“Garder le loup en vie, apaiser les tensions”, dans le Jura, les premiers bénévoles formés à la protection des troupeaux

Dans le massif du Jura, l’association Ferus forme ce week-end du 22 et 23 avril des premiers volontaires. Ils pourront intervenir après une attaque du prédateur. Objectif : aider les agriculteurs, protéger le bétail, et éviter tout nouveau tir de loup.

PASTORALOUP existait déjà dans les Alpes et Pyrénées. 800 bénévoles y ont participé en 20 ans. Son cousin OPPAL est un programme similaire en Suisse. Ce dispositif de protection éco-citoyen par des volontaires se met en place dans le massif du Jura. Les attaques sur des bovins s’y sont multipliées depuis l’été 2022 dans les départements du Jura et du Doubs. Deux loups ont été abattus côté français, deux autres en Suisse voisine. Les éleveurs ont perdu de nombreuses bêtes. Ils redoutent de nouvelles attaques lorsque le bétail va retrouver les alpages et l’herbe grasse des champs.

Deux jours pour mieux connaître le loup et les bovins


Les bénévoles sont formés durant deux jours, le premier à la connaissance du loup. Le second sur le terrain à la rencontre d’un agriculteur sur son exploitation pour mieux appréhender la sécurité avec les bovins. Ces bénévoles ne camperont pas au milieu des champs en pleine nuit. “L’idée ce n’est pas qu’ils mettent leur tente au milieu des troupeaux” rassure Natacha Bigan, bénévole de l’association Ferus et coordonnatrice du massif du Jura. Mais plutôt de camper aux abords des bêtes, “dans la prairie ou la forêt d’à côté” et d’être aux aguets, faire des rondes régulières, effaroucher le loup si besoin. Ces bénévoles interviendront au moins après une prédation ou après le signalement d’un loup auprès de troupeaux. “La probabilité, c’est qu’ils ne verront pas de loups. S’ils en voient, on leur demande de faire du bruit et de la lumière” ajoute-t-elle au micro de notre journaliste Fleur de Boer. Ils pourront intervenir une, deux, trois nuits…Les agriculteurs qui le souhaitent feront appel aux bénévoles du programme PASTORALOUP.

Moi, mon but, ce serait de trouver un compromis pour garder le loup en vie, garder les bovins en vie, que les agriculteurs se sentent apaisés

Sébastien, volontaire du programme PASTORALOUP-Jura


Suffisamment de volontaires ont déjà répondu présents. Ferus souhaitait un grand nombre de bénévoles pour être réactif. Sébastien, un Dolois a rejoint le dispositif. De même que cet informaticien bénévole à Ferus depuis 15 ans. “Je m’engage, moi, par plaisir d’être dans la nature avec les professionnels du monde agricole. Et pour faire quelque chose d’utile. Passer une nuit sous la tente, parfois ne pas dormir, il y a aussi un côté aventure qui m'intéresse” explique le bénévole.

Protéger les bovins sur le Jura, front de colonisation du loup


Les volontaires du programme pourraient vite être appelés sur le terrain. Dans le massif du Jura, ce programme va devoir prendre ses marques. C'est un test, reconnaît Ferus. “Jusqu’à présent, on travaillait surtout avec des ovins, voire des caprins. Là, on va travailler sur des bovins. Il faut qu’on acquière l’expérience. Il y a un protocole mis en place pour les bénévoles PASTORALOUP. Il évoluera en fonction des retours de terrain qu’on aura, autant des éleveurs que des premiers bénévoles” précise Fanny Malet, salariée Ferus et coordinatrice des actions de terrain.

Comment devenir bénévole pour PASTORALOUP ?

L’association FERUS cherche prioritairement des bénévoles proches de ces zones pouvant intervenir de manière réactive et dans l’urgence, pour renforcer la présence humaine et soulager temporairement les éleveurs. Pour être bénévole Pastoraloup – Massif du Jura, il faut habiter dans la région et pouvoir intervenir en urgence sur le secteur. Une adhésion à FERUS obligatoire et responsabilité civile à fournir. L’agriculteur qui fait appel à PASTORALOUP n’a pas à adhérer à l’association.


Le prochain stage de formation des volontaires aura lieu les 13 et 14 mai sur la commune de Mouthe dans le Haut-Doubs.


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