Le tribunal correctionnel de Nancy doit rendre sa décision concernant l'ancien patron de Smoby et 5 cadres ou anciens collaborateurs de l'entreprise. Ils sont jugés entre autres pour abus de biens sociaux au début des années 2000 et le détournement de 10 millions d'euros.
Début octobre 2019, après 11 ans d'instruction, le tribunal correctionnel de Nancy -spécialisé dans les affaires financières- a ouvert le procès des anciens dirigeants de Smoby.
L'ancien PDG, petit-fils du fondateur de la marque, Jean-Christophe Breuil est soupçonné d'abus de biens sociaux, de blanchiment et détournements de fonds commis de 1999 à 2008 entre Lavans-lès-Saint-Claude, le siège du groupe, la Suisse et Hong-Kong. Il aurait détourné 10 millions d'euros à son profit grâce à des société écrans installées dans des paradis fiscaux. Tout ceci alors même que le groupe, qui venait de racheter plusieurs gros concurrents, était très endetté.
Le groupe, pourtant leader du marché du jouet, en faillite, avait dû licencier 300 personnes, soit la moitié des effectifs jurassiens, avant d'être racheté par l'allemand Simba.
L'ancien PDG a effectué six mois de détention provisoire en 2008 et reçu l'interdiction de gérer une entreprise pendant 4 ans. Il vit aujourd'hui entre Hong-Kong et Lyon et ne devrait pas être présent à Nancy ce lundi.
Pour Jean-Christophe Breuil, le procureur a requis 4 ans de prison dont trois ans et demi avec sursis. Ainsi que la confiscation de 5 millions d'euros, une somme correspondant à un chalet dans les Alpes et des contrats d'assurance-vie. À l'encontre d'un cadre historique du groupe, il a requis 24 mois de prison dont 18 avec sursis. Des peines d'amende allant de 10 000 auros avec sursis à 50 000 euros ont été demandées contre trois anciens dirigeants de sociétés du groupe et d'un commissaire aux comptes.