, alors que la situation en France s’est nettement dégradée, provoquant ainsi la mise en place d’un confinement renforcé de la population pour au moins un mois.

Qu’en est-il à présent de la situation en Chine ? Quel regard porte Hugues sur la situation en France et sur la manière dont la crise a été gérée par le gouvernement chinois ?

A Canton, deuxième région la plus touchée par le coronavirus en Chine, dans laquelle vivent Hugues et Di, son épouse chinoise, la situation revient petit à petit à la normale. Les écoles sont pour l’instant toujours fermées et les commerces rouvrent les uns après les autres, au gré des autorisations délivrées par les autorités. Dans les rues de Canton, cité d'environ 15 millions d’habitants située à environ 700 kilomètres de Wuhan, ville dans laquelle est apparue le virus, les Chinois reprennent peu à peu leur place. Les masques, qui manquent cruellement en France, sont toujours de circonstance pour toute la population chinoise, d’autant que la durée de contagiosité des personnes porteuses du virus est encore incertaine.

Ecoutez Hugues Péguillet, Franc-Comtois expatrié en Chine :
Hugues Péguillet, Franc-Comtois expatrié en Chine

La crainte principale des autorités chinoises et de la population sur place ? Voir le nombre de cas croître de nouveau, en raison des retours de populations expatriées, en provenance de pays dont la situation n’est pas encore stabilisée.

Hugues Péguillet, dont l’activité professionnelle est mise à mal par la situation, s’informe beaucoup en ce moment. Ce dernier tient à alerter sur la propagation de fake news et autres fausses nouvelles au sujet du virus, notamment concernant la Chine. Il a d’ailleurs créé une chaîne Youtube dans laquelle il publie des vidéos où il explique la situation sur place.

« Je voudrais mettre une vidéo en ligne par rapport à la fake news concernant le nombre de morts du covid-19 en Chine, qui serait totalement sous-estimé. Cette version semble très peu plausible. Le problème c’est que cela est basé sur des vidéos de personnes qui allaient récupérer les cendres de leurs proches à Wuhan. Mais pendant tout le temps du confinement, surtout à Wuhan, cela était interdit de récupérer les cendres de ses proches pour justement éviter les groupements de personnes. Donc pendant près de deux mois, toutes les cendres des personnes qui décédaient du coronavirus ou pas d’ailleurs, ont été stockées. La fête des morts a lieu le 4 avril en Chine, donc puisque les gens peuvent à nouveau sortir ils vont tous les récupérer en même temps » détaille le jeune homme, tout en précisant que les fake news prolifèrent moins vite en Chine qu’en France, car les autorités oeuvrent activement contre ce phénomène. « On dit que le gouvernement chinois censure pas mal de choses, mais il censure aussi les fake news » explique-t-il.
 
La vie reprend doucement son cours à Canton, en Chine. / © Hugues Péguillet
La vie reprend doucement son cours à Canton, en Chine. / © Hugues Péguillet

Hugues Péguillet est plutôt inquiet pour la situation en France, notamment à cause du manque de matériel dans certains établissements de soin. « Toutes les usines pour fabriquer les équipements sont sur place en Chine. Ici, il y a des respirateurs dans tous les hôpitaux et en quantité » détaille-t-il.

D’un point de vue politique, le jeune entrepreneur ne cache pas son étonnement face au maintien du premier tour des élections municipales en France. « Ça vraiment, je ne l’ai pas compris… Dans la situation dans laquelle était déjà la France » s’étonne-t-il. À Wuhan et Hubei, province chinoise au cœur de l’épidémie de coronavirus, nombre de responsables politiques ont été démis de leurs fonctions, dès la mi-février.

Jiang Chaoliang, secrétaire du Parti communiste chinois (PCC) pour la province située dans le centre du pays, a été remplacé par le maire de Shanghai, Ying Yong. Le secrétaire du PCC pour la ville de Wuhan, Ma Guoqiang, qui s'était lui-même reproché fin janvier une réaction trop lente à l'apparition du virus, a également été limogé.
 
Les rues sont à nouveau animées à Canton, en Chine, mais pas encore tout a fait comme avant le coronavirus. / © Hugues Péguillet
Les rues sont à nouveau animées à Canton, en Chine, mais pas encore tout a fait comme avant le coronavirus. / © Hugues Péguillet

 

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